Le conseil national du parti présidentiel Renaissance a désigné, mardi 12 mai 2026, Gabriel Attal comme candidat officiel à l’élection présidentielle de 2027. Cette décision, prise à une large majorité, marque une étape décisive dans la stratégie du mouvement, même si elle doit encore être validée par les adhérents lors d’un vote interne à venir. Selon Franceinfo - Politique, cette désignation intervient après que la possibilité d’organiser une primaire interne ait été écartée, confirmant ainsi la volonté du parti de présenter un candidat unique pour affronter les autres forces politiques.
Ce qu'il faut retenir
- Désignation : Gabriel Attal a été choisi par le conseil national de Renaissance à une large majorité comme candidat à la présidentielle de 2027, mardi 12 mai 2026.
- Validation : Les adhérents du parti devront encore entériner ce choix lors d’un vote organisé prochainement.
- Stratégie : La primaire interne a été écartée, privilégiant une candidature unique pour le mouvement présidentiel.
- Soutiens : Plusieurs élus macronistes expriment des réserves, évoquant l’absence d’enthousiasme malgré le statut de « leader incontesté » d’Attal.
- Concurrence : Edouard Philippe, autre figure du bloc central, reste mieux placé dans les sondages et pourrait compliquer la dynamique d’Attal.
Une désignation rapide, mais un soutien loin d’être unanime
Le choix de Gabriel Attal, ancien Premier ministre et secrétaire général de Renaissance depuis décembre 2024, s’inscrit dans une logique de continuité pour le parti présidentiel. Selon Franceinfo - Politique, son nom s’est imposé naturellement, même si des voix discordantes se font entendre au sein même du mouvement. « C’est notre leader incontesté, mais il n’y a pas d’enthousiasme », confie un élu macroniste sous couvert d’anonymat. Un paradoxe que certains imputent à son ancrage trop marqué dans la ligne macroniste, un héritage qui divise au-delà des frontières de Renaissance.
Parmi les soutiens les plus visibles, Prisca Thévenot, députée des Hauts-de-Seine et proche d’Attal, balaie d’un revers de main les interrogations sur l’unité du parti. « Il n’y a aucun débat. Tout le parti est en ordre de marche derrière Gabriel : les adhérents, les élus locaux, les députés », affirme-t-elle. Une solidarité qui s’explique en partie par les efforts d’Attal pour préserver le groupe parlementaire après la dissolution de 2024, dont de nombreux députés lui sont redevables. Denis Masséglia, député du Maine-et-Loire, renchérit : « Je suis convaincu que Gabriel Attal est le meilleur candidat de Renaissance pour l’élection présidentielle. Sa capacité à porter un projet ambitieux ne fait aucun doute à mes yeux. »
Des critiques qui viennent de l’intérieur
Pourtant, les réserves sont réelles. Plusieurs élus, tout en reconnaissant sa légitimité, soulignent l’absence de ferveur autour de sa candidature. « Gabriel Attal est le leader incontesté de notre famille politique, mais il n’y a pas d’enthousiasme autour de cette candidature », confie un autre député macroniste à Franceinfo - Politique. Les critiques portent notamment sur son image perçue comme trop proche d’Emmanuel Macron, un ancrage qui pourrait desservir Renaissance dans un contexte où les Français expriment une volonté de « tourner la page » après dix ans de présidence.
Les tensions avec l’Élysée, publiques depuis des mois, n’ont fait qu’alimenter ces interrogations. En octobre 2025, Attal déclarait sur TF1 ne plus « comprendre les décisions du président de la République », une prise de distance confirmée dans son livre En homme libre, où il dénonce le « piège de la verticalité » dans lequel se serait enfermé Macron. Des déclarations qui ont agacé les proches du chef de l’État, certains allant jusqu’à minimiser ses chances de succès. « Il y a deux candidatures auxquelles je ne crois pas : celle de Bruno Retailleau et celle de Gabriel Attal », lâche un fidèle du président. D’autres ironisent sur sa stratégie : « Gabriel regarde trop les sondages. Il suffit de regarder les sondages pour savoir qu’il ne faut pas les regarder. »
Des figures de Renaissance en retrait ou en opposition
Le camp d’Attal doit aussi composer avec des départs et des prises de distance au sein même de Renaissance. Elisabeth Borne, ancienne Première ministre, a quitté la présidence du conseil national du parti en avril 2026 pour fonder sa propre structure, Bâtissons ensemble. « Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne. Donc j’ai décidé de démissionner du conseil national de Renaissance, de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j’ai créée », a-t-elle expliqué sur France Inter. Une décision qui, loin d’inquiéter ses détracteurs, est perçue comme un soulagement par certains. « Le départ de Borne est plutôt une bonne chose pour Attal, car elle a une image très dégradée auprès des Français », estime un cadre de Renaissance.
D’autres personnalités, comme Aurore Bergé ou Yaël Braun-Pivet, restent en retrait, sans pour autant s’opposer frontalement à Attal. « J’ai du mal à comprendre sa stratégie et son poids politique me semble trop faible pour avoir un impact sur la présidentielle », confie un député de Renaissance. « Ça ne changera rien, elle n’a pas de troupes », ajoute un autre parlementaire. Pourtant, des voix appellent à une ouverture plus large pour espérer fédérer au-delà du clan macroniste. « Il ne gagnera pas la présidence avec seulement des fidèles. Il faut ouvrir les chakras à un moment », glisse un élu macroniste.
Un enjeu de rassemblement face à la concurrence centrale
L’enjeu pour Gabriel Attal est désormais de se poser en candidat crédible face à ses principaux rivaux, à commencer par Edouard Philippe. Selon les derniers sondages, l’ancien Premier ministre, figure d’Horizons, reste mieux placé pour affronter Jordan Bardella au second tour. Attal, conscient de cette réalité, a multiplié les déclarations pour apaiser les tensions et éviter une division du bloc central. « On a tous les deux à cœur d’empêcher un second tour qui sera terrible pour les Français entre La France insoumise et le Rassemblement national », a-t-il affirmé sur Franceinfo en mai 2026. « Ce qui rendra un rassemblement impérieux, c’est si effectivement il y a un risque de deuxième tour entre LFI et le RN. »
Un accord de non-agression semble tenir pour l’instant entre les deux hommes. « Gabriel Attal, c’est le futur allié, donc on se parle », assure un cadre d’Horizons. « On ne va pas jouer la présidentielle à pile ou face. S’il y a un risque de dérapage, on se retirera. » Les deux camps ont même mis en place des comités de liaison pour coordonner leurs efforts pendant la campagne. Pour autant, les observateurs s’attendent à ce que les positions se précisent après l’été 2026, une fois les dynamiques électorales mieux établies.
Pour rappel, Gabriel Attal, 37 ans, a officiellement lancé sa pré-campagne avec la publication de son livre En homme libre, multipliant les séances de dédicace et les réunions publiques depuis le début de l’année. Une stratégie qui vise à le positionner comme une figure indépendante du macronisme, tout en capitalisant sur son expérience gouvernementale. Reste à savoir si ces efforts suffiront à transformer l’essai face à des concurrents mieux placés dans les sondages.
Selon Franceinfo - Politique, le conseil national du parti a préféré éviter une primaire interne, jugée trop risquée et chronophage. La désignation rapide d’Attal, perçu comme le « leader incontesté » du mouvement, a permis de présenter un candidat unique face aux autres forces politiques, malgré l’absence d’enthousiasme généralisé.
Plusieurs facteurs compliquent sa campagne : son image perçue comme trop liée à Emmanuel Macron, l’absence d’enthousiasme au sein même de Renaissance, et la concurrence d’Edouard Philippe, mieux placé dans les sondages. De plus, des figures comme Elisabeth Borne ont quitté le parti, affaiblissant partiellement son assise interne.