EDF a annoncé ce mercredi la relance totale des six réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord, après leur arrêt mi-août en raison d’un afflux massif de méduses. Selon nos confrères de BFM Business, l’unité de production n°4, reconnectée au réseau lundi à 03h00, marque la fin de cette indisponibilité environnementale qui avait touché plusieurs sites français cet été.

Ce qu'il faut retenir

  • Le réacteur n°4 de Gravelines, arrêté le 10 août, a été reconnecté lundi 1er septembre à 03h00, suivi du n°3 mardi 2 septembre à 02h00 et du n°6 vendredi 29 août à 02h30.
  • Cinq des six réacteurs sont désormais en fonctionnement ; le n°5 reste à l’arrêt pour maintenance.
  • Cet épisode s’inscrit dans un record d’indisponibilités environnementales pour EDF cet été, avec jusqu’à 13 réacteurs arrêtés le 12 août.
  • La production nucléaire française a été réduite de 3 % en juin et 6 % en juillet, sans impact sur l’approvisionnement du pays, toujours exportateur d’électricité.

Une centrale à nouveau opérationnelle après trois semaines d’arrêt

La centrale nucléaire de Gravelines, située dans le département du Nord, est la plus grande d’Europe occidentale. Elle avait vu ses réacteurs n°2, n°3 et n°4 arrêtés en août en raison de l’arrivée massive de méduses sur le littoral. Selon les données communiquées par EDF, le réacteur n°4 a été le dernier à être relancé, lundi matin, clôturant ainsi un épisode qui avait duré près de trois semaines.

Le réacteur n°3, déconnecté le 26 août, a été redémarré mardi à 02h00, tandis que le n°6, arrêté en même temps que le n°3, avait déjà repris du service vendredi à 02h30. Seul le n°5 reste à l’arrêt pour une maintenance programmée, précise l’énergéticien. Cinq des six réacteurs sont désormais en service, assurant une production stable pour le réseau électrique national.

Un été marqué par des records d’indisponibilités environnementales

Cet épisode à Gravelines s’inscrit dans une série d’indisponibilités subies par le parc nucléaire français cet été. Selon nos confrères de BFM Business, jusqu’à 13 réacteurs étaient à l’arrêt le 12 août, représentant 20,4 % des capacités de production. Parmi eux, huit étaient totalement à l’arrêt (Bugey 3, Cattenom 1, Chooz 1 et 2, Golfech 2, Gravelines 2, 3 et 4), tandis que cinq fonctionnaient en sous-régime (Saint-Alban 2, Tricastin 1 et 4, Gravelines 1 et 6).

Outre Gravelines, les autres sites concernés par des réductions de production l’étaient en raison de la hausse des températures des fleuves ou de la baisse de leur débit, des contraintes liées à la préservation de l’environnement et de la biodiversité. La France, qui produit environ 70 % de son électricité via le nucléaire, dispose de 57 réacteurs tous situés en bord de fleuve ou de mer pour permettre leur refroidissement.

Un phénomène saisonnier aggravé par le changement climatique

Les arrivées massives de méduses sur le littoral nordiste sont un phénomène récurrent en été, mais leur fréquence et leur intensité semblent s’accentuer ces dernières années. Un expert interrogé par l’AFP début août avait souligné que

« la présence de grands bancs de méduses dans ce secteur devient plus fréquente, en raison de nombreux facteurs, dont certains influencés par le changement climatique »
.

Cette tendance avait déjà conduit EDF à arrêter plusieurs réacteurs en août 2025, un scénario similaire à celui de cette année. Les indisponibilités environnementales, bien que coûteuses pour l’exploitant, n’ont pas eu d’impact sur la sécurité d’approvisionnement en électricité du pays. La France, largement exportatrice d’électricité, continue de couvrir sa consommation et de vendre son surplus à ses voisins européens, avec un volume équivalent à celui de « plus d’une dizaine de réacteurs nucléaires » selon EDF.

Et maintenant ?

Pour les prochaines semaines, EDF devra surveiller l’évolution des conditions environnementales, notamment l’afflux de méduses et les températures des cours d’eau. Aucune indisponibilité majeure n’est actuellement anticipée, mais la vigilance reste de mise face aux aléas climatiques. La centrale de Gravelines, pleinement opérationnelle, devrait contribuer à la stabilité du réseau électrique français dans les mois à venir.

Cet épisode rappelle, une fois encore, la vulnérabilité des installations nucléaires face aux perturbations environnementales. Avec le changement climatique, les épisodes de canicule et de sécheresse pourraient se multiplier, obligeant EDF à adapter sa gestion de production. Reste à voir si ces contraintes deviendront structurelles ou resteront des anomalies ponctuelles.

Les centrales nucléaires, comme celle de Gravelines, prélèvent de l’eau de mer ou fluviale pour refroidir leurs réacteurs. Les méduses, en s’agglomérant dans les circuits de refroidissement, peuvent obstruer les prises d’eau et perturber le fonctionnement des installations, obligeant EDF à arrêter temporairement les réacteurs pour éviter tout risque de surchauffe.