Les militants du parti Europe Écologie Les Verts (EELV) sont appelés à voter d’ici la fin de la semaine sur une motion visant à renforcer la discipline interne. Selon Libération, cette proposition, portée par la secrétaire nationale Marine Tondelier, prévoit d’exclure tout adhérent qui se présenterait contre un candidat investi par le parti ou qui soutiendrait un autre candidat que celui désigné officiellement. Une initiative qui cristallise les tensions au sein de la formation écologiste.
Ce qu'il faut retenir
- Une motion portée par Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, propose d’exclure les adhérents qui ne respecteraient pas la discipline de vote interne.
- La proposition vise notamment à sanctionner ceux qui se présenteraient contre un candidat investi par le parti ou soutiendraient un autre candidat.
- Cette initiative est vivement critiquée par une partie des militants, dont Yannick Jadot et François Rousse, qui y voient une tentative de museler les dissensions internes.
- Le vote des militants, organisé dans les prochains jours, pourrait profondément modifier les règles de fonctionnement du parti.
Une réforme perçue comme une atteinte à la liberté de candidature
La motion présentée par Marine Tondelier s’inscrit dans un contexte de divisions persistantes au sein d’EELV. Selon Libération, elle vise à « clarifier » les règles internes en matière d’investiture, un sujet récurrent de tensions entre les différentes tendances du parti. Jusqu’à présent, les candidats dissidents pouvaient se présenter contre un candidat officiel, quitte à être exclus après coup. La nouvelle proposition durcit cette approche en instaurant une exclusion automatique pour tout adhérent ne respectant pas la consigne de vote.
Pour ses partisans, cette réforme est nécessaire pour éviter les divisions publiques qui affaiblissent le parti lors des élections. « Un parti n’est pas une caserne, mais pas un self-service non plus », avait déclaré Marine Tondelier en mai dernier pour justifier cette initiative. Une formule qui résume l’argument central : EELV doit afficher une unité minimale pour peser politiquement, surtout à l’approche des prochaines échéances électorales.
Jadot et Rousse montent au créneau contre la motion
Les opposants à la motion, parmi lesquels figurent deux figures majeures du parti, Yannick Jadot et François Rousse, dénoncent une « dérive autoritaire ». Selon eux, cette réforme risque de transformer EELV en un parti monolithique, où toute dissidence serait immédiatement sanctionnée. « On ne peut pas imposer une discipline de fer sans étouffer la démocratie interne », a réagi Yannick Jadot auprès de Libération. François Rousse, quant à lui, a souligné que cette motion « va à l’encontre de l’esprit même des Verts, qui se veulent un parti ouvert et pluraliste ».
Ces critiques s’ajoutent à celles d’une partie de la base militante, qui craint que cette réforme ne renforce le contrôle des instances dirigeantes sur les adhérents. Certains y voient une tentative de marginaliser les courants les plus critiques envers la ligne officielle du parti.
Un vote décisif pour l’avenir du parti
Le scrutin, organisé en ligne, devrait mobiliser l’ensemble des quelque 15 000 adhérents d’EELV. D’après Libération, le résultat pourrait être serré, les deux camps s’affrontant sur des arguments opposés. Pour les partisans de la motion, elle permettrait d’éviter des situations comme celle de 2022, lorsque Yannick Jadot et Yannick Moreau s’étaient affrontés lors de la primaire présidentielle, affaiblissant la campagne écologiste. Pour ses détracteurs, elle représenterait un recul démocratique majeur.
Quoi qu’il en soit, ce vote s’annonce comme un tournant pour le parti. En cas d’adoption, la nouvelle règle pourrait s’appliquer dès les prochaines élections internes, voire aux législatives de 2027. En cas de rejet, EELV devra trouver d’autres moyens pour résoudre ses divisions internes, sans quoi le risque de fragmentation persistera.
Une chose est sûre : quel que soit le résultat, ce débat illustre les défis auxquels font face les partis écologistes en Europe, tiraillés entre l’impératif d’unité et la nécessité de préserver leur diversité interne.
Si la motion est approuvée par les militants, EELV devra organiser une commission disciplinaire chargée d’appliquer les exclusions. Les premiers cas pourraient être examinés dès juillet, avant les élections législatives de 2027. Une période de transition serait probablement instaurée pour permettre aux adhérents concernés de se mettre en conformité.