Selon nos confrères du Monde, l’Observatoire des sciences et techniques (OST) révèle un décrochage progressif de la France dans six indicateurs clés de la recherche scientifique mondiale entre 2005 et 2024. Ces critères reposent sur les publications et les citations d’articles dans des revues à comité de lecture, des données qui reflètent à la fois la productivité et l’influence des travaux français à l’échelle internationale.
Ce qu'il faut retenir
- Entre 2005 et 2024, la France a perdu du terrain dans six indicateurs scientifiques majeurs, selon l’Observatoire des sciences et techniques.
- Ces indicateurs combinent le nombre de publications et leur impact via les citations dans des revues internationales.
- Le recul concerne à la fois la quantité des publications et leur visibilité relative face aux autres pays.
- Cette tendance s’inscrit dans un contexte de forte concurrence internationale, notamment avec l’Allemagne et la Chine.
Une érosion mesurable sur deux décennies
L’étude de l’OST, publiée ce jour, souligne que la France a reculé de manière continue sur près de vingt ans. Parmi les six indicateurs analysés, certains montrent une baisse de plusieurs points de pourcentage. « Le nombre de publications françaises a progressé, mais moins vite que la moyenne mondiale », a précisé un responsable de l’Observatoire, cité par Le Monde. Autrement dit, côté dynamique, la France a du mal à suivre le rythme des autres grandes nations scientifiques.
Les données révèlent également une diminution de l’impact des publications françaises. « Le ratio citations/parution a baissé, ce qui signifie que les travaux français sont moins cités que par le passé », a-t-il ajouté. Cette tendance est d’autant plus préoccupante qu’elle s’accompagne d’une montée en puissance des publications venues d’Asie et d’Amérique du Nord, où les investissements en recherche et développement explosent.
Un contexte international de plus en plus concurrentiel
Côté..., la France n’est pas la seule à subir cette érosion relative. Plusieurs pays européens, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, parviennent à maintenir leur position grâce à des stratégies ciblées. En revanche, la Chine et les États-Unis, qui représentent désormais plus de 40 % des publications mondiales, creusent l’écart. « La compétition est féroce, et les budgets alloués à la recherche ne suffisent plus à compenser un manque de structuration », a analysé un expert en politiques scientifiques.
Les secteurs les plus touchés par ce recul concernent notamment les sciences de la vie et les technologies avancées. « Dans ces domaines, où l’innovation est rapide, les retards d’investissement se paient cash », a-t-il ajouté. Bref, autant dire que la France risque de perdre des parts de marché dans des secteurs stratégiques si rien ne change.
« La recherche française reste de qualité, mais son positionnement global se dégrade. Il faut inverser cette tendance avant que les effets ne deviennent irréversibles. »
— Un chercheur de l’OST, interrogé par Le Monde
Pour rappel, l’Observatoire des sciences et techniques publie chaque année un rapport sur la place de la France dans la recherche internationale. Les prochains résultats, attendus en 2027, permettront d’évaluer l’efficacité des mesures prises d’ici là.
D'après le rapport de l'OST, il s'agit du nombre total de publications, du nombre de publications par chercheur, du taux de citations, de l'impact des revues dans lesquelles sont publiés les articles, de la part des publications en collaboration internationale et enfin de la proportion des publications classées parmi les 10 % les plus citées.