Alors qu’elle entamait sa première année de droit dans un établissement universitaire français, Lola a reçu une demande inhabituelle de l’administration. Celle-ci lui a enjoint de fournir une photographie d’identité sans son foulard pour l’établissement de sa carte d’étudiant, selon Ouest France. Une exigence qui a conduit l’étudiante à saisir le Défenseur des droits.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étudiante en première année de droit a été priée de fournir une photo sans foulard pour sa carte d’étudiant.
  • Cette demande émane de l’administration de son université.
  • Le Défenseur des droits est intervenu pour examiner cette situation.
  • La jeune femme, prénommée Lola, a choisi de rendre publique cette demande.

La situation, révélée par Ouest France, illustre les tensions persistantes autour des questions de neutralité et de liberté vestimentaire dans les établissements publics. Lola, dont l’identité complète n’a pas été divulguée, a expliqué que cette demande lui avait été formulée par courriel. « On m’a explicitement demandé une photo sans foulard pour ma carte étudiante », a-t-elle indiqué à nos confrères. Contactée par l’administration, elle n’a pas reçu d’explication écrite précise concernant les motivations de cette exigence.

Dès l’annonce de cette demande, la jeune femme a saisi le Défenseur des droits, une autorité indépendante chargée de veiller au respect des libertés et de l’égalité. « Je ne comprends pas pourquoi mon apparence religieuse pourrait poser problème pour une simple carte étudiante », a-t-elle déclaré. Le Défenseur des droits, saisi le 3 mai 2026, a confirmé avoir reçu le dossier et s’être engagé à examiner la légalité de cette demande. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué sur les suites immédiates de cette saisine.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de débats sur la laïcité dans les services publics. En 2021, la loi confortant les principes républicains avait renforcé les règles encadrant le port de signes religieux ostentatoires pour certains agents publics. Cependant, les étudiants, eux, bénéficient d’une liberté vestimentaire encadrée par le principe de neutralité de l’État, mais pas par une interdiction systématique. Les établissements d’enseignement supérieur appliquent généralement leurs propres règlements intérieurs, parfois sources de contentieux.

Interrogée par Ouest France, l’université concernée n’a pas souhaité s’exprimer publiquement sur cette affaire, invoquant le respect de la vie privée des étudiants. Aucun document officiel ne précise si une telle exigence est systématique ou exceptionnelle. Lola, de son côté, a choisi de médiatiser son cas pour alerter sur ce qu’elle considère comme une discrimination. « Ma foi ne devrait pas m’empêcher de poursuivre mes études normalement », a-t-elle souligné.

Et maintenant ?

Le Défenseur des droits dispose d’un délai de deux à trois mois pour instruire le dossier. Si l’affaire devait être jugée comme une discrimination, l’établissement concerné pourrait être invité à revoir sa position. Par ailleurs, cette situation pourrait relancer le débat sur les règles applicables aux étudiants dans les universités françaises.

En attendant, Lola continue ses études avec son foulard, sa carte d’étudiant étant désormais valide. L’administration n’a pas indiqué si elle comptait modifier sa procédure pour les autres étudiants concernés.

Les étudiants bénéficient d’une liberté vestimentaire en dehors des cas où un enseignement ou une activité spécifique l’interdirait. Les établissements publics ne peuvent imposer de restrictions générales, sauf si elles sont justifiées par un impératif de neutralité ou de sécurité.