Une piste de dinosaures géants, perdue de vue depuis plus de sept décennies, vient d’être redécouverte dans le nord de la Mongolie. Selon Futura Sciences, cette trouvaille remet en cause les connaissances établies sur la répartition des grands prédateurs et des sauropodes dans cette région il y a 120 millions d’années. Jusqu’ici, aucune preuve claire ne permettait d’affirmer que des théropodes de cette taille évoluaient dans cette partie de l’Asie.
Le site, situé dans la formation géologique de Shinekhudag, avait été signalé au milieu du XXe siècle avant de sombrer dans l’oubli. Les scientifiques de l’Université des sciences d’Okayama ont identifié 31 empreintes fossilisées datant du Crétacé inférieur. À l’époque, la zone était marquée par un environnement lacustre marqué par des cycles d’assèchement et de réhumidification. Lorsque les niveaux d’eau baissaient, des étendues de boue et de sable se formaient, offrant aux dinosaures des corridors naturels pour se déplacer, probablement en quête d’eau.
Ce qu'il faut retenir
- 31 empreintes fossilisées découvertes dans la formation de Shinekhudag, en Mongolie, datant du Crétacé inférieur (il y a environ 120 millions d’années).
- Deux longues pistes de sauropodes dépassant 15 mètres de long, suggérant des déplacements en groupe, similaires à ceux observés chez les éléphants actuels.
- Cinq empreintes de grands théropodes mesurant entre 7,4 et 8,8 mètres, dont la plus grande atteint 57 centimètres de long.
- Cette découverte contredit l’hypothèse selon laquelle les grands dinosaures évitaient le nord de l’Asie en raison de saisons extrêmes.
- Les chercheurs publient leurs conclusions dans la revue Ichnos et espèrent trouver prochainement des ossements ou des dents dans des couches sédimentaires voisines.
Des pistes de sauropodes suggérant un comportement social vieux de 120 millions d’années
Parmi les découvertes les plus marquantes figurent deux longues pistes de sauropodes, des dinosaures à long cou dont les traces dépassent 15 mètres de longueur. Les empreintes, partiellement superposées, indiquent qu’un animal suivait probablement un autre, un comportement comparable à celui observé chez les éléphants actuels qui se déplacent en file indienne. Cette observation suggère une certaine organisation sociale chez ces géants du Crétacé.
« Ces traces confirment que les sauropodes vivaient en groupes structurés, une caractéristique déjà documentée en Amérique du Nord et en Chine », a expliqué un chercheur de l’Université des sciences d’Okayama. « Leur présence en Mongolie indique que ces animaux avaient une aire de répartition bien plus vaste que ce que l’on pensait. »
Des théropodes géants, une présence inattendue en Mongolie
C’est cependant la découverte de cinq empreintes attribuées à des théropodes géants qui suscite le plus d’interrogations. Ces prédateurs, mesurant entre 7,4 et 8,8 mètres de long, évoluaient dans la région il y a 120 millions d’années. La plus grande empreinte, d’un diamètre de 57 centimètres, témoigne de leur taille imposante. Jusqu’ici, aucune trace de leur présence n’avait été formellement identifiée en Mongolie.
Avant cette découverte, les scientifiques pensaient que les grands théropodes, comme ceux retrouvés en Chine, au Japon, en Corée du Sud ou en Amérique du Nord, évitaient le nord de l’Asie. Le climat y était alors marqué par des saisons extrêmes, avec des hivers rigoureux. Certains paléontologues avançaient l’hypothèse que ces conditions climatiques dissuadaient les géants à se risquer dans ces territoires. « La présence avérée de ces prédateurs en Mongolie remet en question cette théorie », a souligné un paléontologue cité par Futura Sciences.
Une région qui pourrait encore révéler des trésors paléontologiques
Publiés dans la revue Ichnos, ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour la recherche en Mongolie. Les scientifiques estiment que les couches sédimentaires voisines pourraient encore renfermer des ossements, des dents ou d’autres traces de dinosaures. « Ces empreintes ne sont que la partie émergée de l’iceberg », a déclaré un membre de l’équipe. « Si nous trouvons des fossiles associés à ces pistes, cela pourrait révolutionner notre compréhension de l’écosystème du Crétacé en Asie. »
Les chercheurs prévoient désormais d’étendre leurs prospections dans la région, en ciblant notamment les zones où les sédiments sont suffisamment bien conservés pour préserver des vestiges osseux. Leur objectif : reconstituer avec précision la biodiversité de l’époque et comprendre comment ces géants s’adaptaient à un environnement marqué par des variations climatiques brutales.
Si cette découverte bouleverse les théories établies, elle rappelle aussi que les archives paléontologiques recèlent encore bien des mystères. Comme le souligne Futura Sciences, « l’histoire des dinosaures en Mongolie reste en grande partie à écrire ».
Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que le climat du nord de l’Asie, marqué par des saisons extrêmes avec des hivers rigoureux, rendait cette région inhospitalière pour les grands dinosaures. Certains paléontologues suggéraient que ces animaux évitaient ces territoires, préférant des zones au climat plus stable comme celles de l’Amérique du Nord ou de la Chine. La redécouverte de ces empreintes contredit cette hypothèse.