Le 6 avril 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie sous François Hollande, lançait un « mouvement politique nouveau » baptisé En Marche. Dix ans plus tard, cette structure, aujourd’hui rebaptisée Renaissance, incarne surtout l’éparpillement du macronisme, selon Le Figaro – Politique. À un an de l’élection présidentielle, le parti qui devait incarner la fin des « blocages » français s’est fragmenté, laissant derrière lui une trace politique bien différente de celle escomptée.
Ce qu'il faut retenir
- Le 6 avril 2016, Emmanuel Macron lance En Marche, un mouvement présenté comme une alternative aux partis traditionnels.
- Dix ans plus tard, le parti, désormais nommé Renaissance, est dirigé par Gabriel Attal, reléguant Macron au rang de président d’honneur sans réel pouvoir.
- L’espace politique autrefois unifié par En Marche est aujourd’hui plus fragmenté que jamais, avec un macronisme éclaté en plusieurs courants.
- Gabriel Attal a salué les dix ans du mouvement par un email aux sympathisants, mais n’a cité Macron qu’une seule fois dans son message.
- L’immobilisme politique, reproché à la présidence Macron, contraste avec l’ambition initiale de « lever les blocages » en France.
Un mouvement né d’une ambition personnelle
À l’époque, Emmanuel Macron, alors âgé de 38 ans, présentait En Marche comme un projet collectif, tout en insistant sur le fait que sa priorité n’était pas l’Élysée. « Pas ma priorité », affirmait-il, selon les propos rapportés par Le Figaro – Politique. Pourtant, les initiales du mouvement, EM, correspondaient à ses propres initiales, signe d’une ambition que l’histoire a confirmée. En 2017, Macron se présentait à la présidentielle et l’emportait face à Marine Le Pen, avant de transformer En Marche en parti politique pour soutenir sa majorité.
Une décennie plus tard, le paysage politique a radicalement changé. En Marche est devenu Renaissance en 2024, mais le parti échappe désormais à son fondateur. Gabriel Attal, qui dirige le mouvement depuis 2024, a marqué les esprits en adressant un email aux sympathisants pour célébrer les dix ans du parti. Pourtant, dans ce message, Emmanuel Macron n’est cité qu’une seule fois, signe d’une distance politique désormais assumée entre les deux hommes.
Un macronisme éclaté et un héritage en question
Le macronisme, initialement présenté comme une force de rénovation politique, peine aujourd’hui à incarner une ligne cohérente. Après deux mandats présidentiels, Emmanuel Macron, bien que toujours président d’honneur de Renaissance, n’exerce plus aucun contrôle sur le parti qu’il a créé. « L’espace politique qu’il avait unifié est devenu plus fragmenté que jamais », analyse Le Figaro – Politique. Cette fragmentation s’illustre par des divergences croissantes entre les figures du mouvement, entre celles qui souhaitent prolonger l’héritage centristes et celles qui prônent une radicalisation des positions.
Le contraste est saisissant avec l’ambition initiale du mouvement, qui promettait de « lever les blocages » français. Une décennie plus tard, le bilan est bien différent : l’immobilisme politique, critiqué par ses détracteurs, semble avoir pris le pas sur les réformes audacieuses promises. « La présidence d’Emmanuel Macron a sombré dans l’immobilisme », souligne Le Figaro – Politique, rappelant que les grandes réformes, comme celle des retraites, ont souvent été édulcorées ou reportées.
Gabriel Attal, héritier malgré lui d’un mouvement en crise
Gabriel Attal, ancien Premier ministre et figure montante de Renaissance, incarne aujourd’hui la nouvelle direction du parti. Pourtant, ses relations avec Emmanuel Macron sont devenues polaires, selon les informations rapportées par Le Figaro – Politique. Bien qu’Attal ait tenu à célébrer les dix ans d’En Marche, il n’a pas manqué de marquer sa distance avec l’ancien président, réduisant sa mention à une simple référence en passant. Ce détail en dit long sur la distance prise entre les deux hommes.
À un an de l’élection présidentielle, Renaissance se trouve dans une position délicate. Le parti, autrefois perçu comme une machine électorale infaillible, doit désormais composer avec des divisions internes et une perte de crédibilité auprès d’une partie de l’électorat. Les sondages récents montrent une érosion de l’influence macroniste, tandis que les oppositions, à droite comme à l’extrême droite, gagnent en puissance. « Le macronisme éparpillé façon puzzle », résume Le Figaro – Politique, soulignant l’absence de ligne claire pour rassembler les électeurs.
Pour l’heure, les questions restent nombreuses : dans quelle mesure Gabriel Attal parviendra-t-il à unifier un parti divisé ? Le macronisme a-t-il encore une chance de survivre après deux mandats marqués par l’immobilisme ? Autant dire que l’année à venir s’annonce déterminante pour l’avenir de Renaissance et de ses dirigeants.
