D’après Frandroid, les constructeurs automobiles chinois prévoient de produire jusqu’à 1,5 million de véhicules par an en Europe d’ici 2035, un volume qui pourrait atteindre 90 000 unités dès 2026. Cette projection, relayée par des sources industrielles, place les géants européens comme Renault et Stellantis face à une concurrence accrue sur leur propre marché. Selon nos confrères de Frandroid, cette stratégie s’inscrit dans une logique d’expansion massive des marques asiatiques en Europe, alors que les droits de douane et les barrières commerciales restent un sujet de tension.

Ce qu'il faut retenir

  • 90 000 véhicules produits par des marques chinoises en Europe en 2026, selon les projections de Frandroid.
  • Un objectif de 1,5 million de véhicules annuels d’ici 2035, soit une multiplication par 16 en moins de dix ans.
  • Renault et Stellantis, principaux concernés, voient leur positionnement sur le marché européen menacé par cette offensive.
  • Les constructeurs chinois misent sur une stratégie de production locale pour contourner les barrières douanières.

Une stratégie d’expansion accélérée en Europe

Les chiffres avancés par Frandroid illustrent une accélération sans précédent de l’implantation des constructeurs chinois sur le continent européen. Dès cette année, près de 90 000 véhicules devraient être assemblés localement, principalement dans des usines dédiées ou via des partenariats avec des fabricants européens. Bref, cette montée en puissance vise à répondre à la demande croissante des consommateurs pour des véhicules électriques ou thermiques à moindre coût, un créneau où les marques asiatiques excellent.

Les analystes soulignent que cette production locale permettra aux constructeurs chinois de réduire leurs coûts logistiques et de contourner les droits de douane imposés par l’Union européenne sur les importations en provenance de Chine. Selon des sources industrielles citées par Frandroid, cette approche s’inscrit dans une logique de long terme, avec des investissements massifs prévus dans les années à venir.

Renault et Stellantis sous pression face à la concurrence chinoise

Les deux groupes français, Renault et Stellantis, se trouvent en première ligne face à cette offensive. Stellantis, dont les racines remontent à l’alliance entre PSA et Fiat Chrysler, a déjà alerté sur les risques liés à cette concurrence déloyale. « Nous devons anticiper cette évolution et adapter notre stratégie industrielle », a déclaré un porte-parole de Stellantis à nos confrères de Frandroid. De son côté, Renault, déjà en difficulté sur certains segments, craint une érosion de ses parts de marché, notamment dans le segment des véhicules électriques, où les marques chinoises comme BYD ou NIO gagnent du terrain.

Les inquiétudes ne se limitent pas aux constructeurs : les équipementiers européens pourraient également subir les conséquences de cette concurrence accrue. Certains craignent une pression à la baisse sur les prix, ainsi qu’une standardisation des coûts de production, au détriment des marges des acteurs locaux.

Des barrières commerciales encore fragiles

Pour l’instant, l’Union européenne maintient des droits de douane sur les importations de véhicules chinois, mais leur efficacité reste débattue. Selon Frandroid, certains constructeurs asiatiques contournent ces barrières en produisant directement en Europe, via des usines locales ou des coentreprises. En Hongrie, en France ou en Allemagne, des projets d’usines sont en cours ou à l’étude, avec des capacités de production pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de véhicules par an.

Les négociations commerciales entre Bruxelles et Pékin pourraient évoluer dans les mois à venir. Si l’UE venait à durcir ses règles, les constructeurs chinois pourraient ajuster leur stratégie, mais pour l’heure, leur plan semble déjà bien engagé. Autant dire que le paysage automobile européen est en train de se redessiner en profondeur.

Et maintenant ?

La prochaine échéance majeure se situe en 2027, année où les premières usines chinoises en Europe devraient atteindre leur pleine capacité. Les observateurs s’attendent à une intensification des débats sur les subventions publiques accordées aux constructeurs asiatiques, ainsi qu’à des réactions possibles de la part des autorités européennes pour protéger l’industrie locale. Reste à voir si Renault et Stellantis parviendront à inverser la tendance, ou si l’Europe deviendra un nouveau terrain de jeu privilégié pour les marques chinoises.

Cette offensive s’inscrit dans un contexte plus large de réorganisation mondiale de l’industrie automobile, où l’Europe tente de préserver son leadership face à la montée en puissance de la Chine. Pour les consommateurs, cela pourrait se traduire par une offre plus large et des prix plus compétitifs, mais pour les acteurs historiques, l’enjeu est de taille.

Selon Frandroid, les marques BYD, NIO, MG (filiale de SAIC) et Geely figurent parmi les plus agressives. MG, déjà implantée au Royaume-Uni et en Europe de l’Est, prévoit d’étendre sa production en Europe de l’Ouest, tandis que BYD a annoncé des investissements en Hongrie et en France.