Le Prix de littérature de l’Union européenne 2026 a été attribué à Nicoletta Verna pour son roman « Les Jours de verre », une œuvre saluée par la critique transalpine pour son récit historique ancré dans la Résistance en Émilie-Romagne. Selon Courrier International, l’ouvrage, décrit comme un « classique » par le quotidien romain La Repubblica, plonge le lecteur dans les vies croisées de deux femmes confrontées aux horreurs du fascisme italien.
Ce qu'il faut retenir
- Prix de littérature de l’UE 2026 décerné à Nicoletta Verna pour « Les Jours de verre ».
- Roman historique centré sur la Résistance en Émilie-Romagne sous l’Italie fasciste.
- Deux personnages féminins principaux : Redenta, issue d’un milieu pauvre et marquée par la polio, et Iris, enseignante engagée contre Mussolini.
- Cadre géographique précis : les environs de Forlì, près de Predappio, ville natale de Benito Mussolini.
- L’autrice s’inspire de son enfance dans cette région pour ancrer son récit dans une réalité locale.
Nicoletta Verna, dont l’œuvre a été récompensée pour sa profondeur historique et narrative, y dépeint une Italie des années 1920 à 1943, marquée par l’ascension et la chute du régime mussolinien. Comme le rapporte Courrier International, « le fascisme contient tous les ingrédients et mécanismes parfaits pour construire une histoire », une réflexion qui résume l’ambition littéraire du roman. L’autrice, originaire d’une région où elle a grandi, y restitue une atmosphère où se mêlent destins individuels et contexte historique.
Deux destins féminins entre oppression et résistance
Le récit s’articule autour de deux figures féminines aux parcours radicalement opposés. Redenta, née au début des années 1920 dans une famille modeste du nord-est de l’Italie, grandit avec une jambe paralysée par la polio. Son existence bascule lorsqu’elle est contrainte d’épouser un homme violent et militant fasciste, un choix qui illustre l’emprise du régime sur les existences ordinaires. Son histoire, celle d’une femme brisée par les circonstances, contraste avec celle d’Iris, une enseignante idéaliste qui s’engage activement dans la Résistance contre Mussolini.
Leur rencontre à l’âge adulte devient le point de départ d’une relation complexe, où se croisent solitude, espoir et engagement. Le roman explore ainsi les tensions entre destin individuel et collectif, entre soumission et rébellion, dans une Italie où le fascisme impose sa loi. L’autrice s’appuie sur des archives et des témoignages locaux pour ancrer son récit dans une réalité historique tangible, notamment à travers le choix du décor : Forlì, ville de la province d’Émilie-Romagne située à quelques kilomètres de Predappio, berceau du Duce.
Un cadre historique précis et documenté
L’Émilie-Romagne, région où Nicoletta Verna a passé son enfance, sert de toile de fond à une fresque historique où se mêlent drames personnels et enjeux politiques. Le roman couvre la période allant des années 1920, marquées par la consolidation du pouvoir mussolinien, jusqu’à la chute du régime en 1943. Ce cadre géographique n’est pas anodin : Predappio, ville natale de Mussolini, incarne à elle seule les contradictions d’une Italie déchirée entre adhésion au fascisme et résistance.
Comme le souligne La Repubblica, « le fascisme révèle très vite ses mécanismes », une dynamique que le roman restitue à travers des destins individuels. L’autrice puise dans cette histoire locale pour offrir une plongée réaliste dans une époque où la violence politique et l’oppression quotidienne façonnent les existences. Les descriptions de la vie rurale et des tensions sociales dans cette région du nord de l’Italie ajoutent une dimension immersive à l’intrigue.
Au-delà de la récompense, « Les Jours de verre » s’inscrit dans une démarche plus large de réappropriation de l’histoire italienne, notamment de la Résistance, un sujet parfois minimisé ou révisé par certains courants politiques. En mettant en lumière des parcours féminins, l’autrice offre une perspective inédite sur une époque où les femmes, bien que souvent reléguées au second plan, ont joué un rôle clé dans la lutte contre le fascisme. Une manière, aussi, de rappeler que l’Histoire se construit autant par les grands événements que par les destins ordinaires.