Selon RFI, l’or reste un placement privilégié par les ménages turcs en mai 2026, alors que le pays fait face à une inflation annuelle dépassant les 32 %. Cette tendance s’inscrit dans un contexte économique marqué par une perte de pouvoir d’achat généralisée et une défiance accrue des marchés envers la politique économique du gouvernement. « L’or est traditionnellement perçu comme un rempart contre la dépréciation monétaire », rappellent les analystes, alors que les prix à la consommation continuent de grimper.
Ce qu'il faut retenir
- Inflation annuelle en Turquie : 32 % en avril 2026, selon RFI.
- L’or est considéré comme une valeur refuge face à la hausse des prix.
- Le gouvernement turc peine à restaurer la confiance des marchés et des citoyens.
- L’inflation reste élevée malgré une légère baisse par rapport aux années précédentes.
Une inflation qui érode le pouvoir d’achat des Turcs
En avril 2026, l’inflation annuelle en Turquie a atteint 32 %, un niveau certes inférieur aux pics enregistrés ces dernières années, mais toujours très élevé. Cette hausse des prix pèse lourdement sur le quotidien des ménages, dont le pouvoir d’achat est en net recul. « La situation économique actuelle reste fragile », souligne un économiste interrogé par RFI. Les salaires, pour leur part, peinent à suivre la courbe des prix, aggravant la précarité financière d’une partie de la population.
Les prix des produits de première nécessité, comme l’alimentation ou l’énergie, ont particulièrement augmenté, réduisant la capacité des ménages à épargner ou à investir. « On observe une tendance à la thésaurisation », indique un rapport économique publié ce mois-ci. Cette dynamique s’accompagne d’une méfiance croissante envers la livre turque, dont la dépréciation accélère l’attrait pour les actifs tangibles comme l’or.
L’or, un placement historique en période de crise
Face à cette instabilité monétaire, l’or conserve son statut de valeur refuge en Turquie, un pays où ce métal précieux est traditionnellement associé à la sécurité financière. « Depuis des décennies, les Turcs se tournent vers l’or en cas de crise économique », rappelle un spécialiste des marchés. En 2026, cette tendance s’est renforcée, avec une demande accrue pour les bijoux et lingots d’or, perçus comme une protection contre l’inflation.
Les données disponibles montrent que les achats d’or ont progressé de 15 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l’an dernier. Les bijouteries et les banques proposant des produits d’investissement en or enregistrent des ventes records. « Les particuliers préfèrent détenir un actif tangible plutôt que de miser sur une monnaie locale instable », explique un commerçant d’Istanbul. Cette stratégie, bien que prudente, n’est pas sans risques, notamment en cas de retournement des cours de l’or.
Un gouvernement sous pression pour restaurer la confiance
La persistance de l’inflation et la dépréciation de la livre turque mettent en difficulté le gouvernement, qui peine à convaincre les marchés et les citoyens de sa capacité à redresser l’économie. Les mesures prises jusqu’ici, comme les ajustements des taux directeurs ou les interventions sur le marché des changes, n’ont pas suffi à inverser la tendance. « La défiance des investisseurs est un obstacle majeur », constate un analyste financier.
Les Turcs, eux, continuent de chercher des solutions pour préserver leur épargne. Entre l’or, les devises étrangères et les placements à l’étranger, les stratégies de protection varient. « La diversification reste la clé », souligne un conseiller en gestion de patrimoine. Pourtant, pour beaucoup, l’or reste le choix le plus accessible et le plus rassurant.
La situation en Turquie illustre les défis auxquels font face les économies émergentes face à l’inflation persistante. Alors que les ménages turcs misent sur l’or pour se protéger, les autorités devront redoubler d’efforts pour restaurer la stabilité et la confiance. Une équation complexe, dans un contexte où les marges de manœuvre politiques restent limitées.
L’or est traditionnellement perçu comme une valeur refuge car il conserve son pouvoir d’achat sur le long terme, contrairement aux monnaies fiduciaires qui se déprécient avec l’inflation. Historiquement, son prix tend à augmenter lorsque les prix des biens et services montent, ce qui en fait un actif protecteur pour les épargnants.