La tension politique s'intensifie en République démocratique du Congo (RDC). Comme le rapporte France 24, des violences ont éclaté à Kinshasa lors d'une manifestation organisée par l'opposition contre le projet de réforme constitutionnelle porté par la majorité présidentielle. Selon les témoignages recueillis, plusieurs opposants, dont deux personnalités majeures, ont été blessés au cours des affrontements avec les forces de l'ordre.
Ce qu'il faut retenir
- Martin Fayulu et Emmanuel Sesanga, deux figures de l'opposition, ont été blessés lors de la manifestation à Kinshasa.
- Le rassemblement visait à protester contre un projet de réforme constitutionnelle, accusé d'ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi.
- L'opposition dénonce une « dérive autoritaire » du pouvoir en place et des violences policières lors de la dispersion du cortège.
- Patrick Mbamu, secrétaire exécutif de l'ECiDé France (parti de Martin Fayulu), a détaillé les circonstances des violences dans un entretien accordé à France 24.
Une manifestation réprimée dans la violence
Le 12 juin 2026, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Kinshasa pour dénoncer le projet de réforme constitutionnelle, présenté comme une menace pour les équilibres démocratiques du pays. Selon les observateurs, les forces de sécurité ont rapidement dispersé le rassemblement, utilisant des moyens jugés disproportionnés par l'opposition. Martin Fayulu et Emmanuel Sesanga, respectivement président et porte-parole de l'Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), figuraient parmi les blessés.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des heurts entre manifestants et policiers, ainsi que des scènes de panique dans les rues adjacentes au lieu de rassemblement. Les autorités n'ont pas encore réagi officiellement à ces accusations, mais des sources locales évoquent des arrestations parmi les organisateurs du mouvement.
L'opposition dénonce une tentative de déstabilisation
Pour l'opposition, ce projet de réforme constitutionnelle constitue une manœuvre visant à contourner la limitation des mandats présidentiels, en vigueur depuis 2015. « Le président Tshisekedi cherche à s'accrocher au pouvoir au mépris de la Constitution », a affirmé Patrick Mbamu, secrétaire exécutif de l'ECiDé France, lors d'un entretien accordé à France 24.
« Les violences policières lors de la manifestation sont la preuve d'une répression croissante contre toute voix dissidente. Nous exigeons le retrait immédiat de ce projet et le respect des institutions démocratiques », a-t-il ajouté. L'ECiDé France, parti politique dirigé par Martin Fayulu, appelle à une mobilisation nationale pour faire barrage à ce qu'elle qualifie de « coup de force constitutionnel ».
« Le président Tshisekedi cherche à s'accrocher au pouvoir au mépris de la Constitution. Les violences policières lors de la manifestation sont la preuve d'une répression croissante contre toute voix dissidente. »
— Patrick Mbamu, secrétaire exécutif de l'ECiDé France, France 24
Contexte politique et risques de crise
Depuis son élection en 2018, puis sa réélection contestée en 2023, le président Félix Tshisekedi fait face à une opposition de plus en plus unie contre sa gouvernance. Ce projet de réforme constitutionnelle, s'il aboutit, permettrait au chef de l'État de briguer un troisième mandat en 2028. Une perspective qui divise la classe politique et la société civile, certains y voyant une légitimité démocratique, d'autres une manœuvre autoritaire.
Les observateurs internationaux, notamment les organisations de défense des droits de l'homme, appellent à la retenue et au dialogue. « Une réforme constitutionnelle doit s'inscrire dans un cadre consensuel, pas imposée par la force », a rappelé un représentant de l'Union européenne sous couvert d'anonymat.
Reste à voir si les appels au calme émanant de la communauté internationale parviendront à éviter une radicalisation des positions. Une chose est sûre : la crise actuelle pourrait redessiner l'équilibre des forces en RDC avant même l'échéance électorale de 2028.
Le texte doit encore être adopté en conseil des ministres avant d'être soumis au Parlement. Aucun calendrier précis n'a été annoncé par les autorités, mais l'opposition craint une adoption rapide pour éviter toute mobilisation populaire.