Donald Trump se rendra à Pékin les 14 et 15 mai 2026 pour une visite d’État historique, la première d’un président américain en exercice depuis 2017. Pourtant, malgré l’invitation formulée aux plus grands dirigeants du secteur technologique et industriel, un nom manque à l’appel : celui de Jensen Huang, le PDG de Nvidia. Selon BFM Business, cette absence envoie un message clair sur les difficultés croissantes rencontrées par l’entreprise américaine en Chine, malgré ses efforts pour maintenir ses liens commerciaux dans le pays.
Ce qu'il faut retenir
- Jensen Huang, PDG de Nvidia – valorisée à 5 333 milliards de dollars – ne participera pas au déplacement de Donald Trump en Chine.
- Une délégation d’une douzaine de dirigeants accompagnera le président, dont Tim Cook (Apple), Elon Musk (Tesla), Cristiano Amon (Qualcomm) ou encore David Solomon (Goldman Sachs).
- Les restrictions américaines sur l’exportation de puces électroniques avancées vers la Chine, en place depuis quatre ans, pèsent sur les perspectives commerciales de Nvidia.
- La Chine représentait autrefois plus d’un cinquième des revenus** liés aux centres de données de Nvidia.
- Donald Trump doit rencontrer Xi Jinping pour deux jours de discussions à Pékin, un sommet attendu avec une forte dimension économique.
Une délégation d’élite, mais pas celle de Nvidia
Parmi les figures attendues aux côtés de Donald Trump figurent des personnalités influentes du monde des affaires et de la tech. On y trouve Tim Cook, le PDG d’Apple, Elon Musk, à la tête de Tesla, ou encore Cristiano Amon, président de Qualcomm. Le secteur financier est également représenté, avec la présence de David Solomon (Goldman Sachs), Larry Fink (BlackRock) ou Ryan McInerney (Visa). Du côté de l’industrie, Kelly Ortberg, la directrice générale de Boeing, devrait être présente, l’avionneur espérant décrocher une commande majeure en Chine. Pourtant, Jensen Huang, dont l’entreprise domine le marché mondial des puces électroniques avec une capitalisation boursière de 5 333 milliards de dollars, ne fera pas partie du voyage.
Cette exclusion n’est pas anodine. Jensen Huang avait pourtant déclaré, à peine quelques jours avant l’annonce de la composition de la délégation, que participer à ce déplacement serait « un grand honneur ». Interrogé sur sa possible présence, il avait ajouté : « Nous devrions laisser le président annoncer ce qu’il décide d’annoncer… Si j’étais invité, ce serait un privilège, un grand honneur de représenter les États-Unis ».
Nvidia, prise en étau entre les ambitions américaines et le marché chinois
La Chine constituait autrefois un marché stratégique pour Nvidia, représentant « au moins un cinquième » des revenus liés aux centres de données de l’entreprise, selon les estimations rapportées par BFM Business. Pourtant, depuis plusieurs années, les tensions technologiques entre Washington et Pékin ont profondément modifié la donne. Les restrictions américaines sur l’exportation de puces électroniques avancées, essentielles pour l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle, sont en vigueur depuis 2022. Même les versions adaptées pour répondre aux exigences du département américain du Commerce restent interdites à l’export vers la Chine.
Cette situation place Nvidia dans une position délicate. Jensen Huang a multiplié les voyages en Chine ces derniers mois, comme en témoigne un déplacement très médiatisé l’été dernier. Ces efforts visaient à préserver les liens avec un marché crucial, mais ils semblent aujourd’hui insuffisants pour surmonter les barrières imposées par les autorités américaines. « Il est fort improbable que la version la plus avancée des puces Nvidia soit approuvée par l’administration Trump pour que la Chine puisse l’acheter », a estimé Hao Hong, directeur des investissements chez Lotus Asset Management, dans une déclaration rapportée par CNBC.
« Je pense que la Chine a compris que la rivalité technologique entre les deux pays sera l’un des facteurs déterminants à l’avenir pour établir leur position concurrentielle relative dans la géopolitique mondiale. »
— Hao Hong, directeur des investissements chez Lotus Asset Management
Un « découplage » technologique qui s’accentue
Les observateurs s’accordent à dire que la rivalité entre les États-Unis et la Chine sur le plan technologique ne fera que s’intensifier. Hao Hong estime que Pékin a pris acte de cette réalité et adapte sa stratégie en conséquence. « Le découplage technologique entre les deux puissances devrait encore s’accentuer », a-t-il précisé. Cette tendance soulève des questions sur l’avenir des entreprises américaines opérant en Chine, notamment celles dont les activités dépendent fortement de ce marché.
Pour Nvidia, la situation est d’autant plus complexe que les puces qu’elle produit sont au cœur des enjeux géopolitiques actuels. Les modèles d’intelligence artificielle, qui reposent sur des processeurs hautement performants, sont devenus un domaine de compétition acharnée entre les deux superpuissances. En limitant l’accès de la Chine à ces technologies, Washington cherche à freiner les ambitions technologiques de Pékin, tout en protégeant ses propres intérêts stratégiques.
Les prochaines étapes : un sommet sous haute tension
La visite de Donald Trump en Chine s’inscrit dans un contexte de relations bilatérales particulièrement tendues. Les discussions avec Xi Jinping devraient porter sur des sujets aussi variés que les tensions commerciales, les cybermenaces ou encore la régulation des technologies émergentes. Pour les entreprises américaines, cette rencontre sera l’occasion d’évaluer les perspectives de coopération, mais aussi de mesurer l’ampleur des obstacles à venir.
Côté Nvidia, la question reste entière : comment l’entreprise peut-elle concilier ses ambitions commerciales en Chine avec les restrictions imposées par les autorités américaines ? Jensen Huang et son équipe devront probablement explorer de nouvelles stratégies pour contourner ces obstacles, voire envisager une réorientation de leur modèle économique. Une chose est sûre : dans un contexte où la technologie est devenue un champ de bataille géopolitique, les entreprises ne pourront plus ignorer les implications de leurs activités sur la scène internationale.
Reste à voir si les discussions entre les deux présidents permettront d’ouvrir de nouvelles pistes de coopération, ou si, au contraire, elles confirmeront la tendance au « découplage » technologique entre les États-Unis et la Chine. Une chose est certaine : dans ce domaine, les cartes ne sont pas encore totalement distribuées.
Jensen Huang est le PDG de Nvidia, une entreprise dont la capitalisation boursière atteint 5 333 milliards de dollars et qui domine le marché mondial des puces électroniques. Son absence du déplacement présidentiel envoie un signal négatif sur les perspectives commerciales de Nvidia en Chine, un marché qui représentait autrefois « au moins un cinquième » des revenus liés aux centres de données du groupe.
Depuis 2022, les États-Unis imposent des restrictions strictes sur l’exportation de puces électroniques avancées vers la Chine. Ces puces, essentielles pour l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle, sont même interdites dans leurs versions adaptées pour répondre aux exigences américaines. Ces mesures visent à limiter l’accès de la Chine aux technologies stratégiques.