« Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l’Iran », a déclaré le président américain Donald Trump depuis le Bureau ovale, jeudi 11 juin 2026 au soir, peu après avoir annulé des frappes militaires américaines prévues contre Téhéran. L’annonce, suivie d’une chute des cours du pétrole, intervient dans un contexte où Israël affirme avoir neutralisé près de 80 membres du Hezbollah au Liban en sept jours, selon un bilan communiqué par l’armée israélienne ce vendredi 12 juin.

Ce qu'il faut retenir

  • 80 membres du Hezbollah « éliminés » en une semaine par l’armée israélienne, selon ses déclarations, ainsi que 310 cibles visées dans le cadre de ses opérations au Liban.
  • Donald Trump annonce un accord avec l’Iran pour mettre fin au conflit, évoquant une signature « dès ce week-end » en Europe, mais Téhéran indique ne pas encore avoir pris de décision.
  • Les frappes américaines contre l’Iran ont été annulées in extremis par Washington, après une menace de « frappe très forte » la veille, incluant la prise de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien.
  • Le pétrole chute de plus de 4 % ce matin, les marchés anticipant une fin rapide des hostilités et la réouverture du détroit d’Ormuz, actuellement fermé par l’Iran « jusqu’à nouvel ordre ».
  • Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, alerte sur un choc énergétique persistant, malgré l’espoir d’un cessez-le-feu, en raison de la transmission des hausses des prix de l’énergie à l’inflation globale.

Israël revendique la neutralisation de 80 membres du Hezbollah en une semaine

L’armée israélienne a communiqué ce vendredi 12 juin avoir « éliminé » environ 80 terroristes du Hezbollah au Liban au cours des sept derniers jours. Dans le même temps, elle affirme avoir ciblé 310 sites liés au mouvement pro-iranien, selon un communiqué relayé par les médias internationaux. Ces opérations s’inscrivent dans le cadre de l’escalade militaire entre Israël et le Hezbollah, qui a déjà coûté la vie à des centaines de personnes depuis le début du conflit.

Dans la matinée, des frappes israéliennes ont également visé plusieurs villes du sud du Liban, notamment Bayyada, près de Tyr, ainsi que Qalaway et Bayssariyé, comme l’a rapporté l’agence de presse nationale libanaise Ani. Ces attaques surviennent alors que les négociations diplomatiques entre Washington et Téhéran suscitent un espoir de désescalade.

Donald Trump annonce un accord avec l’Iran, mais Téhéran temporise

Donald Trump a affirmé jeudi soir avoir trouvé un « très bon accord » avec l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, évoquant même une signature « dès ce week-end » en Europe. « Une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature », a-t-il déclaré depuis le Bureau ovale. Selon lui, le guide suprême iranien aurait même « validé » cet accord, une déclaration contestée par Téhéran dès le lendemain matin.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a en effet précisé à la presse d’État que « jusqu’à présent, l’Iran n’a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l’accord ». Cette position a été confirmée par plusieurs médias iraniens, tempérant l’optimisme affiché par le président américain. L’Égypte, de son côté, a appelé Washington et Téhéran à « saisir l’opportunité » offerte par cette avancée diplomatique pour mettre fin au conflit.

Washington annule des frappes contre l’Iran après des menaces de « frappe très forte »

Donald Trump avait pourtant menacé jeudi soir de lancer des frappes « très fortes » contre l’Iran, évoquant même la possibilité de prendre l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien situé dans le détroit d’Ormuz. Ces déclarations avaient été suivies d’un communiqué sur le réseau Truth Social annonçant l’annulation des frappes « au dernier moment », après que les discussions avec Téhéran eurent été « vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes ».

Le général Patrick Dutartre, interrogé sur BFMTV, a estimé que cette volte-face illustrait une divergence de perception entre les deux camps. « Donald Trump transforme ça en accord de paix, mais dans l’esprit iranien, je ne suis pas sûr que ce soit la même chose », a-t-il déclaré, ajoutant : « On se perd un peu : le monde est suspendu aux posts du président Trump, on se demande s’il ne transforme pas ses désirs en réalité. »

L’Iran ferme le détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », provoquant une chute du pétrole

Dans un contexte déjà tendu, l’autorité maritime iranienne a annoncé jeudi la fermeture totale du détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », alors que ce passage stratégique concentrait déjà des tensions depuis le début du conflit, le 28 février 2026. Avant la guerre, ce détroit voyait transiter un cinquième des hydrocarbures mondiaux, soit environ vingt navires par jour. Son blocage par Téhéran a entraîné une réponse américaine sous forme de blocus des ports iraniens.

Cette décision iranienne a immédiatement pesé sur les marchés : dès ce matin, le prix du baril de Brent a chuté de 4,37 % à 86,43 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a reculé de 4,42 % à 83,83 dollars. Les places financières asiatiques ont réagi avec un bond de près de 4 % pour le Nikkei à Tokyo et plus de 7 % pour le Kospi à Séoul, signe d’un regain d’optimisme sur les marchés financiers.

Un choc énergétique « persistant » en France, selon la Banque de France

Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a mis en garde contre un choc énergétique durable, malgré l’espoir d’un cessez-le-feu au Moyen-Orient. Dans un message publié sur LinkedIn, il a souligné que « la hausse des prix du pétrole et du gaz a commencé à se transmettre aux autres prix du panier de consommation ». En mai 2026, l’inflation en France a atteint 2,4 % sur un an, contre 2,2 % en avril, une progression imputée à la flambée des prix de l’énergie, selon l’Insee.

Cette situation pourrait prolonger les tensions économiques en Europe, où plusieurs pays dépendent fortement des importations d’hydrocarbures en provenance du Moyen-Orient. Emmanuel Moulin a rappelé que, « quelle que soit l’évolution géopolitique à court terme, le choc énergétique restera persistant ».

Israël conditionne tout accord de paix à l’élimination de l’uranium enrichi iranien

Le bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a fait savoir que Donald Trump avait promis que tout accord avec l’Iran inclurait l’élimination de l’uranium enrichi ainsi que le démantèlement des infrastructures d’enrichissement. Selon un communiqué publié sur X (ex-Twitter), ces engagements s’accompagneraient de limites à la production de missiles et de la fin du soutien iranien à ses « supplétifs terroristes » dans la région.

Cette position israélienne s’inscrit dans une logique de pression maximale sur Téhéran, alors que les négociations entre Washington et l’Iran suscitent des interrogations sur leur portée réelle. Le général Patrick Dutartre a d’ailleurs nuancé la capacité de l’Iran à se réarmer, tout en rappelant que Téhéran conservait des « stocks de missiles de croisière et balistiques », selon ses estimations.

Et maintenant ?

La signature de l’accord annoncé par Donald Trump reste suspendue à la validation finale de Téhéran, dont les dirigeants n’ont pas encore tranché, selon leurs propres déclarations. Si un cessez-le-feu intervient, les prochaines étapes pourraient inclure une réouverture progressive du détroit d’Ormuz et un assouplissement des sanctions économiques. En revanche, une reprise des hostilités n’est pas exclue, notamment en cas de désaccord persistant sur les termes de l’accord. Les marchés devraient continuer à réagir aux annonces diplomatiques, tandis que les populations civiles au Liban et en Israël resteront exposées aux risques des frappes et des représailles.

Ce vendredi 12 juin marque ainsi un tournant incertain dans un conflit qui a déjà profondément ébranlé la stabilité régionale et les équilibres économiques mondiaux.

Selon les déclarations de Donald Trump, l’accord inclurait l’élimination de l’uranium enrichi iranien, le démantèlement des infrastructures d’enrichissement, des limites à la production de missiles et la fin du soutien de l’Iran à ses groupes armés régionaux. Cependant, ces termes n’ont pas été officiellement confirmés par Téhéran, qui affirme ne pas encore avoir pris de décision finale.