L’Iran a prévenu, mercredi 13 mai 2026, qu’il pourrait enrichir son uranium à un niveau proche de celui nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire, soit 90%, « en cas d’attaque renouvelée » contre ses installations. Cette déclaration, rapportée par BMF - International, intervient dans un contexte de tensions persistantes avec les États-Unis et leurs alliés, alors que les discussions diplomatiques peinent à aboutir.

Selon la même source, cette escalade des menaces survient alors que les négociations internationales pour un cessez-le-feu durable dans la région restent dans l’impasse. Téhéran justifie cette posture par la volonté de « se protéger » face à des opérations militaires répétées, évoquant notamment des frappes récentes contre ses sites nucléaires et des cyberattaques attribuées à Washington.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Iran menace d’enrichir son uranium à 90%, seuil proche de celui requis pour une arme nucléaire, « en cas d’attaque renouvelée » contre ses installations.
  • Cette annonce intervient dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis et leurs alliés, alors que les négociations diplomatiques sont au point mort.
  • Téhéran accuse Washington et ses partenaires de mener des opérations militaires et des cyberattaques contre ses infrastructures.
  • Les discussions pour un cessez-le-feu durable dans la région restent bloquées, selon BMF - International.
  • La France et d’autres acteurs internationaux tentent de désamorcer la crise, notamment via une initiative à l’ONU concernant la sécurité du détroit d’Ormuz.

Une menace nucléaire comme réponse à l’escalade militaire

Dans une déclaration officielle, un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué que son pays « n’a d’autre choix que de durcir sa position » face aux « agressions répétées » dont il se dit victime. « Si nos installations sont de nouveau ciblées, nous procéderons à un enrichissement à 90% sans hésitation », a-t-il précisé. Ce seuil, bien que techniquement distinct du seuil militaire (93-95%), reste largement supérieur au niveau actuel de 60% atteint par Téhéran depuis 2024, et bien au-delà des 3,67% autorisés par l’accord nucléaire de 2015.

Cette rhétorique s’inscrit dans une stratégie de dissuasion mise en place par les autorités iraniennes depuis plusieurs mois. Depuis le retrait américain de l’accord de Vienne en 2018, l’Iran a progressivement réduit ses engagements, relançant ses activités d’enrichissement et multipliant les exercices militaires en mer et dans le détroit d’Ormuz, artère vitale pour le transport du pétrole.

Tensions régionales et diplomatie en échec

La menace iranienne intervient alors que les relations entre Téhéran et Washington n’ont cessé de se dégrader depuis le début de l’année. Donald Trump, revenu à la présidence américaine en janvier 2026, a multiplié les déclarations belliqueuses envers l’Iran, accusant ce dernier de « déstabiliser la région » et de soutenir des groupes armés comme le Hezbollah ou les Houthis au Yémen.

Selon BMF - International, une opération militaire américaine pourrait être envisagée si le cessez-le-feu actuel, entré en vigueur en avril 2026, venait à échouer. Des sources citées par NBC News évoquent même la possibilité de frappes ciblées contre les sites d’enrichissement d’uranium iraniens, une perspective qui a immédiatement suscité une réaction ferme de Téhéran. « Toute attaque contre nos installations sera considérée comme un acte de guerre », a averti le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’un discours retransmis par les médias d’État.

Le détroit d’Ormuz, nouvelle ligne de front

Parallèlement aux tensions nucléaires, la question de la sécurité du détroit d’Ormuz, par lequel transite près du tiers du trafic maritime mondial de pétrole, reste un point de crispation majeur. L’Iran, qui contrôle l’accès à cette voie stratégique depuis le détroit d’Ormuz jusqu’au golfe Persique, a multiplié les exercices militaires dans la zone, simulant des blocages et des attaques contre des navires étrangers.

Face à cette situation, la France a annoncé vouloir présenter une « initiative » à l’ONU pour proposer l’envoi d’une mission « neutre » chargée de garantir la liberté de navigation dans la région. Emmanuel Macron a confirmé cette démarche lors d’une conférence de presse, soulignant que « la stabilité du détroit d’Ormuz est une priorité absolue pour l’Europe et la communauté internationale ». Une telle mission, si elle voit le jour, pourrait s’inspirer des forces de protection maritime déployées dans le golfe d’Aden contre la piraterie.

Cependant, cette proposition se heurte à l’opposition de plusieurs pays, dont les États-Unis, qui refusent toute ingérence internationale dans la région et privilégient une approche bilatérale avec leurs alliés du Golfe.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront cruciales pour éviter une escalade incontrôlable. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est prévue vendredi 15 mai à New York, à l’initiative de la France et de l’Allemagne. Son objectif : trouver un compromis permettant de relancer les négociations et d’éviter une nouvelle crise militaire. Dans le même temps, les discussions entre Donald Trump et son homologue chinois, Xi Jinping, prévues à Pékin ce week-end, pourraient jouer un rôle clé dans la désescalade. Pékin, qui entretient des relations économiques étroites avec Téhéran, pourrait servir de médiateur, bien que son influence réelle reste à prouver.

Si l’Iran maintient sa posture de fermeté, la communauté internationale pourrait se diviser entre partisans d’une ligne dure et ceux prônant la reprise du dialogue. Une chose est sûre : la fenêtre de tir pour éviter une nouvelle escalade se referme rapidement.

Un enrichissement à 90% signifie que l’uranium est suffisamment concentré pour être utilisé dans la fabrication d’une arme nucléaire, alors qu’à 60%, il reste à usage civil (réacteurs, recherche). Le seuil de 3,67% est le maximum autorisé par l’accord de 2015. Autant dire que le passage de 60% à 90% représenterait une avancée technologique majeure pour l’Iran.