Candidat à l’élection présidentielle de 2027, le maire de Cannes David Lisnard mise sur un projet libéral pour incarner une offre politique distincte au sein de la droite française. Une stratégie qui rappelle l’initiative d’Alain Madelin en 2002, lequel avait obtenu 3,91 % des suffrages, un score qui illustre les difficultés persistantes pour ce courant à s’imposer comme une force autonome.
Ce qu'il faut retenir
- David Lisnard, maire de Cannes, s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle le 31 mars 2026 avec un projet libéral.
- Son approche s’inscrit dans la lignée de celle d’Alain Madelin en 2002, dernier candidat libéral à s’être présenté.
- Madelin avait alors obtenu 3,91 % des voix, un score emblématique des limites du libéralisme comme force politique autonome en France.
- Le défi pour Lisnard est de convaincre au-delà des cercles traditionnels du libéralisme économique.
Un héritage libéral à relancer
David Lisnard n’est pas le premier à tenter de porter les couleurs du libéralisme en politique. Comme le rappelle Le Monde – Politique, Alain Madelin avait tenté l’aventure en 2002, avec un programme axé sur la réduction de l’intervention de l’État et la promotion des libertés économiques. Son score de 3,91 % reste depuis lors une référence, tant il symbolise l’échec d’une offre politique libérale à s’imposer comme une alternative crédible face aux grands partis traditionnels. Pour Lisnard, qui mise sur un libéralisme modernisé, la tâche s’annonce tout aussi ardue, voire plus complexe dans un paysage politique marqué par la fragmentation des forces.
Une droite divisée face au projet de Lisnard
Si le maire de Cannes assume pleinement son ancrage libéral, ses propositions peinent à fédérer au-delà des cercles économiques et intellectuels qui y sont déjà sensibles. La droite française reste majoritairement dominée par des courants plus conservateurs ou socio-libéraux, où le libéralisme pur et dur peine à trouver un écho. Les réactions au sein des Républicains, par exemple, montrent une méfiance persistante envers une ligne perçue comme trop éloignée des préoccupations sociales ou identitaires chères à une partie de l’électorat de droite. « Le libéralisme économique seul ne suffit pas pour convaincre une majorité d’électeurs », souligne un cadre du parti, sous couvert d’anonymat. Autant dire que Lisnard devra composer avec cette réalité s’il veut élargir son assise.
D’après Le Monde – Politique, les soutiens de Lisnard mettent en avant son expérience locale et sa capacité à incarner une droite pragmatique, mais le défi reste de taille : comment traduire un projet libéral en propositions concrètes et mobilisatrices pour les Français ?
Un contexte politique en pleine recomposition
L’annonce de Lisnard intervient dans un contexte où la droite française est en pleine recomposition, entre recomposition des forces et montée de nouveaux enjeux. Les élections intermédiaires, comme les régionales ou les sénatoriales, ont montré une droite divisée entre ceux qui misent sur une alliance avec l’extrême droite et ceux qui privilégient une ligne plus modérée. Dans ce cadre, une candidature libérale pourrait apparaître comme une troisième voie, mais le risque est grand de rester marginal. Les sondeurs estiment que Lisnard part avec un score inférieur à 5 % dans les intentions de vote actuelles, ce qui le placerait loin derrière les principaux favoris de 2027.
Pourtant, le maire de Cannes compte sur son ancrage territorial et son image de gestionnaire pour séduire. À Cannes, il a notamment mis en avant des projets de développement économique et de réduction de la dette municipale, des arguments qu’il pourrait transposer au niveau national. Reste à savoir si ces atouts suffiront à convaincre au-delà des cercles déjà acquis à sa cause.
La capacité de Lisnard à rassembler au-delà de son camp sera déterminante d’ici la présidentielle. Son projet libéral, s’il veut percer, devra proposer des réponses tangibles aux préoccupations des Français, bien au-delà des seuls cercles économiques. À suivre, donc, dans les prochains mois.
Le libéralisme économique en France a souvent été associé à des politiques perçues comme élitistes ou déconnectées des réalités sociales. Historiquement, les candidats libéraux comme Alain Madelin en 2002 ont obtenu des scores faibles (3,91 %), faute de convaincre au-delà des cercles traditionnels. De plus, la droite française reste majoritairement dominée par des courants plus conservateurs ou socio-libéraux, où le libéralisme pur est perçu comme trop radical ou trop technique pour mobiliser un électorat large.
