Alors que les premiers effets d’un épisode El Niño d’intensité marquée se profilent pour la seconde moitié de l’année 2026, plusieurs experts et agences internationales tirent la sonnette d’alarme. Mardi 12 mai, ces scientifiques ont rappelé, dans un appel publié par Le Monde, que le phénomène naturel ne doit pas occulter l’urgence climatique globale, déjà en phase d’accélération.
Ce qu'il faut retenir
- Plusieurs agences et experts lancent un avertissement le 12 mai 2026 sur la priorité accordée à El Niño au détriment des enjeux climatiques structurels.
- Le retour d’El Niño, prévu pour la fin 2026, risque d’aggraver des phénomènes climatiques déjà exacerbés par le réchauffement global.
- Les températures moyennes mondiales pourraient atteindre des niveaux records dans les mois à venir, selon les projections.
- Les scientifiques soulignent que la concentration de CO₂ dans l’atmosphère continue d’augmenter, malgré les engagements internationaux.
El Niño et réchauffement climatique : deux crises qui s’entremêlent
Le phénomène El Niño, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le Pacifique équatorial, influence directement les régimes climatiques à l’échelle mondiale. Selon les prévisions de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), cet épisode, attendu à partir de l’automne 2026, devrait être d’une intensité comparable à celui de 2015-2016. El Niño 2026 pourrait ainsi contribuer à une hausse supplémentaire de 0,2 à 0,3 °C des températures moyennes mondiales, selon les estimations du service météorologique britannique (Met Office).
Cependant, comme le souligne Le Monde, ce phénomène naturel ne doit pas servir de paravent aux problèmes structurels liés au réchauffement climatique. « El Niño n’est qu’un amplificateur temporaire d’une tendance de fond bien plus inquiétante », a déclaré Petra Tschakert, climatologue à l’Université d’Australie-Occidentale. L’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère reste le principal moteur de cette dynamique.
Des records de température déjà anticipés
Les projections climatiques pour 2026 laissent entrevoir des températures moyennes mondiales inédites. D’après le Met Office, il existe une probabilité de plus de 90 % pour que cette année figure parmi les cinq plus chaudes jamais enregistrées. Pour la première fois, la barre des 1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle pourrait être franchie en moyenne annuelle, un seuil symbolique souligné par l’Accord de Paris.
Cette situation s’inscrit dans un contexte où les concentrations de CO₂ ont atteint un nouveau record en 2025, avec une moyenne annuelle dépassant 425 parties par million (ppm), selon les relevés de l’observatoire de Mauna Loa. Les scientifiques rappellent que même en période d’El Niño, les émissions anthropiques de gaz à effet de serre restent le facteur dominant.
« On observe une tendance inquiétante : chaque épisode El Niño est désormais accompagné de températures record, mais les efforts pour réduire les émissions restent insuffisants », a précisé Friederike Otto, climatologue à l’Imperial College de Londres. « Nous devons agir sur les deux fronts : anticiper les impacts d’El Niño et accélérer la transition énergétique ».
Un appel à ne pas relâcher les efforts de réduction des émissions
L’alerte lancée par les scientifiques s’adresse aussi bien aux gouvernements qu’à l’opinion publique. Les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris, bien que renforcés lors de la COP28 en 2023, peinent à se traduire par des actions concrètes. Seuls 24 des 195 signataires ont soumis des plans de réduction ambitieux, selon un rapport de l’ONU publié en mars 2026.
Face à cette inertie, plusieurs agences internationales appellent à une mobilisation accrue. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a ainsi rappelé que les subventions aux énergies fossiles, estimées à 7 000 milliards de dollars en 2025, continuent de freiner la transition vers les énergies renouvelables.
Les prochains mois seront donc cruciaux pour évaluer la capacité des États à concilier gestion des risques climatiques immédiats et lutte contre le réchauffement à long terme. En attendant, les citoyens et les entreprises sont invités à maintenir la pression sur les décideurs politiques.
El Niño amplifie les effets du réchauffement climatique en perturbant les régimes de précipitations et en élevant les températures mondiales. Il peut entraîner des vagues de chaleur plus intenses, des sécheresses prolongées ou des pluies diluviennes, selon les régions. Son retour en 2026 risque ainsi d’aggraver des phénomènes déjà exacerbés par l’accumulation de gaz à effet de serre.