En Camargue, la colère contre le projet de ligne électrique aérienne à très haute tension entre le Gard et le bassin industriel de Fos-sur-Mer s'intensifie, alors que l'instruction de la déclaration d'utilité publique (DUP) devrait débuter dans les prochains jours. Agriculteurs et associations environnementalistes unissent leurs forces pour s'opposer à cette infrastructure prévue dans le cadre de la décarbonation du territoire, comme le rapporte Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • Un projet de ligne aérienne à très haute tension doit relier le Gard au bassin de Fos-sur-Mer, dans le cadre de la décarbonation industrielle.
  • L'instruction de la déclaration d'utilité publique (DUP) est sur le point de démarrer, selon les informations de Libération.
  • La fronde s'organise : agriculteurs et associations écologistes rejoignent le mouvement de contestation.
  • Les opposants dénoncent notamment les nuisances sonores et visuelles, ainsi que l'impact sur les écosystèmes locaux.

Un tracé contesté au cœur d'une zone préservée

Le projet vise à acheminer de l'électricité depuis la centrale nucléaire de Tricastin, dans le Gard, jusqu'au pôle industriel de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Longue de près de 120 kilomètres, cette ligne à très haute tension (400 000 volts) traverserait des zones classées, dont une partie du parc naturel régional de Camargue. Les opposants soulignent les risques pour la faune, la flore et les paysages, déjà fragilisés par les activités humaines et le changement climatique.

« Comment faire travailler des employés là-dessous, vous savez le bruit que ça fait ? », interroge un agriculteur local cité par Libération. Cette phrase résume l'une des principales craintes des riverains : les nuisances sonores générées par les câbles électriques, qui pourraient perturber le travail agricole et le tourisme, deux piliers de l'économie locale.

Une opposition qui fédère au-delà des clivages

Initialement portées par des associations environnementales comme France Nature Environnement ou le Collectif des élus du Golfe de Fos, les oppositions gagnent désormais le monde agricole. Viticulteurs, riziculteurs et éleveurs craignent pour leurs exploitations, situées en plein cœur du tracé prévu. Leur inquiétude s'ajoute à celle des défenseurs de la biodiversité, qui dénoncent la fragmentation des habitats naturels, notamment pour les oiseaux migrateurs.

Parmi les arguments avancés par les opposants, on retrouve également la question de la souveraineté énergétique. Certains élus locaux estiment que ce projet, loin de contribuer à la transition écologique, risque d'aggraver la dépendance du territoire aux grands réseaux nationaux. « Ce n'est pas parce qu'un projet est présenté comme vert qu'il l'est nécessairement », a souligné un porte-parole du collectif Stop THT, interrogé par Libération.

Une instruction de la DUP imminente, malgré les réticences

Malgré l'opposition croissante, les autorités semblent déterminées à faire avancer le dossier. Selon les informations de Libération, l'instruction de la déclaration d'utilité publique (DUP) devrait être lancée d'ici la fin du mois de juin 2026. Cette étape administrative est cruciale : elle doit permettre de confirmer la faisabilité du projet et d'engager les travaux préparatoires. Si la DUP est accordée, les premières consultations publiques pourraient se tenir dès l'automne prochain.

Reste à savoir si cette procédure suffira à apaiser les tensions. Les opposants, eux, promettent de maintenir la pression. Plusieurs rassemblements et recours juridiques sont déjà en préparation, avec l'objectif de bloquer ou, à défaut, de modifier significativement le tracé prévu.

Et maintenant ?

D'ici la fin juin 2026, les services de l'État devraient officialiser le lancement de l'instruction de la DUP pour ce projet de ligne à très haute tension. Une phase qui pourrait s'étaler sur plusieurs mois, avec une possible consultation publique à l'automne. Les opposants, eux, préparent déjà des recours juridiques et des actions de mobilisation pour tenter d'influer sur le tracé ou, à défaut, de faire annuler le projet.

Dans ce dossier, la question centrale reste celle de l'équilibre entre les impératifs de la transition énergétique et la préservation des territoires. Alors que la France accélère sa décarbonation, les Camarguais rappellent que certaines zones méritent une protection renforcée, au nom de leur biodiversité et de leur patrimoine.

Cette ligne doit relier la centrale nucléaire de Tricastin, dans le Gard, au bassin industriel de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, afin d'alimenter les industries locales dans le cadre de leur processus de décarbonation.

L'instruction de la déclaration d'utilité publique (DUP) devrait débuter d'ici la fin juin 2026. Si elle est accordée, une consultation publique pourrait être organisée à l'automne 2026, avant d'éventuels travaux préparatoires.