Gabriel Attal a officiellement rejoint la course à l’Élysée mardi 12 mai, après avoir été désigné par Renaissance comme candidat unique du parti à l’élection présidentielle de 2027. Une formalité, selon Franceinfo - Politique, puisque son unique rivale au sein du mouvement, l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, avait quitté la direction de Renaissance la semaine précédente. Ce choix s’inscrit dans une dynamique de primaire officieuse, où les sondages joueront un rôle central pour désigner le candidat du bloc central face à la gauche et à l’extrême droite.

Ce qu'il faut retenir

  • Gabriel Attal a été désigné par Renaissance comme candidat unique à la présidentielle 2027, sans opposition interne ni primaire organisée.
  • Il rejoint ainsi Édouard Philippe (Horizons) et Bruno Retailleau (Les Républicains), formant un trio de prétendants issus du socle commun.
  • Les trois hommes devraient éviter une division au second tour, notamment face au Rassemblement National ou à La France Insoumise, en privilégiant un pacte implicite de soutien au mieux placé.
  • Le risque persiste qu’un trublion (Xavier Bertrand, Michel Barnier…) perturbe cette stratégie en refusant de se rallier.

Une désignation sans surprise, mais révélatrice des tensions internes

La désignation de Gabriel Attal par Renaissance n’a surpris personne. Comme l’avait fait Bruno Retailleau au sein des Républicains en avril 2026 — en soumettant son nom seul aux militants — le secrétaire général du parti a obtenu un plébiscite sans opposition. Une méthode qui illustre les divisions persistantes au sein du bloc central, où les alliances restent fragiles. Édouard Philippe, lui, avait déjà lancé sa pré-campagne en mai 2026, avec un premier meeting prévu début juillet. Autant dire que la compétition est désormais lancée, même si les règles du jeu restent floues.

Officiellement, certains à droite réclament encore une primaire ouverte, mais ses contours restent flous. Laurent Wauquiez, par exemple, propose d’y intégrer Sarah Knafo tout en excluant Gabriel Attal. Pourtant, dans les faits, la primaire a déjà commencé : elle se jouera dans les urnes, via les sondages. Une approche pragmatique, mais risquée, comme en témoigne l’expérience de la gauche, où l’éclatement des candidatures handicape les chances de victoire.

Un pacte implicite pour éviter un second tour RN-LFI

Sur Franceinfo, Gabriel Attal a confirmé la semaine dernière l’existence d’un « comité de liaison » avec Édouard Philippe. Leur objectif : éviter un duel au second tour entre le Rassemblement National et La France Insoumise, une perspective qui glace les responsables de droite et du centre.

« Nous devons nous organiser pour éviter que la France ne se retrouve face à ce scénario », a déclaré Attal, sans préciser si Bruno Retailleau était associé à cette stratégie. Pour autant, ce dernier, bien que moins médiatique, pourrait adopter une posture similaire, sans l’avouer publiquement.

Ce rapprochement tactique s’explique par la crainte d’un « traumatisme » à droite : un second tour opposant Marine Le Pen ou Jordan Bardella à Jean-Luc Mélenchon ou un autre représentant de la NUPES. La perspective d’une défaite cuisante incite à l’union, malgré les rivalités personnelles. Les trois hommes mènent désormais une pré-campagne jusqu’à la fin 2026, avant de se rallier au mieux placé début 2027 — une méthode qui, si elle réussit, pourrait consolider leur camp face à l’extrême droite.

Les écueils d’une stratégie sondagière

Cette stratégie n’est pas sans risques. Le premier tient à l’émergence d’un « trublion » issu des rangs de la droite ou du centre. Des noms comme Xavier Bertrand, Michel Barnier ou David Lisnard circulent, capables de capter une partie de l’électorat modéré sans se plier aux règles d’une alliance. Leur refus de se désister pourrait fragmenter le vote utile, au profit du RN ou de LFI.

Le second risque est l’incapacité pour l’un des trois favoris de se détacher clairement. En janvier 2027, s’ils restent au coude-à-coude, le choix du candidat se fera au forceps — ou au jeu de « pierre-feuille-ciseaux », comme l’a ironisé un observateur politique. Une situation qui rappelle les primaires de 2017, où François Fillon et Alain Juppé avaient affaibli la droite avant l’élection.

Enfin, cette alliance de circonstance reste fragile sur le fond. Le « socle commun » entre Renaissance, Horizons et Les Républicains n’est plus qu’un mot creux. Les désaccords sur l’Europe, l’écologie ou la fiscalité persistent, et pourraient resurgir si l’un des trois candidats l’emporte. Bref, la bataille pour la présidentielle est autant une question d’image que de programme.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour les trois prétendants. Édouard Philippe doit organiser son premier meeting début juillet, tandis que Gabriel Attal et Bruno Retailleau devraient multiplier les prises de parole pour séduire l’électorat modéré. Les sondages, publiés régulièrement, serviront de baromètre à leur stratégie de rassemblement. Reste à voir si l’un d’eux parviendra à s’imposer avant la fin 2026, ou si le suspense persistera jusqu’aux premiers mois de 2027. Une chose est sûre : la droite et le centre misent sur l’union pour contrer l’extrême droite, mais cette union reste à construire.

Pour les électeurs, l’enjeu est double : éviter une division qui profiterait au RN ou à LFI, tout en pesant sur le choix du candidat unique. Le scrutin de 2027 pourrait ainsi se jouer autant dans les urnes que dans les coulisses des états-majors politiques.

La désignation de Gabriel Attal s’est faite sans opposition interne, car son unique rivale, Élisabeth Borne, a quitté la direction du parti la semaine précédant le vote. Une formalité, donc, mais qui illustre les divisions persistantes au sein du bloc central, où les alliances restent fragiles et les stratégies personnelles priment souvent sur l’unité.

Les principaux risques sont l’émergence d’un trublion (comme Xavier Bertrand ou Michel Barnier) qui refuserait de se rallier, et l’incapacité pour l’un des trois candidats de se détacher clairement d’ici janvier 2027. Une division ou une égalité persistante pourrait affaiblir le bloc central face au RN ou à LFI.