Une athlète nigérienne paralympique, Hannah Babalola, s’est retrouvée dans l’incapacité de se rendre aux toilettes pendant un vol long courrier de KLM en mai 2026, après que la compagnie lui a refusé l’accès à un fauteuil roulant adapté. Selon BFM Business, cette situation a contraint la passagère, paralysée et en compétition en Afrique du Sud, à jeûner pendant près de onze heures pour éviter toute nécessité de se déplacer dans l’appareil.

Ce qu'il faut retenir

  • Hannah Babalola, athlète paralympique nigérienne, a vu son accès à un fauteuil roulant pour couloir d’avion refusé par KLM lors d’un vol entre Le Cap et Amsterdam le 26 mai 2026.
  • L’équipage a justifié ce refus par un prétendu risque lié aux turbulences, alors qu’un tel équipement lui avait été fourni sans difficulté à l’aller.
  • Contrainte de voyager assise, l’athlète a dû s’abstenir de manger et de boire pendant 11 heures pour éviter d’avoir besoin des toilettes.
  • KLM a présenté ses « sincères excuses » après cette affaire, tout en refusant de commenter les détails invoquant la vie privée des passagers et de l’équipage.
  • Babalola a déposé une plainte officielle et dénonce un manque de respect ainsi qu’une discrimination dans le traitement des personnes à mobilité réduite.
  • Cette affaire met en lumière les difficultés récurrentes rencontrées par les voyageurs handicapés, malgré les obligations légales en matière d’accessibilité.

Le 26 mai 2026, Hannah Babalola, 37 ans, paraplégique et athlète paralympique spécialisée dans la course en fauteuil, se trouvait dans une situation complexe après une compétition en Afrique du Sud. Alors qu’elle s’apprêtait à embarquer à bord d’un vol KLM à destination d’Amsterdam, avec une correspondance prévue pour Chicago, un membre de l’équipage lui a proposé l’usage d’un fauteuil roulant pour couloir d’avion. Selon BFM Business, ce type d’équipement, plus étroit qu’un fauteuil classique, est conçu pour permettre aux personnes à mobilité réduite de se déplacer jusqu’aux toilettes lors des vols long courriers.

Or, après une discussion avec le personnel de cabine et le commandant de bord, l’utilisation de ce fauteuil a finalement été refusée. Un membre d’équipage aurait justifié cette décision par un risque « trop dangereux en cas de turbulences », selon un enregistrement de la conversation obtenu par le quotidien britannique The Guardian. L’athlète a alors proposé des alternatives, comme une assistance pour se rendre aux toilettes sans fauteuil, mais l’équipage lui a finalement remis un « dernier avertissement écrit » du commandant de bord, l’accusant de « conduite inacceptable ».

« Je devais rentrer chez moi à Chicago, retrouver ma famille et aller travailler, et je ne pouvais pas descendre de l’avion », a déclaré Hannah Babalola à BFM Business. Malgré l’intervention de la sécurité, celle-ci a refusé d’intervenir. Contrainte de voyager assise dans un siège classique, la passagère a dû s’imposer un jeûne prolongé pour éviter tout besoin de se déplacer dans l’appareil. « Je me suis sentie obligée de ne rien manger ni boire pendant tout le vol, car je craignais d’avoir besoin d’aller aux toilettes et de ne pas pouvoir y accéder », a-t-elle expliqué. « J’ai passé une grande partie du vol à essayer de maîtriser mes émotions et je me suis mise à pleurer à cause de la façon dont j’avais été traitée. »

Dans un témoignage recueilli par BFM Business, Hannah Babalola a qualifié cette expérience d’« humiliante, pénible et dégradante ». Elle a souligné que la situation lui a causé « un inconfort physique et une détresse émotionnelle importants », tout en mettant en avant des « questions de discrimination et d’égalité de traitement ». « Tous les passagers, quel que soit leur handicap ou leur situation personnelle, méritent d’être traités avec dignité et respect », a-t-elle affirmé. La passagère a déposé une plainte officielle auprès de KLM, dont le service client a répondu reconnaître la « détresse ressentie » et a présenté ses excuses pour cette situation.

Interrogée par BFM Business, KLM a indiqué avoir présenté ses « sincères excuses » pour l’incident survenu lors du vol reliant Le Cap à Amsterdam. Un porte-parole de la compagnie a déclaré au Guardian : « Nous regrettons l’incident survenu avec l’un de nos passagers. Par respect pour la vie privée du passager et de notre équipage, nous estimons qu’il est inapproprié de commenter les détails de la situation. »

Le service client de KLM a également répondu à Hannah Babalola par écrit, reconnaissant que son témoignage « décrit une situation qui a dû être profondément bouleversante et perturbante, surtout compte tenu de ses besoins spécifiques en matière d’accessibilité ». La compagnie a ajouté avoir été « très préoccupée » par la détresse exprimée par l’athlète, sans pour autant fournir de détails supplémentaires sur les mesures prises pour éviter de tels incidents à l’avenir.

« Cette expérience a été humiliante, pénible et dégradante. La situation m'a causé un inconfort physique et une détresse émotionnelle importants. Je pense que la manière dont j'ai été traitée soulève de sérieuses questions de discrimination et d'égalité de traitement. » — Hannah Babalola

Cette affaire illustre une fois de plus les obstacles persistants rencontrés par les personnes à mobilité réduite lorsqu’elles voyagent en avion. Malgré les réglementations en vigueur, notamment au sein de l’Union européenne, les passagers handicapés signalent régulièrement des difficultés pour accéder à des équipements adaptés ou à une assistance adéquate. Les exemples de refus d’embarquement, de manque de sièges adaptés ou d’assistance insuffisante restent fréquents, comme l’a souligné l’athlète nigérienne.

Les associations de défense des droits des personnes handicapées rappellent que les compagnies aériennes sont tenues, selon le règlement européen 1107/2006, de fournir une assistance gratuite aux passagers à mobilité réduite. Cette assistance inclut l’accès à des fauteuils roulants pour couloir, ainsi qu’un accompagnement adapté pendant les phases d’embarquement et de débarquement. Pourtant, les témoignages comme celui de Babalola montrent que ces obligations ne sont pas toujours respectées en pratique.

Et maintenant ?

Hannah Babalola a déposé une plainte officielle auprès de KLM, mais aucune suite concrète n’a encore été rendue publique concernant une éventuelle sanction ou une modification des procédures internes de la compagnie. Une enquête interne pourrait être menée par les autorités néerlandaises de l’aviation civile, bien que le processus reste long et incertain. Cette affaire pourrait également relancer le débat sur l’application effective des réglementations en matière d’accessibilité aérienne, alors que les Jeux paralympiques de Paris 2024 approchent, rappelant l’importance de garantir des déplacements dignes et sécurisés pour tous.

Pour l’heure, KLM n’a pas communiqué sur d’éventuels changements dans ses protocoles d’assistance aux passagers à mobilité réduite. La compagnie a simplement indiqué avoir pris acte des remarques de Babalola et exprimé ses regrets. Reste à savoir si cette affaire entraînera une révision des pratiques ou si elle restera sans lendemain.

En Europe, le règlement européen 1107/2006 impose aux compagnies aériennes d’assurer une assistance gratuite aux passagers à mobilité réduite. Cela inclut l’accès à des fauteuils roulants pour couloir d’avion, un accompagnement adapté et un embarquement prioritaire. Les compagnies doivent également informer les passagers de leurs droits et former leur personnel à ces obligations.

La passagère peut déposer une plainte auprès de l’autorité nationale de l’aviation civile des Pays-Bas, ou saisir le Défenseur des droits si elle réside en France. Elle peut également engager une action en justice pour discrimination ou manquement aux obligations légales, avec le soutien d’associations comme l’APF France Handicap ou le Collectif pour une France accessible.