Comme le rapporte Libération, l'ex-président du mouvement de jeunesse d'Éric Zemmour, Stanislas Rigault, pourrait obtenir un siège au Parlement européen si Nicolas Bay, actuel eurodéputé du Rassemblement National (RN), était déclaré inéligible à la suite des procès concernant les assistants parlementaires du Front National.
Ce scénario, qui repose sur une décision judiciaire encore en suspens, met en lumière les enjeux de l'allégeance politique au sein des formations d'extrême droite. Entre fidélité à un parti et opportunité personnelle, la question se pose : à qui Rigault prêterait-il allégeance dans cette hypothèse ?
Ce qu'il faut retenir
- Nicolas Bay, eurodéputé RN, risque une inéligibilité dans le cadre des procès sur les assistants parlementaires du FN.
- Si cette inéligibilité est prononcée, Stanislas Rigault, ancien président des Générations identitaires et proche d'Éric Zemmour, pourrait lui succéder.
- Son élection dépendrait des résultats des élections européennes de 2024, encore frais dans les mémoires.
- La question de son allégeance politique — RN ou Reconquête ! — reste ouverte.
- Les procès concernent des soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires entre 2014 et 2019.
Un parcours marqué par l'engagement avec Éric Zemmour
Stanislas Rigault, figure montante de l'entourage d'Éric Zemmour, a dirigé les Générations identitaires avant de rejoindre le parti Reconquête ! dès sa création en 2021. Son nom circule désormais dans les cercles politiques comme un potentiel remplaçant de Nicolas Bay au Parlement européen. Selon Libération, cette hypothèse s'appuie sur un mécanisme électoral bien précis : en cas d'inéligibilité d'un candidat en tête de liste, c'est le suivant sur la liste qui prend sa place.
Dans ce cas, Stanislas Rigault, placé en deuxième position sur la liste RN conduite par Jordan Bardella en 2024, pourrait hériter du siège. Une perspective qui soulève des questions sur son positionnement futur au sein du RN ou de Reconquête !, d'autant que les tensions entre les deux formations persistent.
Les procès qui pourraient tout changer
Les procédures judiciaires en cours visent le RN pour l'emploi présumé d'assistants parlementaires européens comme collaborateurs locaux, une pratique illégale. Plusieurs cadres du parti, dont Marine Le Pen et Nicolas Bay, sont mis en cause. La condamnation de ces derniers pourrait entraîner leur inéligibilité, ouvrant la voie à des remplacements en cascade.
Comme le souligne Libération, Stanislas Rigault n'est pas directement concerné par ces affaires, mais son nom apparaît dans les scénarios de succession. « Si Nicolas Bay est exclu, la liste RN perdrait son premier remplaçant, et Stanislas Rigault deviendrait un candidat crédible », explique un observateur politique cité par le quotidien. Reste à savoir s'il choisirait de siéger sous l'étiquette RN ou s'il tenterait de fédérer autour de Reconquête !.
L'équilibre politique des groupes au Parlement européen en jeu
Un siège supplémentaire pour le RN — ou pour Stanislas Rigault sous cette bannière — pourrait modifier l'équilibre des forces au sein du groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen. Ce groupe, où siège le RN, compte actuellement 76 députés. Une arrivée de Rigault renforcerait mécaniquement la représentation française, mais aussi la ligne politique portée par Marine Le Pen.
D'un autre côté, une affiliation de Rigault à Reconquête ! créerait une dynamique nouvelle au sein de l'extrême droite française. Éric Zemmour, dont Rigault fut un proche collaborateur, pourrait y voir une opportunité de peser davantage sur la scène européenne. « Cela dépendra de la stratégie de Rigault, mais aussi des décisions internes du RN », précise un analyste politique.
Quoi qu'il en soit, cette hypothèse illustre la porosité des alliances au sein de l'extrême droite française, où les rivalités personnelles et idéologiques se croisent avec les opportunités électorales. Les prochains mois s'annoncent décisifs pour comprendre qui, au final, tirera profit de cette situation.
Nicolas Bay est visé par plusieurs procédures judiciaires liées à l'emploi présumé d'assistants parlementaires européens comme collaborateurs locaux entre 2014 et 2019. Une condamnation pourrait entraîner une inéligibilité de cinq à dix ans, selon la gravité des faits retenus. Les verdicts sont attendus pour l'automne 2026.