Les températures record et les conditions de sécheresse prolongée qui sévissent depuis le début de l’année 2026 ont déjà fait doubler la superficie des zones ravagées par les incendies à l’échelle mondiale. Selon Reporterre, plus de 150 millions d’hectares ont été réduits en cendres depuis janvier, un bilan deux fois supérieur à la moyenne enregistrée sur la même période ces dernières années.
Ce chiffre, dévoilé ce 12 mai par l’Organisation des Nations unies, confirme les craintes d’une « année sans précédent ». Les experts soulignent que cette dégradation s’inscrit dans un contexte global marqué par l’aggravation du dérèglement climatique. Les données onusiennes révèlent également que la fréquence des feux extrêmes a doublé ces vingt dernières années, une tendance directement liée à la hausse des températures et à la multiplication des épisodes de sécheresse.
Ce qu'il faut retenir
- 150 millions d’hectares de forêts et d’écosystèmes détruits depuis janvier 2026, soit le double de la moyenne des années précédentes.
- Les incendies « extrêmes » ont doublé en vingt ans en raison du dérèglement climatique, selon l’ONU.
- Les feux de 2026 s’inscrivent dans un contexte de sécheresse généralisée et de températures records.
- L’ONU alerte sur la possibilité d’une « année sans précédent » en matière de feux de forêt.
Un bilan déjà historique dès le printemps 2026
Les premiers mois de l’année 2026 ont été marqués par une intensification sans précédent des feux de forêt à travers le globe. D’après les chiffres communiqués par l’ONU, la surface incendiée depuis janvier dépasse désormais 150 millions d’hectares — un chiffre qui dépasse largement les moyennes historiques pour cette période de l’année. À titre de comparaison, la moyenne des vingt dernières années pour les quatre premiers mois se situait autour de 75 millions d’hectares.
Cette accélération brutale s’explique en grande partie par l’allongement des périodes de sécheresse et par des températures anormalement élevées pour la saison. Les experts climatiques rappellent que ces conditions favorisent la propagation rapide des feux, tout en réduisant la capacité des écosystèmes à se régénérer après un sinistre. « Nous pourrions nous diriger vers une année sans précédent », a déclaré un porte-parole de l’ONU, ajoutant que « cette tendance s’inscrit dans une dynamique de long terme ».
Des feux de plus en plus violents et incontrôlables
L’ONU met en garde contre une augmentation non seulement de la fréquence, mais aussi de l’intensité des incendies. Les feux « extrêmes », capables de se propager à des vitesses inégalées et de résister aux interventions humaines, représentent désormais la majorité des superficies brûlées. Ces phénomènes, autrefois rares, deviennent la norme dans de nombreuses régions du monde, des forêts boréales du Canada aux zones tropicales d’Amérique du Sud.
Les scientifiques soulignent que la hausse des températures moyennes de 1,1°C depuis l’ère préindustrielle a déjà multiplié par deux la probabilité de conditions météorologiques propices aux grands incendies. « Le lien entre dérèglement climatique et multiplication des feux est désormais établi », a rappelé un climatologue cité par Reporterre. Pour autant, les mécanismes de rétroaction — comme la libération de CO₂ par les feux, qui aggrave à son tour le réchauffement — restent un sujet d’étude prioritaire pour les chercheurs.
« Nous pourrions nous diriger vers une année sans précédent. »
— Porte-parole de l’Organisation des Nations unies
Des régions entières sous haute tension
Plusieurs continents sont particulièrement touchés par cette vague d’incendies. En Europe du Sud, les pays méditerranéens font face à des feux précoces et dévastateurs, tandis que l’Amérique du Nord enregistre des départs de feu records dans ses forêts boréales. En Asie du Sud-Est, les incendies liés à la déforestation et aux pratiques agricoles sur brûlis s’ajoutent aux feux naturels, aggravant la crise.
En Afrique, la situation n’est pas moins alarmante : les feux de savane, souvent sous-estimés, contribuent à une dégradation accélérée des sols et à une perte de biodiversité. Les autorités locales et les ONG environnementales multiplient les appels à une coordination internationale renforcée, faute de quoi la gestion de ces catastrophes pourrait échapper à tout contrôle. « La capacité de réponse des États est mise à rude épreuve », a indiqué un responsable de l’ONU, rappelant que les ressources humaines et matérielles restent limitées face à l’ampleur des sinistres.
Si les records de 2026 devaient se confirmer, ils marqueraient un tournant dans la gestion des risques naturels liés au climat. Reste à savoir si les États et les organisations internationales parviendront à anticiper ces catastrophes plutôt qu’à seulement les subir.
Les incendies de 2026 battent tous les records en termes de superficie brûlée, avec plus de 150 millions d’hectares détruits depuis janvier. Cette situation s’explique par des températures record et une sécheresse prolongée, directement liées au dérèglement climatique. L’ONU évoque même la possibilité d’une « année sans précédent » en matière de feux de forêt.