Un collectif composé d’historien·nes a interpellé, ce 9 juin 2026, les organisations politiques et syndicales de gauche sur leur gestion de la montée des actes antisémites en France. Dans un texte publié par Libération, ces chercheur·ses en sciences humaines et sociales dénoncent une « retenue » préoccupante de certaines structures à gauche face à ce phénomène, qu’elles qualifient de « raciste ».

Le collectif, dont la liste des signataires n’est pas encore rendue publique, souligne l’urgence d’adopter une position claire et sans ambiguïté. Selon eux, toute hésitation à condamner fermement l’antisémitisme revient, en pratique, à le tolérer. « Bannir toute ambiguïté est une nécessité absolue, sous peine de donner des gages à une forme de racisme qui menace les valeurs républicaines », peut-on lire dans leur appel. Libération précise que cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par une recrudescence des actes antisémites en France ces dernières années.

Ce qu'il faut retenir

  • Un collectif d’historien·nes dénonce une « retenue » de certaines organisations de gauche face à l’antisémitisme
  • Les signataires appellent à bannir toute ambiguïté dans la condamnation de ce phénomène
  • Cette intervention s’inscrit dans un contexte de hausse des actes antisémites en France
  • Le collectif juge toute hésitation comme une forme de tolérance envers le racisme
  • Le texte est publié par Libération le 9 juin 2026

Un appel lancé dans un contexte de tensions persistantes

Le collectif rappelle que la France a enregistré une augmentation de plus de 30 % des actes antisémites en 2025, selon les dernières données du ministère de l’Intérieur. Ces chiffres, parmi les plus élevés depuis le début des années 2000, illustrent une tendance de fond qui ne faiblit pas. Les auteur·es de l’appel s’appuient sur ces statistiques pour justifier leur inquiétude quant à la montée des discours et des violences à caractère antisémite, qu’ils jugent « trop souvent minimisés » par certains courants politiques ou syndicaux.

Ils pointent notamment du doigt l’attitude de certaines franges de la gauche, accusées de relativiser les actes antisémites lorsqu’ils sont commis dans des contextes de tensions sociales ou géopolitiques. « On observe parfois une forme de complaisance, voire de silence, qui alimente un climat délétère », explique l’un des signataires, cité par Libération. Le collectif insiste sur le fait que l’antisémitisme n’a pas de place dans le débat politique ou syndical, quel que soit le contexte.

Une gauche divisée face à la question de l’antisémitisme

L’appel des historien·nes met en lumière les divisions persistantes au sein de la gauche française sur la question de l’antisémitisme. Si certains partis et syndicats ont déjà pris position de manière claire contre ce phénomène, d’autres peinent à adopter une ligne unifiée. Des tensions internes ont notamment été observées au sein de La France Insoumise (LFI), où des responsables ont été critiqués pour des prises de position jugées ambiguës sur le conflit israélo-palestinien, perçues comme minimisant la réalité des violences antisémites.

Le Parti Socialiste (PS) et Europe Écologie Les Verts (EELV) ont, pour leur part, réaffirmé leur opposition sans réserve à l’antisémitisme lors de leurs derniers congrès. Cependant, le collectif d’historien·nes estime que ces déclarations ne suffisent pas et appellent à des actes concrets : « Il ne s’agit pas seulement de mots, mais d’une mobilisation sans faille contre toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme », a souligné l’un des signataires.

Et maintenant ?

Le collectif a annoncé qu’il organiserait une série de débats publics dans les prochaines semaines pour sensibiliser les militant·es et le grand public à cette question. Une pétition, ouverte depuis aujourd’hui, doit également recueillir des signatures parmi les citoyen·nes et les élu·es. Les signataires espèrent que ces initiatives permettront de faire pression sur les partis et syndicats pour qu’ils adoptent des positions plus fermes. Reste à voir si cet appel sera entendu, alors que les prochaines échéances électorales pourraient rendre les positions politiques encore plus sensibles sur ce sujet.

Cette intervention intervient alors que la France s’apprête à commémorer, le 16 juillet prochain, le 10e anniversaire de la tuerie de l’Hyper Cacher. Cet événement, qui avait marqué un tournant dans la prise de conscience de la menace antisémite en France, rappelle l’urgence d’agir. Le collectif d’historien·nes espère ainsi que son appel contribuera à renforcer la vigilance de toute la gauche, sans exception.

L’appel des historien·nes cible particulièrement certaines franges de La France Insoumise (LFI), ainsi que des syndicats où des ambiguïtés ont été observées sur la question de l’antisémitisme. Cependant, le texte ne nomme pas explicitement ces organisations, se concentrant sur une critique générale des positions ambiguës au sein de la gauche.