Alors que le groupe Fibre Excellence, spécialisé dans la production de fibres textiles, est menacé de liquidation judiciaire, la présidente de la région Occitanie et la secrétaire générale de la CGT ont adressé une ultime mise en garde au ministre de l’Industrie. Selon Libération, les deux responsables ont appelé, lors d’une déclaration conjointe, le gouvernement à soutenir une offre de reprise interne pour sauver les emplois et l’activité du site.

Ce dernier appel survient après des mois de tensions entre les pouvoirs publics, les syndicats et la direction du groupe. Les élus locaux et les représentants des salariés craignent que, sans intervention rapide, la liquidation judiciaire ne devienne inévitable. La situation s’est aggravée ces dernières semaines, avec des négociations au point mort et des reports successifs des échéances financières.

Ce qu'il faut retenir

  • Fibre Excellence, un acteur historique de la filière textile en Occitanie, est au bord de la liquidation judiciaire après des difficultés financières persistantes.
  • La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, ont lancé un appel urgent au ministre de l’Industrie pour soutenir une reprise en interne.
  • Les élus et les syndicats dénoncent l’absence de réponse concrète du gouvernement malgré les alertes répétées sur le risque de suppression de 500 emplois directs.
  • Les négociations pour une reprise externe, évoquées depuis des mois, n’ont pas abouti, laissant peu d’options viables.
  • La liquidation entraînerait la fermeture immédiate du site de Castres, dans le Tarn, où sont produits des fils techniques pour des industries stratégiques.

Un groupe en difficulté depuis plusieurs années

Fibre Excellence, basé à Castres, emploie près de 500 salariés et produit des fibres textiles techniques utilisées dans des secteurs comme l’automobile ou la défense. Le groupe accumule les pertes depuis 2022, en raison d’une concurrence accrue, de coûts énergétiques élevés et d’une demande en baisse. Malgré plusieurs plans de sauvetage, les investisseurs privés se sont retirés, laissant peu d’alternatives.

D’après Libération, la situation s’est encore détériorée début juin, avec un refus des créanciers de prolonger les délais de paiement. Une liquidation judiciaire signifierait non seulement la fin de l’activité, mais aussi la perte de savoir-faire industriels rares en France.

Les acteurs locaux unis contre la liquidation

Face à l’urgence, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et Sophie Binet ont multiplié les démarches auprès du gouvernement. « Nous avons épuisé toutes les pistes de reprise externe, a expliqué Carole Delga. La seule solution viable reste une reprise en interne, avec le soutien de l’État. »

De son côté, Sophie Binet a souligné le rôle clé du site dans l’économie locale : « Fermer Fibre Excellence, ce n’est pas seulement supprimer 500 emplois, c’est aussi condamner une filière industrielle et des compétences uniques. » Les syndicats menacent de mobilisations massives si aucune solution n’est trouvée d’ici la fin du mois.

« Nous avons épuisé toutes les pistes de reprise externe. La seule solution viable reste une reprise en interne, avec le soutien de l’État. »
— Carole Delga, présidente de la région Occitanie

Le gouvernement sous pression

Le ministre de l’Industrie, dont le nom n’a pas été précisé par Libération, n’a pas encore réagi publiquement à cet appel. Pourtant, le dossier figure parmi les priorités industrielles du gouvernement, dans un contexte de relocalisation et de souveraineté des filières stratégiques.

Des sources proches du dossier indiquent que des discussions sont en cours avec la Banque publique d’investissement (BPI) pour étudier une participation au capital de Fibre Excellence. Cependant, aucun engagement ferme n’a été pris à ce stade. Un délai de 48 heures a été évoqué pour une décision, faute de quoi la liquidation sera actée.

Et maintenant ?

Si le gouvernement ne donne pas de suite favorable à la reprise interne d’ici la fin de la semaine, la liquidation judiciaire de Fibre Excellence sera inévitable. Les élus locaux et les syndicats préparent déjà des mesures de soutien aux salariés, comme des cellules de reclassement ou des formations. Une mobilisation est également prévue devant le ministère de l’Industrie dès lundi prochain pour faire pression sur les autorités.

Du côté des créanciers, une réunion décisive est prévue mercredi 14 juin pour valider ou rejeter un ultime plan de continuation. Sans accord, la fermeture du site pourrait intervenir dès le 20 juin, selon les informations recueillies par Libération.

Cette affaire illustre les défis auxquels sont confrontés les industriels français dans un contexte de concurrence internationale accrue et de transition énergétique coûteuse. La décision du gouvernement pourrait servir d’exemple pour d’autres filières en difficulté.