Fin mars à Lomé, les éditions Graines de pensées ont organisé une séance de promotion pour le roman Olympio, signé par l’écrivain togolais Kangni Alem. L’ouvrage, qui retrace le destin de Sylvanus Olympio, premier président de l’histoire du Togo, a été salué pour sa réinterprétation du mythe politique autour de cette figure historique, assassinée en 1963.
Selon RFI, l’auteur a souligné l’intérêt de redonner une dimension plus nuancée à la mémoire d’Olympio. « C’est un grand personnage. Et puis quand j’ai commencé à grandir et à m’intéresser au sujet, j’ai trouvé que la vision qu’on en donnait était une vision assez intéressante, mais assez réductrice », a-t-il déclaré lors de la présentation de son livre.
Ce qu’il faut retenir
- Le roman Olympio de Kangni Alem a été mis en avant fin mars à Lomé par les éditions Graines de pensées.
- L’ouvrage explore la vie de Sylvanus Olympio, premier président du Togo, assassiné en 1963.
- L’auteur critique la vision « réductrice » de cette figure historique, selon lui, et propose une relecture plus approfondie.
- Sylvanus Olympio a été au pouvoir de 1960 à 1963, date de son assassinat lors d’un coup d’État.
Un récit pour dépasser les clichés
Kangni Alem, figure reconnue de la littérature togolaise, a expliqué vouloir offrir une vision plus complexe d’Olympio. Dans une interview rapportée par RFI, il a indiqué que les représentations traditionnelles de ce personnage historique négligeaient des aspects essentiels de son parcours. Bref, l’écrivain cherche à faire de ce mythe politique un terrain d’enrichissement pour les arts et la mémoire collective.
L’assassinat d’Olympio, survenu moins de trois ans après l’indépendance du Togo proclamée en 1960, marque un tournant dans l’histoire du pays. Son régime, souvent réduit à des images d’Épinal, est ici revisité à travers le prisme littéraire. L’auteur s’appuie sur des archives et des témoignages pour reconstituer le contexte politique et personnel de cette époque.
Le Togo et la mémoire de Sylvanus Olympio
Sylvanus Olympio reste une figure controversée dans l’histoire togolaise. Premier président du pays après l’indépendance, il a tenté de moderniser l’administration et l’économie, mais son mandat a été marqué par des tensions sociales et politiques. Son assassinat, attribué à des militaires proches du futur dictateur Gnassingbé Eyadéma, a plongé le Togo dans une période d’instabilité.
Kangni Alem, par son roman, s’inscrit dans un mouvement plus large de réhabilitation de la mémoire historique au Togo. Plusieurs artistes et intellectuels togolais s’emparent aujourd’hui de ces figures oubliées ou mal comprises pour en proposer des interprétations contemporaines. Une démarche qui répond à un besoin croissant de transmission et de réflexion sur le passé national.
Pour l’heure, le livre de Kangni Alem reste un témoignage littéraire et historique important, qui invite à redécouvrir Sylvanus Olympio sous un angle inédit. Une lecture qui pourrait bien, côté culture togolaise, apporter un vent de fraîcheur sur les représentations du passé.