Le Portugal franchit une étape majeure dans l’adoption des technologies de mobilité autonome. Dès juillet 2026, les véhicules dotés de systèmes de conduite autonome pourront être testés sur la voie publique, selon Euronews FR. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un décret-loi approuvé fin avril par le Conseil des ministres portugais, puis publié au Diário da República, le Journal officiel du pays, avant d’entrer en vigueur au mois de juillet.
Ce qu'il faut retenir
- Un décret-loi portugais, approuvé fin avril 2026 et publié début juin, autorise les tests de véhicules autonomes sur routes publiques à partir de juillet 2026.
- Les essais seront encadrés par des exigences strictes : assurance quadruplée, cybersécurité renforcée, et obligation de communiquer tout incident.
- Les véhicules autonomes devront être équipés de systèmes d’enregistrement des données techniques et des interventions humaines.
- Les opérateurs et conducteurs devront justifier d’un permis de conduire valide depuis au moins six ans et d’un casier judiciaire vierge sur cinq ans.
- Les limites de vitesse seront réduites de 20 km/h pendant les essais, et les durées de conduite seront limitées à trois heures consécutives.
Un cadre légal pour démocratiser la mobilité autonome
Selon le décret-loi portugais, l’objectif affiché est double : « permettre de démocratiser la mobilité, en favorisant l’inclusion de citoyens dans l’incapacité de conduire, pour des raisons physiques ou d’une autre nature », explique le gouvernement. Par ailleurs, ces technologies « offriront de nouvelles et différentes solutions de mobilité individuelle et collective », contribuant à « optimiser le parc automobile et à réduire les déséconomies liées au modèle actuel de mobilité basé sur la propriété individuelle ».
Ce texte établit un cadre juridique précis pour l’utilisation de la voie publique à des fins d’essais technologiques. Ces essais seront menés par des laboratoires de recherche, des établissements d’enseignement supérieur, ainsi que par des entreprises spécialisées dans l’automobile, les infrastructures et les transports. Une licence sera nécessaire pour chaque projet, assortie de conditions techniques, opérationnelles et de sécurité strictes.
Des exigences renforcées en matière de sécurité et de transparence
Parmi les mesures phares, l’assurance obligatoire a été considérablement alourdie. Le montant minimal de couverture passe à quatre fois celui habituellement exigé, afin de garantir la réparation des dommages corporels ou matériels causés à des tiers par les véhicules autonomes. Les entités candidates devront également soumettre un plan de mitigation des risques et prouver leur capacité à protéger les systèmes contre les cyberattaques.
Les essais ne pourront débuter sans une communication préalable aux autorités. À l’issue des tests, un rapport détaillé devra être remis, incluant notamment « la description de tout accident, incident grave ou incident survenu au cours de leur réalisation ». Cette transparence vise à garantir une évaluation rigoureuse des performances et des risques associés à ces technologies.
Des conditions strictes pour les opérateurs et conducteurs
Le décret-loi impose des critères exigeants aux personnes chargées de superviser ou de contrôler les véhicules autonomes. Ainsi, le conducteur ou l’opérateur responsable doit posséder un permis de conduire depuis au moins six ans et ne peut avoir commis aucune infraction routière au cours des cinq dernières années. Ces mesures visent à garantir un niveau de compétence et de fiabilité élevé.
Pendant les essais, les règles du code de la route seront temporairement assouplies. Les limitations de vitesse seront réduites de 20 km/h par rapport aux limites habituelles, tandis que les seuils d’alcoolémie seront alignés sur ceux applicables aux conducteurs professionnels. De plus, les durées de conduite seront limitées à trois heures consécutives, avec une pause obligatoire d’au moins une heure après chaque session.
Une surveillance technologique et un cadre international
Les véhicules autonomes utilisés pour ces tests devront être équipés de systèmes avancés d’enregistrement des données. Ces dispositifs permettront de documenter les caractéristiques du système automatique, l’identité de la personne exerçant le contrôle dynamique du véhicule, ainsi que des indicateurs clés tels que la vitesse, le fonctionnement de la direction et du freinage. L’historique des interventions du conducteur ou de l’opérateur sera également conservé.
Les véhicules devront par ailleurs enregistrer les ordres à distance, ainsi que les communications établies avec d’autres véhicules, les infrastructures routières et divers points de connexion numérique. Cette traçabilité vise à faciliter les enquêtes en cas d’incident et à améliorer la compréhension des comportements des systèmes autonomes.
Enfin, le Portugal reconnaîtra les licences délivrées à l’étranger, à condition que la demande soit adressée au président du conseil d’administration de l’Institut de la mobilité et des transports (IMT). Cette ouverture internationale pourrait attirer des acteurs étrangers et renforcer la position du pays dans le domaine de la mobilité autonome.
Les essais seront menés par des laboratoires de recherche, des établissements d’enseignement supérieur, ainsi que par des entreprises spécialisées dans les secteurs de l’automobile, des infrastructures et des transports. Chaque projet devra obtenir une licence délivrée par les autorités portugaises.
Tous les incidents, accidents ou incidents graves survenus pendant les essais devront être consignés dans un rapport détaillé, qui sera transmis aux autorités. Ces données permettront d’évaluer les risques et d’ajuster les protocoles de sécurité si nécessaire.