Une nouvelle pratique, relayée massivement sur les réseaux sociaux, suscite l’inquiétude des autorités sanitaires. Selon Journal du Geek, des adolescents et jeunes adultes, en quête d’un physique idéalisé inspiré du stéréotype du « GigaChad » – un archétype masculin à la mâchoire carrée et à la musculature saillante –, s’administrent des injections de stéroïdes bovins non homologués pour un usage humain. Ces séances, filmées et diffusées en direct ou en replay, attirent des dizaines de milliers de spectateurs sur la plateforme TikTok, où des milliers de vidéos ont déjà été visionnées.

Ce qu'il faut retenir

  • 30 000 vidéos ont été recensées sur TikTok avec les hashtags liés au « looksmaxxing » et aux injections, selon Journal du Geek.
  • Les produits injectés, des stéroïdes d’origine bovine, ne sont pas approuvés pour une utilisation humaine par les agences sanitaires.
  • La tendance vise à obtenir une mâchoire carrée et une musculature prononcée, inspirées du profil du « GigaChad », un idéal masculin popularisé en ligne.
  • Les vidéos sont souvent réalisées en direct ou postées en replay, devant un public de plusieurs dizaines de milliers d’abonnés.
  • Les risques sanitaires incluent des complications graves, comme des infections, des réactions allergiques ou des déséquilibres hormonaux irréversibles.

Une tendance virale qui s’appuie sur un idéal masculin déformé

Le phénomène du « looksmaxxing » – contraction de « looks » (apparence) et « maxxing » (maximiser) – s’inscrit dans une logique de quête de perfection physique, poussée à l’extrême. Selon Journal du Geek, cette pratique s’est popularisée ces derniers mois sur TikTok, où des milliers de jeunes, majoritairement des hommes âgés de 16 à 25 ans, partagent leurs transformations. L’objectif affiché ? Obtenir un visage aux traits anguleux, une mâchoire saillante et une musculature développée, autant dire un physique correspondant au stéréotype du « GigaChad », figure mythifiée en ligne.

Les vidéos, souvent produites avec un smartphone et un éclairage soigné, montrent parfois des injections réalisées en direct, devant des spectateurs parfois inconscients des dangers encourus. Les commentaires, nombreux sous chaque publication, encouragent souvent ces pratiques, renforçant ainsi le cercle vicieux de l’émulation et de la normalisation de ces comportements à risque.

Des produits non homologués et des risques sanitaires majeurs

Le recours à des stéroïdes bovins, comme le révèle Journal du Geek, pose un problème de santé publique. Ces substances, conçues pour un usage vétérinaire, ne sont pas testées pour une administration humaine. Leur injection peut entraîner des complications sévères : infections locales ou généralisées, réactions allergiques, perturbations endocriniennes, ou encore des lésions organiques irréversibles. « Ces produits ne sont pas stériles, leur composition n’est pas contrôlée, et leur usage chez l’humain est totalement empirique », a alerté un endocrinologue interrogé par Journal du Geek.

Les autorités sanitaires, comme l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), n’ont à ce jour émis aucun avis favorable pour ces substances en dehors de leur usage vétérinaire. Pourtant, leur disponibilité sur certains marchés en ligne ou via des réseaux parallèles facilite leur acquisition, souvent sans contrôle ni suivi médical.

Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux

TikTok, plateforme centrale de cette tendance, joue un rôle ambigu dans sa diffusion. Bien que la société ait renforcé ses politiques contre les contenus promouvant des pratiques dangereuses, Journal du Geek note que les vidéos incriminées circulent encore largement, parfois sous des hashtags détournés ou en utilisant des codes visuels pour contourner les algorithmes de modération. « On observe une véritable banalisation de ces pratiques, avec des influenceurs qui en font la promotion sans mentionner les risques », a expliqué un spécialiste des réseaux sociaux cité par le média.

Les plateformes, contactées par Journal du Geek, ont indiqué étudier des solutions pour limiter la visibilité de ces contenus. Pour autant, la viralité du phénomène rend toute suppression immédiate illusoire, d’autant que les utilisateurs recyclent sans cesse leurs publications sous de nouvelles formes.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des contrôles de la part des autorités sanitaires et des plateformes. Une réunion est prévue le 25 mai 2026 entre l’ANSM et les représentants de TikTok pour évoquer les mesures à mettre en place, notamment un signalement renforcé des contenus à risque et une coopération accrue avec les modérateurs humains. Pour les professionnels de santé, la priorité reste la sensibilisation des jeunes publics, via des campagnes d’information ciblées, ainsi que le renforcement des partenariats avec les influenceurs pour diffuser des messages de prévention.

Reste à voir si ces initiatives suffiront à enrayer une tendance qui, pour l’heure, continue de gagner du terrain, portée par l’idéalisation d’un physique inatteignable et les mécanismes de viralité propres aux réseaux sociaux.

Les signes incluent une douleur locale immédiate, un gonflement, une rougeur, ou encore l’apparition d’abcès. À plus long terme, des déséquilibres hormonaux peuvent se manifester par des changements d’humeur, une prise de poids anormale ou des troubles de la libido. En cas de suspicion, il est impératif de consulter rapidement un médecin.