L’inflation en Espagne a marqué une nouvelle stabilité en mai, s’établissant à 3,2 % sur un an pour le troisième mois consécutif. Selon les données définitives de l’Institut national de la statistique (INE), publiées ce 12 juin 2026, l’indice des prix à la consommation (IPC) confirme ainsi les premières estimations de fin mai. Ce niveau, supérieur à la barre des 3 % depuis trois mois, reflète les tensions persistantes sur les prix de l’énergie, directement liées au conflit en Iran.
Ce qu'il faut retenir
- L’IPC espagnol atteint 3,2 % en mai, stable pour le troisième mois consécutif, selon les données définitives de l’INE.
- L’inflation sous-jacente, hors énergie et produits alimentaires frais, atteint 3 %, un niveau supérieur aux prévisions initiales.
- Les transports et les forfaits touristiques tirent l’inflation vers le haut, tandis que l’habillement et l’alimentation freinent la hausse.
- Le gouvernement espagnol attribue la stabilité des prix à son « bouclier renouvelable » et estime que son plan anticrise a réduit l’inflation d’un point de pourcentage.
- L’IPC harmonisé, comparable à celui des autres pays de l’UE, s’établit à 3,6 % en glissement annuel.
Une inflation sous l’influence des tensions géopolitiques
Le maintien de l’inflation à 3,2 % en mai s’inscrit dans un contexte marqué par la volatilité des prix de l’énergie, directement impactés par la guerre en Iran. Après avoir atteint des pics historiques fin 2025, les cours du pétrole et du gaz restent instables, ce qui pèse sur les coûts de production et de transport en Espagne. « Les trois derniers mois au-dessus de 3 % reflètent cette pression durable sur les prix de l’énergie », a indiqué un porte-parole de l’INE. En rythme mensuel, l’IPC n’a progressé que de 0,1 % en mai, soit un ralentissement par rapport à avril (+0,4 %).
Les postes qui tirent ou freinent l’inflation
Parmi les facteurs ayant contribué à la hausse de l’inflation figurent principalement les transports et les activités de loisirs, de sport et de culture. La hausse des forfaits touristiques, moins en baisse qu’en mai 2025, a exercé une pression supplémentaire sur l’indice. « Les voyages organisés ont moins reculé que l’an dernier, ce qui a maintenu une inflation résiduelle », précise le rapport de l’INE. À l’inverse, certains secteurs ont joué un rôle de modérateur. C’est notamment le cas de l’habillement et des chaussures, dont l’inflation annuelle a ralenti à 2,2 %, ainsi que de l’alimentation et des boissons non alcoolisées, dont l’inflation est passée de 2,6 % à 2,2 % en un mois. Cette baisse s’explique par la chute des prix des fruits, légumes, légumineuses et pommes de terre.
L’inflation sous-jacente, un indicateur scruté de près
L’indice d’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et les produits alimentaires frais, a atteint 3 % en mai, soit 0,1 point de plus que les premières estimations. Ce niveau, supérieur de 0,2 point à celui d’avril, confirme la persistance des tensions inflationnistes hors produits volatils. L’IPC harmonisé, utilisé pour comparer les économies européennes, s’est établi à 3,6 % sur un an, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne de la zone euro. Cette divergence s’explique en partie par la dépendance de l’Espagne à certains produits importés, dont les prix restent sensibles aux perturbations géopolitiques.
Le gouvernement mise sur son bouclier anticrise
Face à cette situation, l’exécutif espagnol a défendu l’efficacité de ses mesures, notamment le « bouclier renouvelable », un dispositif visant à limiter l’impact des hausses de prix sur les ménages. Selon les autorités, ce plan aurait permis de réduire l’inflation globale d’un peu plus d’un point de pourcentage depuis son lancement. « Nos actions ont permis d’amortir le choc énergétique et de protéger le pouvoir d’achat », a affirmé un membre du gouvernement. Dans les deux prochaines semaines, des réunions sont prévues avec les secteurs de l’énergie, de l’agroalimentaire et de l’industrie afin d’évaluer l’impact persistant du conflit au Moyen-Orient et d’ajuster, si nécessaire, les dispositifs de soutien.
Cette stabilité relative ne doit pas occulter les défis structurels auxquels l’Espagne reste confrontée. La dépendance aux importations d’énergie, la fragilité de certains secteurs industriels et la nécessité de moderniser les infrastructures logistiques pourraient, à moyen terme, peser sur la maîtrise des prix. Autant dire que le maintien de l’inflation sous la barre des 3 % dépendra largement de l’évolution du conflit en Iran et de la capacité des pouvoirs publics à anticiper les chocs externes.
Le « bouclier renouvelable » est un ensemble de mesures mises en place par le gouvernement espagnol pour limiter l’impact des hausses de prix sur les ménages et les entreprises. Il comprend notamment des subventions sur les factures d’énergie, des aides ciblées pour les ménages modestes et des exonérations fiscales temporaires sur certains produits de première nécessité. Selon les autorités, ce dispositif aurait permis de réduire l’inflation globale d’un point de pourcentage depuis son lancement.