Bruxelles réagit aux pressions économiques imposées par la Russie à l’Arménie, qui multiplie les signes de rapprochement avec l’Union européenne. Selon BFM Business, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé jeudi 4 juin 2026 un plan d’aide économique d’un montant initial de 50 millions d’euros pour soutenir Erevan. Cette initiative intervient alors que Moscou intensifie ses restrictions commerciales contre l’Arménie, qualifiées de « coercition économique » par Bruxelles.
Ce qu'il faut retenir
- La Commission européenne alloue 50 millions d’euros à l’Arménie pour contrer les pressions russes, selon BFM Business.
- Moscou menace de suspendre ses livraisons de gaz et de pétrole à bas prix si Erevan poursuit son processus d’adhésion à l’UE.
- En 2025, l’Arménie a importé 2,7 milliards de mètres cubes de gaz, dont 82 % provenaient de Russie, selon Interfax.
- Le scrutin législatif arménien du 7 juin 2026 est marqué par une forte opposition entre pro-russes et pro-occidentaux, avec Nikol Pachinian favori.
Une coercition économique qualifiée d’inacceptable par Bruxelles
Lors d’un entretien avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, Ursula von der Leyen a dénoncé sans équivoque les restrictions russes. « Il s’agit ni plus ni moins d’une forme de coercition économique, ce qui est inacceptable », a-t-elle déclaré, soulignant que l’Europe ne resterait pas inactive face à cette stratégie. « En étendant les restrictions à l’exportation sur les produits arméniens, Moscou utilise les relations économiques comme une arme pour exercer une pression politique. Nous ne connaissons que trop bien ce scénario. C’est pourquoi l’Europe se tient fermement aux côtés de l’Arménie », a-t-elle ajouté.
Ces déclarations interviennent après que la Russie a prévenu Erevan que ses accords sur les livraisons de gaz et de pétrole à tarifs préférentiels seraient suspendus ou résiliés si le pays persévérait dans sa démarche d’adhésion à l’UE. Une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a confirmé cette position mercredi 3 juin, tout en affirmant que Moscou entretenait un dialogue constructif avec l’Arménie.
L’Arménie, prise entre deux feux géopolitiques
Pays enclavé du Caucase de 3 millions d’habitants, l’Arménie entretient depuis des décennies des liens étroits avec la Russie, notamment sur le plan militaire et énergétique. Le pays abrite des bases militaires russes et dépend à 82 % de Moscou pour son approvisionnement en gaz, comme l’a révélé l’agence Interfax. Pourtant, ces dernières années, Erevan a progressivement orienté sa politique vers l’Occident, cherchant à renforcer ses liens avec Bruxelles et Washington.
Cette orientation a été formalisée en 2025 avec l’adoption d’une loi engageant le processus d’adhésion à l’UE. Un choix qui a irrité Moscou, lequel a récemment accusé l’Arménie de s’inscrire dans une « orbite anti-russe » sous l’influence de l’Union européenne. Maria Zakharova a ainsi indiqué que la Russie s’interrogeait sur les projets stratégiques d’Erevan, tout en affirmant que le dialogue entre les deux pays restait possible.
« En étendant les restrictions à l’exportation sur les produits arméniens, Moscou utilise les relations économiques comme une arme pour exercer une pression politique. »
Un scrutin législatif sous haute tension le 7 juin
Le 7 juin 2026, les Arméniens sont appelés à renouveler leur Parlement dans un contexte de forte polarisation. Nikol Pachinian, Premier ministre pro-occidental et allié du président américain Donald Trump, est donné largement favori par les sondages face à ses adversaires pro-russes. Sa victoire pourrait accélérer le processus d’adhésion à l’UE, tout en exacerbant les tensions avec Moscou.
Dans ce contexte, Bruxelles espère que son plan d’aide économique permettra de stabiliser la situation en Arménie. « L’Europe se tient fermement aux côtés de l’Arménie », a réaffirmé Ursula von der Leyen, sans pour autant préciser si d’autres mesures pourraient suivre. Pour l’instant, le montant de 50 millions d’euros reste une première réponse à une crise aux multiples facettes.
Sur le plan politique, tout dépendra des résultats du vote de dimanche. Une victoire de Pachinian confirmerait l’ancrage occidental de l’Arménie, tandis qu’un succès des partis pro-russes pourrait relancer les négociations avec Moscou. Dans les deux cas, les prochaines semaines s’annoncent décisives pour l’avenir géopolitique du pays.
Moscou utilise les livraisons d’énergie comme levier de pression politique. Selon BFM Business, la Russie a averti Erevan que ses accords sur le gaz et le pétrole à tarifs préférentiels seraient suspendus ou résiliés si l’Arménie poursuivait son processus d’adhésion à l’Union européenne. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de coercition économique pour dissuader Erevan de se rapprocher de Bruxelles.
La Commission européenne a annoncé un plan d’aide initial de 50 millions d’euros pour soutenir l’économie arménienne face aux pressions russes. Selon Ursula von der Leyen, ces fonds visent à atténuer l’impact des restrictions commerciales imposées par Moscou et à renforcer la résilience économique du pays. Les détails sur l’utilisation précise de ces fonds n’ont pas encore été précisés.