Les Émirats arabes unis accélèrent leur mutation technologique avec un projet inédit : d’ici deux ans, la moitié des opérations gouvernementales et l’ensemble du secteur privé de Dubaï devront intégrer l’intelligence artificielle agentique. Une ambition portée par les plus hautes autorités du pays et présentée comme une révolution dans la gestion des services publics et privés. Selon Euronews FR, cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale visant à positionner l’émirat comme un leader mondial de l’innovation technologique.
Ce qu'il faut retenir
- Dubaï vise une transformation de 50 % des services et opérations gouvernementaux en IA agentique d’ici 2028, avec des critères d’évaluation pour les responsables publics.
- Le secteur privé, sous l’égide de la Chambre de commerce de Dubaï, doit également adopter ces technologies, avec des programmes de formation et des incubateurs dédiés.
- L’IA agentique ne se limite pas à répondre à des questions, mais planifie, prend des décisions et exécute des tâches de manière autonome, comme le renouvellement automatique de passeports ou le traitement de contrats.
- Le marché mondial de l’IA agentique, estimé à 5,25 milliards de dollars en 2024, devrait atteindre 199 milliards en 2034, selon Precedence Research.
- Dubaï cherche à attirer les entreprises étrangères spécialisées en IA agentique, offrant un écosystème complet (incubateurs, fonds d’investissement, accès aux décideurs).
L’annonce a été faite par S.A. Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis ainsi qu’émir de Dubaï, lors d’une déclaration visionnaire. « L’IA sera notre partenaire exécutif au sein du gouvernement pour soutenir la prise de décision, améliorer les services, renforcer l’efficacité des opérations, et même évaluer les résultats et apporter des améliorations en temps réel », a-t-il affirmé. Ces propos résument l’ambition d’un pays qui mise sur l’IA non pas comme un simple outil, mais comme un collaborateur quotidien, aussi bien dans les administrations que dans les entreprises.
Une transformation simultanée du public et du privé
Dès avril 2026, les Émirats arabes unis ont dévoilé un plan national visant à convertir la moitié de leurs secteurs et services gouvernementaux en systèmes d’IA agentique d’ici 2028. Cette transition rapide s’accompagne de mécanismes d’évaluation : les ministres, directeurs généraux et entités publiques seront jugés, en partie, sur leur capacité à intégrer ces technologies. Quelques jours après cette annonce, S.A. Cheikh Hamdan bin Mohammed bin Rashid Al Maktoum, prince héritier de Dubaï, vice-premier ministre et ministre de la Défense, a chargé la Chambre de commerce de Dubaï de mener une transformation similaire dans le secteur privé. L’objectif est clair : faire de l’émirat la première ville au monde à adopter massivement ces technologies, tant sur le plan économique que commercial.
L’IA agentique représente une rupture avec les outils existants comme les chatbots. Elle ne se contente pas de répondre à des requêtes, mais anticipe, planifie et exécute des tâches complexes sans intervention humaine. Parmi les exemples cités : le renouvellement automatique de passeports avant leur expiration, la gestion proactive des réclamations clients, ou encore la négociation et la signature de contrats. Comme le souligne un responsable, la différence entre une IA classique et l’IA agentique équivaut à celle « entre une calculatrice et un comptable ».
Un écosystème complet pour accélérer l’adoption
Pour accompagner cette révolution, la Chambre de commerce de Dubaï déploiera d’ici 2028 des parcours de formation spécialisés pour les entreprises et conseils, ainsi que des incubateurs dédiés aux startups en IA agentique. Des fonds seront également mobilisés pour soutenir cette transition. « Nous nous engageons à renforcer le leadership mondial de Dubaï, à renforcer la compétitivité du secteur privé et à veiller à ce que les entreprises soient prêtes aux changements technologiques rapides », a déclaré Son Excellence l’ingénieur Sultan bin Saeed Al Mansoori, président de la Chambre de commerce et président du Comité exécutif pour l’IA agentique.
Cet écosystème vise à attirer les entreprises étrangères. Selon une enquête de McKinsey publiée fin 2025 (State of AI), 23 % des organisations mondiales déploient déjà l’IA agentique à grande échelle, tandis que 39 % sont en phase d’expérimentation. Les entreprises capables de proposer des solutions adaptées — automatisation logistique, finance, santé ou retail — trouveront à Dubaï un marché réceptif, soutenu par des incubateurs, des fonds d’investissement et un accès direct aux décideurs. Une opportunité rare pour les acteurs souhaitant se positionner sur un marché en pleine expansion.
Un marché en croissance exponentielle
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le marché mondial de l’IA agentique, évalué à 5,25 milliards de dollars en 2024, devrait atteindre 199 milliards en 2034, selon les projections de Precedence Research. Cette croissance s’explique par l’adoption croissante de ces technologies dans des secteurs variés, de la logistique à la santé en passant par la finance. Dubaï, en misant sur cette tendance, cherche à attirer les acteurs clés tout en créant un effet d’entraînement pour son économie locale.
Pour les entreprises déjà implantées dans l’émirat, la question n’est plus de savoir si elles doivent adopter l’IA agentique, mais quand. Les programmes de formation proposés par la Chambre de commerce sont conçus pour s’adapter à tous les profils, des PME aux grands groupes, tandis que les incubateurs offriront un accompagnement structuré aux startups souhaitant développer des solutions innovantes. Les secteurs public et privé évoluent donc de manière symbiotique, chacun soutenant l’autre dans cette transition.
Quoi qu’il en soit, cette initiative place Dubaï à l’avant-garde d’une révolution technologique qui pourrait redéfinir les règles de la compétitivité mondiale. Pour les autres métropoles, l’exemple émirati soulève une interrogation de fond : dans un monde où l’IA devient un levier stratégique, faut-il suivre le rythme imposé par Dubaï, ou risquer de se retrouver distancé ?
L’IA agentique désigne des systèmes capables de planifier, prendre des décisions et exécuter des tâches de manière autonome et proactive, sans intervention humaine. Contrairement à un chatbot ou à un outil comme ChatGPT, elle ne se contente pas de répondre à des questions : elle peut renouveler un passeport avant expiration, traiter des contrats ou anticiper les réclamations clients. Autant dire que cette technologie s’apparente à un « collaborateur » doté d’une autonomie bien supérieure à celle des outils actuels.
Selon les annonces, les secteurs prioritaires incluent les services publics (passeports, contrats, réclamations) ainsi que des domaines clés du secteur privé comme la logistique, la finance, la santé et le retail. L’objectif est de couvrir l’ensemble des opérations administratives et commerciales pour maximiser l’efficacité et la compétitivité.