Une station-service atypique, ouverte depuis 2021 dans l’Ouest de la France, attire de plus en plus de clients en proposant uniquement des carburants alternatifs. Selon Ouest France, elle mise sur trois énergies : l’électricité, l’hydrogène et surtout le biogaz, dont la demande progresse malgré les difficultés du marché pour se démocratiser auprès des particuliers.

Ce qu'il faut retenir

  • Une station-service ouverte en 2021 proposant trois carburants alternatifs : électricité, hydrogène et biogaz
  • Le biogaz, carburant le plus demandé sur cette station, reste marginal dans le marché des particuliers
  • La station illustre une transition énergétique locale, mais son modèle dépend de l’offre disponible et des infrastructures

Une offre 100 % alternative depuis cinq ans

Installée dans une région où les questions environnementales sont prises au sérieux, cette station multi-énergies se distingue par son absence totale d’essence et de diesel. Depuis son ouverture en 2021, elle mise sur des solutions perçues comme plus durables : la recharge électrique, le plein d’hydrogène et l’approvisionnement en biogaz. Selon Ouest France, le biogaz arrive en tête des demandes, devant les autres carburants disponibles.

Ce choix s’inscrit dans une logique de diversification énergétique, alors que les véhicules thermiques classiques voient leur utilisation progressivement restreinte dans de nombreuses villes françaises. — Autant dire que cette station répond à une demande croissante, même si elle reste encore marginale à l’échelle nationale.

Le biogaz, un carburant en quête de reconnaissance

Le biogaz, produit à partir de déchets organiques, est souvent présenté comme une alternative crédible aux carburants fossiles. Pourtant, son développement auprès du grand public se heurte à plusieurs obstacles : disponibilité limitée des stations, coût encore élevé, et manque d’information chez les consommateurs. D’après Ouest France, les clients de cette station sont majoritairement des professionnels ou des passionnés de mobilité verte, prêts à franchir le pas malgré ces freins.

Un responsable de la station a déclaré : « Les particuliers commencent à s’intéresser au biogaz, mais beaucoup hésitent encore. Nous expliquons chaque jour comment fonctionne ce carburant et où le trouver en dehors de notre site. » Une démarche pédagogique qui montre que l’adoption massive prendra du temps.

L’hydrogène et l’électricité, des options encore minoritaires

Si le biogaz domine les ventes de cette station, l’électricité et l’hydrogène complètent l’offre. Les bornes de recharge électrique y sont de plus en plus sollicitées, portées par l’essor des véhicules électriques en France. Côté hydrogène, la demande reste confidentielle, en raison du prix des véhicules adaptés et du réseau encore très limité. Selon Ouest France, seulement quelques dizaines de clients par mois utilisent cette option, contre plusieurs centaines pour le biogaz.

Pourtant, les partisans de l’hydrogène mettent en avant son potentiel pour les poids lourds ou les trajets longs. — Bref, cette station reflète bien les hésitations et les espoirs de la transition énergétique, entre solutions matures et technologies prometteuses mais coûteuses.

Et maintenant ?

Cette station pourrait servir de modèle pour d’autres initiatives locales, à condition que les pouvoirs publics soutiennent davantage le développement des infrastructures. Une extension du réseau de biogaz, prévue d’ici 2027 dans plusieurs régions, pourrait faciliter l’accès à ce carburant pour un public plus large. Reste à voir si les constructeurs automobiles et les collectivités suivront cette dynamique.

En attendant, les stations comme celle-ci restent des laboratoires à ciel ouvert, où se dessine peut-être l’avenir de la mobilité en France.

Oui, le biogaz est considéré comme neutre en carbone, car il est issu de déchets organiques. Cependant, son bilan environnemental dépend de la méthode de production et de transport. Certains acteurs soulignent aussi des émissions indirectes liées à la fermentation des déchets.