Selon Ouest France, le coût du plastique a doublé en six semaines pour de nombreuses entreprises bretonnes. Parmi elles, la société Silvadec, spécialisée dans la fabrication de bois composite pour terrasses, clôtures et bardages, a vu ses charges exploser en raison de la crise au Moyen-Orient. Pourtant, cette PME mise sur son propre centre de recyclage, Heuliad Environnement, basé à Elven (Morbihan), pour sécuriser son approvisionnement et limiter l’impact sur ses marges.

Ce qu'il faut retenir

  • Le coût du plastique a doublé en six semaines pour les entreprises bretonnes, notamment en raison de la crise au Moyen-Orient.
  • Silvadec, leader du bois composite, subit cette hausse mais s’appuie sur sa filiale Heuliad Environnement pour s’approvisionner.
  • Le centre de recyclage, ouvert en 2025 à Elven (Morbihan), permet à l’entreprise de réduire sa dépendance aux fluctuations du marché.
  • Bénédicte Jézéquel, PDG et cofondatrice de Silvadec, a confirmé cette stratégie hybride face à la crise.

Une crise des matières premières qui frappe l’industrie bretonne

La hausse brutale du prix des plastiques, directement liée à l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, a pris de court de nombreux industriels. Silvadec, dont les produits intègrent des polymères recyclés, n’y a pas échappé. « Le plastique a doublé en six semaines », a confirmé Bénédicte Jézéquel, PDG et cofondatrice de l’entreprise, à Ouest France. Cette situation a contraint l’entreprise à revoir ses stratégies d’approvisionnement pour maintenir sa compétitivité.

Créée en 2010, Silvadec s’est imposée comme un acteur clé du marché des terrasses et clôtures en bois composite en Bretagne. Mais la flambée des matières premières menace désormais sa rentabilité. Pour contrer ce risque, l’entreprise a choisi de miser sur une solution locale : sa filiale, Heuliad Environnement, lancée en 2025 à Elven. Ce centre de recyclage lui permet de se fournir en plastique recyclé à moindre coût, tout en réduisant son empreinte carbone.

Heuliad Environnement, une réponse industrielle à la crise

Ouvert en 2025 à Elven (Morbihan), le centre de recyclage Heuliad Environnement joue un rôle central dans la résilience de Silvadec. En produisant une partie de ses propres matières premières, l’entreprise limite sa dépendance aux marchés internationaux, souvent volatils. « Côté approvisionnement, on a désormais un filet de sécurité », explique Bénédicte Jézéquel. Cette intégration verticale — rare dans le secteur — offre à Silvadec un avantage concurrentiel face à ses rivaux.

Le choix de l’autoproduction s’inscrit aussi dans une logique environnementale. En recyclant des déchets plastiques locaux, Heuliad Environnement réduit la quantité de déchets envoyés en décharge et limite les émissions liées à la production de plastique vierge. Une démarche alignée sur les attentes des consommateurs, de plus en plus sensibles à l’éco-responsabilité.

Un modèle hybride qui interroge l’avenir du secteur

Le cas de Silvadec illustre une tendance émergente dans l’industrie : l’intégration de filières de recyclage en interne pour pallier les crises des matières premières. Si cette stratégie limite les risques financiers, elle exige des investissements lourds. « On a dû réallouer une partie de nos ressources pour développer Heuliad », précise la dirigeante. Un pari qui pourrait inspirer d’autres acteurs du bois composite ou du bâtiment en Bretagne.

Reste à savoir si cette approche suffira à absorber une nouvelle crise. Les analystes estiment que les tensions sur le plastique pourraient persister tant que le Moyen-Orient restera instable. Pour Silvadec, la priorité reste donc de consolider sa filiale tout en surveillant les signaux du marché.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, Silvadec prévoit d’augmenter la capacité de production de Heuliad Environnement afin de couvrir 50 % de ses besoins en plastique recyclé. Une montée en puissance qui dépendra notamment de la stabilisation des cours mondiaux. L’entreprise pourrait aussi étendre son modèle hybride à d’autres matières premières, comme les fibres de bois, pour renforcer sa résilience.

Dans un contexte où les coûts des matières premières restent imprévisibles, la stratégie de Silvadec pourrait bien devenir un cas d’école pour les industriels bretons. Reste à voir si d’autres entreprises suivront cette voie.

La flambée des prix du plastique est directement liée à la crise géopolitique au Moyen-Orient, région majeure pour la production et le transport des matières premières pétrochimiques. Les tensions dans la zone perturbent les chaînes d’approvisionnement et font exploser les coûts, comme l’a confirmé Silvadec à Ouest France.