Selon Franceinfo - Politique, le Parti socialiste (PS) a demandé, ce jeudi 22 mai 2026, la démission immédiate de Franck Bernard, maire RN de Chevroz et premier vice-président du Grand Besançon Métropole. Cette exigence fait suite à la reconnaissance publique par l’élu de l’existence d’un compte Facebook anonyme, « Seven FK », utilisé pour diffuser des propos racistes, sexistes et homophobes. Les révélations proviennent d’une enquête conjointe menée par les médias Le Chni et Mediapart, qui ont établi un lien entre l’élu et ce compte, avant même sa nomination à la vice-présidence de l’agglomération en avril 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Franck Bernard, maire RN de Chevroz et 15e vice-président du Grand Besançon Métropole, a reconnu être l’auteur du compte Facebook « Seven FK », utilisé pour diffuser des propos racistes, sexistes et homophobes.
  • Les médias Le Chni et Mediapart ont révélé ce lien dès avril 2026, avant même sa nomination à la vice-présidence.
  • Le PS et La France Insoumise (LFI) ont exigé son retrait immédiat de l’exécutif local, tandis que le président de l’agglomération, Ludovic Fagaut (LR), n’a pas encore pris de décision.
  • Bernard avait été nommé vice-président du Grand Besançon Métropole après les élections municipales de mars 2026, une désignation qui avait alors suscité une polémique.

Un élu sous le feu des critiques dès sa prise de fonction

Franck Bernard, élu maire de Chevroz en mars 2026, occupait depuis le 20 avril la fonction de premier vice-président de l’agglomération du Grand Besançon Métropole. Sa nomination avait déjà été contestée par une partie de la classe politique locale, en raison de son engagement passé au Rassemblement National et de certaines de ses déclarations. Pourtant, c’est l’ampleur de ses propos en ligne qui a déclenché une nouvelle vague d’indignation.

Le compte « Seven FK », utilisé pour publier des messages pro-Trump ainsi que des contenus racistes, sexistes et homophobes, a été identifié comme étant le sien par les médias Le Chni et Mediapart. Ces révélations ont été confirmées par l’élu lui-même lors d’une séance du conseil communautaire, jeudi 22 mai 2026. « Il s’agit d’un aveu de culpabilité », a réagi Ahmet Polat, secrétaire de la section socialiste de Besançon, qui a immédiatement appelé à son éviction.

Le PS et LFI exigent une sanction immédiate

Le Parti socialiste et La France Insoumise ont demandé au président de l’agglomération, Ludovic Fagaut (LR), de retirer à Franck Bernard sa délégation de vice-président et de lui demander sa démission. Dans un communiqué, Ahmet Polat a souligné : « Ludovic Fagaut ne peut pas se présenter comme un rempart républicain en campagne puis maintenir un élu RN reconnaissant être l’auteur et le relais de contenus racistes, sexistes et homophobes dans son exécutif. »

De son côté, Ludovic Fagaut n’a pas encore pris de position publique. Interrogé sur la question, il a indiqué qu’il réfléchissait à la situation et qu’il consultait ses services juridiques avant de trancher. Contacté par Franceinfo - Politique, il n’a pas souhaité s’exprimer davantage pour l’instant.

Un nouveau cas de « brebis galeuse » au RN

Cette affaire s’inscrit dans une série de polémiques impliquant des élus ou candidats du Rassemblement National, accusés de propos ou d’actes racistes, sexistes ou homophobes. Comme le rappelle Franceinfo - Politique, plusieurs candidats du RN aux municipales de 2026 avaient déjà fait l’objet de critiques pour des publications controversées ou des condamnations judiciaires. Le parti peine ainsi à écarter systématiquement les profils les plus extrêmes de ses rangs, malgré les consignes de modération affichées en début de campagne.

Le RN, interrogé sur cette affaire, n’a pas encore réagi officiellement. Cependant, la direction du groupe RN à l’Assemblée nationale avait déjà demandé, en avril 2026, à ses députés de quitter les groupes Facebook épinglés pour racisme, montrant une volonté affichée de distance avec ces dérives. Reste à savoir si cette prise de position sera suivie d’effets concrets dans le cas de Franck Bernard.

Et maintenant ?

La situation reste en suspens dans l’attente d’une décision de Ludovic Fagaut. Plusieurs scénarios sont envisageables : un retrait pur et simple de la délégation de Franck Bernard, une suspension temporaire, ou une maintien en fonction assorti d’un blâme. Une chose est sûre : l’affaire pourrait relancer les tensions politiques au sein du Grand Besançon Métropole, où la gauche et la majorité LR pourraient être tentées de durcir leur position. Une décision devrait intervenir dans les prochains jours, selon des sources proches de la présidence de l’agglomération.

Cette affaire illustre par ailleurs les défis auxquels sont confrontés les partis politiques, y compris le RN, pour garantir l’exemplarité de leurs représentants. Alors que les élections locales de 2026 sont encore récentes, cette polémique rappelle que les engagements affichés en campagne ne sont pas toujours suivis d’effets sur le terrain.

Franck Bernard pourrait être convoqué par la présidence du Grand Besançon Métropole pour une réunion de mise au point. Selon les statuts de l’agglomération, un élu peut être suspendu ou destitué de ses fonctions par décision du président, après consultation des services juridiques. Aucune date n’a encore été fixée pour cette réunion.