Les chiffres officiels publiés par le gouvernement japonais révèlent une hausse sans précédent du nombre d’ours abattus sur l’archipel. Selon Ouest France, plus de 14 000 spécimens ont été tués au cours de l’exercice fiscal 2025-2026, qui s’est achevé fin mars. Ce bilan dépasse largement les précédents records et soulève des questions sur la gestion des populations ursines dans le pays.
Ce qu'il faut retenir
- Un total de 14 000 ours abattus en un an, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré au Japon.
- Cette hausse s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de régulation des populations ursines, jugées parfois invasives ou dangereuses.
- Les données préliminaires du gouvernement nippon confirment cette tendance, sans encore détailler les méthodes utilisées.
- Les régions montagneuses du pays, comme Hokkaido ou les Alpes japonaises, sont particulièrement concernées.
- Les associations de protection animale dénoncent depuis des années l’impact de ces abattages sur la biodiversité locale.
Un record qui interroge les autorités
Les autorités japonaises justifient ces abattages par la nécessité de protéger les populations locales des attaques d’ours, ainsi que par la gestion des conflits entre humains et animaux sauvages. « La cohabitation avec les ours devient de plus en plus complexe dans certaines régions », a indiqué un porte-parole du ministère de l’Environnement à Ouest France. Les données, encore préliminaires, ne précisent pas encore la répartition exacte des espèces concernées, mais les ours bruns et noirs japonais sont les plus fréquemment cités dans les rapports officiels.
Ce chiffre record s’ajoute à une tendance de fond : depuis cinq ans, le nombre d’ours abattus chaque année oscille entre 10 000 et 12 000, selon les statistiques gouvernementales. Cette année marque donc une accélération brutale, que les observateurs attribuent en partie aux conditions climatiques exceptionnelles des derniers mois. Les hivers doux et les étés précoces ont en effet favorisé la prolifération des ours, augmentant les risques de rencontres dangereuses avec les humains.
Des méthodes de régulation sous le feu des critiques
Si le gouvernement défend une approche « équilibrée » pour limiter les conflits, les associations de défense animale dénoncent une politique trop répressive. « Ces abattages massifs ne résolvent pas le problème de fond, qui est souvent lié à la destruction des habitats naturels des ours », a réagi un représentant de l’ONG japonaise Animal Rights Center. Les opposants à cette pratique rappellent que le Japon compte parmi les pays les plus urbanisés au monde, où la pression sur les espaces sauvages ne cesse de croître.
Les données publiées par Ouest France ne précisent pas si des alternatives à l’abattage, comme le déplacement des animaux ou la pose de clôtures, ont été mises en place. Pourtant, certaines préfectures japonaises ont déjà testé des solutions innovantes, comme l’utilisation de drones pour surveiller les populations ursines ou la distribution de répulsifs naturels dans les zones à risque.
Un impact environnemental encore mal évalué
La question de l’impact écologique de ces abattages reste en suspens. Les ours jouent un rôle clé dans l’écosystème japonais, notamment en dispersant les graines et en régulant d’autres populations animales. « La disparition massive de ces prédateurs pourrait avoir des conséquences imprévisibles sur la biodiversité », a averti un biologiste de l’Université de Tokyo, cité par Ouest France. Pourtant, aucune étude officielle n’a encore été rendue publique pour évaluer les effets à long terme de cette politique.
Les défenseurs de l’environnement pointent également le manque de transparence des autorités. Les chiffres avancés par le gouvernement sont en effet des données préliminaires, et il faudra attendre plusieurs mois avant que les rapports définitifs ne soient publiés. Entre-temps, les associations appellent à une mobilisation citoyenne pour exiger plus d’informations et une révision des méthodes utilisées.
Une chose est sûre : avec plus de 14 000 ours abattus en un an, le Japon bat un record qui ne manquera pas de relancer le débat sur la place de la faune sauvage dans un pays en pleine mutation écologique et urbaine.
D’après les données préliminaires du gouvernement japonais, les abattages concernent principalement l’ours brun (Ursus arctos) et l’ours noir d’Asie (Ursus thibetanus), deux espèces natives de l’archipel. Aucune distinction précise n’est encore disponible dans les chiffres publiés.