Le tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne (Vendée) a examiné, ce jeudi 11 juin 2026, le cas d’un sexagénaire, actionnaire et gérant de sociétés liées aux campings Vnaya Village. Selon Ouest France, cet homme est poursuivi pour avoir utilisé, entre 2020 et 2022, des fonds provenant de plusieurs sociétés du groupe pour financer l’achat d’une Ferrari d’une valeur de 250 000 euros.
Ce qu'il faut retenir
- Un sexagénaire, actionnaire et gérant des sociétés Vnaya Village, a été jugé à Sables-d’Olonne pour abus de biens sociaux et blanchiment.
- Il est accusé d’avoir utilisé des fonds de plusieurs sociétés du groupe pour acheter une Ferrari à 250 000 euros entre 2020 et 2022.
- L’affaire s’inscrit dans le cadre d’un scandale plus large touchant les campings Vnaya Village dans les Pays de la Loire à l’été 2022.
- Le procès s’est tenu le 11 juin 2026 devant le tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne.
Un procès pour abus de biens sociaux et blanchiment
Le sexagénaire, dont l’identité n’a pas été révélée, a comparu devant le tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne pour répondre des faits d’abus de biens sociaux et de blanchiment. Selon les éléments présentés par le parquet, il aurait détourné des fonds appartenant à plusieurs sociétés du groupe Vnaya Village afin de financer l’acquisition d’un véhicule de luxe. L’enquête a mis en lumière une série de transactions financières opaques entre les différentes entités du groupe, alimentant les soupçons de malversations.
L’affaire remonte à l’été 2022, lorsque des dysfonctionnements internes et des irrégularités financières au sein de Vnaya Village avaient été signalés. Ces révélations avaient alors entraîné une enquête administrative et judiciaire, révélant un système organisé de détournements de fonds. Le gérant, qui occupait une position centrale dans la gestion des sociétés, est ainsi devenu l’une des figures clés de ce scandale.
Une Ferrari au cœur des accusations
Les investigations menées par les autorités judiciaires ont permis d’établir que la Ferrari, achetée en 2021, avait été payée via des comptes appartenant à plusieurs sociétés du groupe. Les fonds utilisés provenaient notamment de la société gestionnaire des campings, mais aussi d’autres entités liées à Vnaya Village. Selon les éléments du dossier, le véhicule aurait été enregistré au nom d’une société écran, une pratique courante dans les schémas de blanchiment pour dissimuler l’origine des fonds.
Lors de l’audience, le procureur a souligné que ce type de détournement portait atteinte non seulement aux actionnaires minoritaires, mais aussi aux salariés et aux partenaires économiques du groupe. Il a rappelé que les abus de biens sociaux sont passibles de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende, tandis que le blanchiment est puni jusqu’à dix ans de prison et 750 000 euros d’amende.
« Ces agissements ont causé un préjudice financier et réputationnel considérable à l’ensemble du groupe Vnaya Village, » a déclaré le procureur lors de son réquisitoire.
Un scandale qui dépasse le cas de la Ferrari
Si l’achat de la Ferrari a retenu l’attention des médias et du public, il ne constitue qu’un volet d’un scandale bien plus large. Les investigations ont révélé des pratiques comptables frauduleuses, des transferts de fonds entre sociétés sœurs sans justification économique, et des dépenses personnelles imputées aux comptes professionnels. Plusieurs anciens employés et partenaires des campings ont témoigné lors de l’enquête, décrivant un climat de gestion opaque et de pressions financières.
Les campings Vnaya Village, situés dans les Pays de la Loire, avaient été rachetés en 2018 par un fonds d’investissement avant de connaître une série de difficultés financières. Les dysfonctionnements avaient conduit à des licenciements et à la fermeture temporaire de certains sites à l’été 2022, provoquant une crise sociale et médiatique. Depuis, plusieurs procédures judiciaires ont été engagées, dont celle concernant le gérant poursuivi pour abus de biens sociaux et blanchiment.
Cette affaire rappelle les risques liés aux abus de biens sociaux dans les entreprises, surtout lorsque les structures juridiques sont complexes et les contrôles insuffisants. Elle pourrait également servir de précédent pour renforcer les dispositifs de lutte contre la fraude financière dans le secteur du tourisme, un domaine particulièrement vulnérable aux détournements en période de crise.
L’abus de biens sociaux est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende, tandis que le blanchiment peut entraîner jusqu’à dix ans de prison et 750 000 euros d’amende.