C’est une avancée médicale qui a permis de sauver des vies après une tragédie : l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, en janvier 2026. Grâce à une molécule d’hémoglobine dérivée de vers marins, des milliers de pansements ont été envoyés sur place pour soigner les grands brûlés, comme le rapporte Franceinfo – Santé.

Cette innovation, développée par le biologiste français Franck Zal, fait de lui l’un des trois finalistes de la catégorie PME du Prix de l’inventeur européen 2026. La cérémonie de remise des prix aura lieu le 2 juillet 2026 à Berlin, où l’Office européen des brevets dévoilera les lauréats. Le public pourra voter pour le Prix du public jusqu’à cette date.

Ce qu'il faut retenir

  • Franck Zal, biologiste français, est finaliste du Prix de l’inventeur européen 2026 dans la catégorie PME pour une biotechnologie à base d’hémoglobine de vers marins.
  • Cette molécule permet de transporter l’oxygène et a été utilisée sous forme d’hydrogel pour soigner des grands brûlés après l’incendie de Crans-Montana en janvier 2026.
  • L’entreprise Hemarina, dirigée par Zal et basée à Morlaix (Finistère), développe ce transporteur d’oxygène universel, utile aussi pour la conservation des organes en attente de greffe.
  • Les finalistes de la catégorie PME sont trois : Zal, l’ingénieur tchèque Jan Čmelík et son équipe, ainsi que l’inventeur polonais Przemek Ben Paczek.

Une découverte née de l’observation des vers marins

Franck Zal n’est pas un inconnu dans le domaine de la biotechnologie. Ancien chercheur au CNRS, il a fondé Hemarina il y a plusieurs années avec pour objectif de révolutionner la médecine grâce aux propriétés uniques des vers marins. Ces organismes, capables de survivre dans des milieux pauvres en oxygène, produisent une hémoglobine particulièrement efficace pour transporter l’oxygène.

C’est cette molécule qui a inspiré Zal pour créer un transporteur d’oxygène universel. Compatible avec tous les groupes sanguins, elle peut être utilisée sous différentes formes, notamment en hydrogel pour les soins des brûlures. «

Les vers marins ont développé une hémoglobine exceptionnelle, adaptée aux conditions extrêmes. Nous avons su en tirer parti pour la médecine humaine »,
a expliqué Franck Zal à France Inter.

Une application concrète après le drame de Crans-Montana

L’utilité de cette innovation s’est révélée de manière spectaculaire après l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse. Le 15 janvier 2026, un incendie a ravagé l’établissement, laissant plusieurs victimes gravement brûlées. Face à l’afflux de patients, les médecins suisses ont fait appel à Hemarina pour fournir des pansements à base de l’hydrogel développé par Zal.

Des milliers de ces dispositifs médicaux ont été envoyés sur place, permettant de protéger les tissus lésés et d’améliorer les chances de survie des victimes. Cette intervention a confirmé l’efficacité du produit, déjà éprouvé dans d’autres contextes cliniques, notamment pour la conservation des organes destinés aux greffes.

«

Le transporteur d’oxygène que nous avons mis au point permet de limiter les dommages liés à l’hypoxie, que ce soit pour les brûlures ou lors du transport des organes. C’est une avancée majeure pour la médecine régénérative »,
a précisé Franck Zal.

Un transporteur d’oxygène aux multiples applications

Si les pansements pour grands brûlés ont marqué les esprits, l’hémoglobine de vers marins développée par Hemarina a bien d’autres applications. Le produit, sous sa forme liquide, peut être utilisé comme solution de perfusion pour maintenir l’oxygénation des tissus en cas de choc ou de traumatisme. Il est également testé pour améliorer la survie des greffons en attente de transplantation.

Selon Franck Zal, cette technologie pourrait aussi trouver sa place dans le traitement des AVC ou des infarctus, en limitant les séquelles liées au manque d’oxygène. «

Notre objectif est de réduire les dommages irréversibles causés par l’hypoxie dans de nombreuses pathologies. Les vers marins nous ont offert une clé pour y parvenir »,
a-t-il souligné.

Et maintenant ?

Franck Zal et son équipe vont continuer à développer cette technologie, avec l’espoir de la voir adoptée plus largement dans les hôpitaux européens. La cérémonie du Prix de l’inventeur européen en juillet prochain pourrait accélérer sa diffusion, en lui offrant une visibilité internationale. Parallèlement, Hemarina prépare de nouveaux essais cliniques pour étendre les indications de son transporteur d’oxygène.

Le public a jusqu’au 2 juillet 2026 pour voter en ligne et soutenir Franck Zal pour le Prix du public. Une reconnaissance supplémentaire qui pourrait renforcer la crédibilité de cette innovation auprès des institutions médicales.

Un trio de finalistes aux profils variés

Franck Zal n’est pas le seul à concourir dans la catégorie PME. Il partage cette distinction avec Jan Čmelík, ingénieur tchèque, et son équipe, dont la technologie d’électrofilage sans aiguille permet de produire des nanofibres à grande échelle. Leur invention pourrait révolutionner la fabrication de matériaux composites dans des secteurs comme l’aéronautique ou la médecine.

Le troisième finaliste, Przemek Ben Paczek, et son équipe polonaise, ont développé un système de lévitation magnétique pour moderniser les réseaux ferroviaires. Leur solution vise à réduire les frottements et à augmenter l’efficacité énergétique des trains à grande vitesse.

L’Office européen des brevets annoncera les lauréats lors d’une cérémonie retransmise en direct depuis Berlin le 2 juillet 2026. Trois innovations qui illustrent la diversité et le dynamisme de la recherche européenne.

L’hydrogel développé par Hemarina contient une molécule d’hémoglobine extraite de vers marins. Cette hémoglobine, capable de transporter l’oxygène de manière très efficace, est formulée en gel pour être appliquée directement sur les brûlures. Elle permet de maintenir l’oxygénation des tissus lésés, limitant ainsi leur nécrose et accélérant la cicatrisation.

Hemarina prépare actuellement de nouveaux essais cliniques pour élargir les indications de son transporteur d’oxygène. Parmi les pistes explorées figurent le traitement des AVC, des infarctus et la conservation prolongée des greffons d’organes. Les résultats pourraient être publiés d’ici la fin de l’année 2026.