Washington et Téhéran semblent s’acheminer vers une possible résolution de leur conflit après des mois d’escalade militaire et diplomatique. Selon Courrier International, le président américain Donald Trump a annoncé jeudi 11 juin 2026, depuis la Maison-Blanche, la conclusion prochaine d’un « très bon accord » avec l’Iran. Une déclaration qui intervient après des semaines de menaces et de postures belliqueuses, tandis que les négociations secrètes semblent désormais aboutir à une issue concrète.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump a affirmé jeudi 11 juin 2026 qu’un « très bon accord » pourrait être signé « dans les prochains jours » avec l’Iran.
- Le vice-président américain J.D. Vance pourrait se rendre en Europe dès ce week-end pour finaliser la signature.
- Téhéran n’a pas encore pris de décision finale, selon des sources iraniennes citées jeudi soir.
- L’agence iranienne Mehr a publié vendredi 12 juin un projet d’accord prévoyant soixante jours de négociations pour lever les sanctions américaines et résoudre la question nucléaire.
- Le texte inclurait la libération de **24 milliards de dollars** de fonds iraniens actuellement bloqués.
- Ce projet d’accord engloberait également un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban.
La journée de jeudi 11 juin a été marquée par un véritable yo-yo diplomatique. Après des mois de montée des tensions — avec des menaces américaines de s’emparer de l’île stratégique de Kharg, un site pétrolier clé dans le Golfe — la Maison-Blanche a soudainement changé de ton. Donald Trump, habitué à multiplier les annonces spectaculaires, a évoqué une possible issue pacifique. « Le monde a traversé des montagnes russes entre une escalade dangereuse et l’avènement proclamé de la paix », résumait même CNN, soulignant l’ampleur des revirements récents.
Pourtant, cette annonce ne surprend plus vraiment. Selon le décompte établi par la chaîne américaine, Donald Trump aurait évoqué **près de quarante fois** la signature imminente d’un accord avec Téhéran depuis le début de son mandat. Autant dire que ces déclarations sont désormais accueillies avec une prudence marquée. Les observateurs rappellent que le président américain a souvent usé de rhétorique maximaliste avant de revenir à des positions plus conciliantes — ou inversement.
La réaction iranienne, pour l’heure, reste mesurée mais ferme. Jeudi soir, les autorités de Téhéran ont fait savoir, via des canaux diplomatiques, qu’aucune décision finale n’avait encore été prise. Une prudence qui s’explique en partie par le contenu même des discussions. Selon les informations relayées par l’AFP et reprises par Courrier International, un projet d’accord détaillé aurait été transmis par l’agence iranienne Mehr ce vendredi 12 juin. Ce texte, présenté comme une base de travail, prévoit un cadre global pour mettre fin aux hostilités sur plusieurs théâtres d’opérations, dont le Liban.
Le projet iranien mise sur une période de **soixante jours** pour aboutir à un compromis définitif. Deux volets principaux sont évoqués : d’abord, la levée complète des sanctions américaines imposées à l’Iran, puis la résolution de la crise nucléaire, un dossier récurrent depuis des décennies. Autre point saillant du document, la libération de **24 milliards de dollars** (soit environ **20,8 milliards d’euros**) de fonds iraniens actuellement gelés. Ces avoirs, bloqués principalement aux États-Unis et dans des banques européennes, constitueraient une bouffée d’oxygène économique pour Téhéran, en échange d’engagements stricts sur son programme atomique.
Ce scénario d’un déblocage financier rapide n’est pas anodin. Les sanctions américaines, renforcées depuis 2018 sous l’administration Trump, pèsent lourdement sur l’économie iranienne. Le pays fait face à une inflation galopante et à une pénurie de devises étrangères. La levée partielle ou totale de ces mesures pourrait donc représenter une avancée majeure pour le régime des mollahs, tout en répondant à une exigence centrale des négociateurs iraniens.
« Un très bon accord pourrait être signé dans les prochains jours. Le vice-président J.D. Vance pourrait se rendre en Europe dès ce week-end pour finaliser la signature. »
— Donald Trump, président des États-Unis, le 11 juin 2026
Si l’administration américaine mise sur une conclusion rapide, les défis restent nombreux. D’abord, la question de la confiance entre les deux parties. Les États-Unis ont plusieurs fois accusé l’Iran de ne pas respecter ses engagements, notamment après le retrait de Washington de l’accord nucléaire de 2015. Téhéran, de son côté, exige des garanties sur la levée durable des sanctions et sur le respect des engagements américains.
Autre écueil potentiel : les alliés régionaux des États-Unis, comme Israël et l’Arabie saoudite, pourraient s’opposer à un accord perçu comme trop conciliant. Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a déjà multiplié les mises en garde ces dernières semaines, évoquant la nécessité de maintenir une pression maximale sur Téhéran. Quant à Ryad, bien que moins bruyant, le royaume saoudien suit de près les évolutions, dans un contexte de rivalité régionale toujours vive.
En définitive, cette annonce relance un débat plus large sur la crédibilité de Donald Trump en matière de diplomatie. Alors que ses prédécesseurs ont souvent privilégié la discrétion, le président américain mise sur l’effet d’annonce et la rapidité. Mais entre les déclarations fracassantes et les actes concrets, le fossé reste parfois large — et le dossier iranien en est un parfait exemple.
Le projet publié par l’agence Mehr prévoit : soixante jours de négociations pour lever les sanctions américaines, résoudre la question nucléaire et mettre fin aux hostilités, notamment au Liban. Il inclut également la libération de 24 milliards de dollars de fonds iraniens actuellement gelés.