D’ici la fin du mois de mai, les autorités nigériennes lanceront une opération de déguerpissement aux abords de l’aéroport international de Niamey, dans la capitale du Niger. Selon RFI, cette mesure concerne plusieurs milliers de personnes actuellement installées sur ces terrains, souvent depuis plusieurs années. Les habitants réclament des délais supplémentaires pour organiser leur départ et des compensations financières adaptées à leurs investissements.

Ce qu'il faut retenir

  • Une opération de déguerpissement est prévue d’ici la fin mai 2026 aux abords de l’aéroport international de Niamey.
  • Plusieurs milliers de personnes sont concernées par cette mesure, justifiée par des impératifs sécuritaires.
  • Les habitants demandent des délais plus longs et des dédommagements pour leurs investissements.
  • Les autorités nigériennes n’ont pas encore communiqué de modalités précises concernant les indemnisations.

L’annonce de cette opération intervient dans un contexte sécuritaire déjà tendu au Niger, marqué par des risques terroristes persistants dans certaines régions. C’est d’ailleurs ce contexte qui sert de justification officielle aux autorités pour cette évacuation forcée. Pourtant, les riverains de la zone, dont certains y ont construit des habitations ou des commerces, expriment leur inquiétude face à l’absence de solutions concrètes pour leur relogement. « Nous comprenons les impératifs sécuritaires, mais nous n’avons pas les moyens de tout perdre du jour au lendemain », a expliqué un représentant des habitants sous couvert d’anonymat.

Les autorités nigériennes n’ont pas encore détaillé les modalités pratiques de cette opération, notamment les échéances exactes ou les montants des éventuelles compensations. Selon RFI, les négociations entre la mairie de Niamey, les représentants des habitants et le gouvernement central se poursuivent, mais aucune date précise pour le début des expulsions n’a été communiquée. Une source proche du dossier a indiqué que « les discussions portent à la fois sur les délais et sur les indemnisations, mais rien n’est encore figé ».

Cette opération s’inscrit dans une politique plus large de sécurisation des infrastructures critiques au Niger, où plusieurs sites stratégiques ont fait l’objet de mesures similaires ces dernières années. Pour rappel, en 2022, une opération comparable avait été menée autour de l’aéroport de Zinder, entraînant le déplacement de plusieurs centaines de familles. À Niamey, la zone concernée par le déguerpissement s’étend sur plusieurs kilomètres autour de l’aéroport, incluant des quartiers informels densément peuplés.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives, avec des annonces attendues de la part des autorités sur les modalités pratiques de l’opération. Une réunion interministérielle est prévue en début de semaine prochaine pour trancher sur les délais et les montants des compensations. Parallèlement, les associations locales de défense des droits humains appellent à une solution négociée, craignant que des expulsions brutales ne créent des tensions sociales supplémentaires dans une ville déjà fragilisée par l’inflation et la crise alimentaire.

Reste à voir si les autorités parviendront à concilier impératifs sécuritaires et protection des populations les plus vulnérables. Une chose est sûre : l’enjeu dépasse le simple cadre de cette opération, puisque des milliers de vies sont directement impactées par cette décision.

À ce stade, aucune solution de relogement n’a été officiellement présentée par les autorités nigériennes. Les discussions en cours portent principalement sur les indemnisations, mais aucune proposition concrète de logement n’a été évoquée publiquement.