Le groupe aérien franco-néerlandais Air France-KLM s'apprête à changer de nom dans les prochains mois, une fois finalisée l'acquisition de la compagnie scandinave SAS, et alors qu'il est candidat pour prendre des parts dans TAP Air Portugal. Selon BFM Business, le suspense autour de cette nouvelle identité reste entretenu par le directeur général du groupe, Benjamin Smith, qui a évoqué plusieurs pistes lors du Paris Air Forum vendredi 12 juin 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Le groupe Air France-KLM doit intégrer SAS courant 2026, une fois obtenu le feu vert des régulateurs.
  • Un nouveau nom est prévu pour le groupe, mais Benjamin Smith a démenti la piste The Blue Group, évoquée par la presse.
  • La marque du groupe sera maintenue discrète auprès des voyageurs pour privilégier celles des compagnies membres (Air France, KLM, Transavia, SAS).
  • Air France-KLM est également en lice pour racheter des parts dans TAP Air Portugal, en cours de privatisation.
  • Le groupe franco-néerlandais vise une position stratégique sur la péninsule ibérique, face à des concurrents comme Lufthansa.

Un nouveau nom en préparation, mais lequel ?

Alors que le groupe Air France-KLM se prépare à intégrer la compagnie scandinave SAS courant 2026, une question se pose : quel sera le nouveau nom du groupe ? Selon BFM Business, Benjamin Smith a confirmé que des discussions internes étaient en cours pour trouver une nouvelle identité. « Nous plaisantons tout le temps au sein d’Air France-KLM sur les quelques noms potentiels que nous pourrions avoir », a-t-il déclaré lors du Paris Air Forum.

Parmi les pistes évoquées par la presse, celle d’un éventuel nom en The Blue Group a été démentie par le patron du groupe. « Ce n’est pas vrai », a-t-il répondu de manière catégorique. Une chose est sûre : ce nouveau nom ne sera pas mis en avant auprès des voyageurs. « Nous tâchons de maintenir la marque loin des consommateurs autant que possible, de sorte que ces consommateurs se concentrent sur les marques de chaque compagnie, KLM, Air France, Transavia, et bientôt SAS », a-t-il expliqué.

L’intégration de SAS et la stratégie ibérique en ligne de mire

L’acquisition de SAS par Air France-KLM est sur le point d’être finalisée, sous réserve de l’approbation des régulateurs. Le groupe détient déjà 19,9 % de la compagnie scandinave et vise une participation de 60,5 % courant 2026. Une fois cette opération conclue, SAS rejoindra le portefeuille des compagnies du groupe, aux côtés d’Air France, de KLM et de Transavia.

Parallèlement, Air France-KLM est en compétition avec d’autres acteurs européens pour racheter des parts dans TAP Air Portugal, dont la privatisation est en cours. « Pour nous, c’est très important d’obtenir une position privilégiée dans l’une des deux grandes plateformes aéroportuaires de la péninsule ibérique, Lisbonne », a indiqué Benjamin Smith. Madrid, quant à elle, est déjà sous l’influence d’Iberia, filiale du groupe concurrent IAG (qui regroupe notamment British Airways et Vueling).

Le directeur général du groupe a rappelé que deux autres géants européens, Lufthansa et IAG, convoitent également TAP Air Portugal. « Il y a trois groupes européens et deux ‘hubs’ sur la péninsule ibérique. L’un d’entre eux va se retrouver sans partenaire. Donc pour nous, c’est très important », a-t-il souligné.

Une bataille stratégique pour le contrôle des hubs européens

La course pour le contrôle des hubs aériens en Europe s’intensifie. Avec Lufthansa et IAG, Air France-KLM fait partie des principaux acteurs en lice pour renforcer sa présence sur le continent. La prise de participation dans TAP Air Portugal offrirait au groupe franco-néerlandais un accès privilégié aux liaisons entre l’Europe et l’Amérique du Sud, un marché en pleine expansion.

« Nous voulons être présents là où se trouvent les opportunités de croissance », a expliqué Benjamin Smith. Pour l’heure, le groupe attend les décisions des autorités de régulation, tant pour l’acquisition de SAS que pour celle de parts dans TAP Air Portugal. Ces approbations pourraient intervenir d’ici la fin de l’année 2026, voire au début de 2027.

Un changement de nom discret, mais symbolique

Si le nouveau nom du groupe Air France-KLM n’a pas encore été officiellement dévoilé, le groupe a d’ores et déjà précisé qu’il ne communiquerait pas massivement auprès du public. « Nous voulons éviter de créer de la confusion chez les voyageurs », a rappelé Benjamin Smith. La stratégie consiste à renforcer les marques individuelles des compagnies membres, plutôt que de promouvoir une identité unique pour l’ensemble du groupe.

Cette approche vise à préserver la notoriété et la fidélisation des clients envers Air France, KLM ou Transavia, tout en intégrant progressivement SAS. Une communication minimaliste sera donc privilégiée pour annoncer le changement de nom, une fois celui-ci arrêté.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Air France-KLM dépendront des décisions des régulateurs européens concernant les acquisitions de SAS et de parts dans TAP Air Portugal. Si les approbations sont obtenues d’ici la fin de l’année 2026, le groupe pourrait officialiser son nouveau nom et son intégration de SAS dès le premier trimestre 2027. Quant à la stratégie autour de TAP Air Portugal, elle devrait se préciser dans les mois à venir, une fois les offres des différents concurrents connues.

Pour l’heure, Benjamin Smith a indiqué que le suspense autour du nouveau nom du groupe serait maintenu, sans pour autant confirmer ou infirmer les rumeurs en circulation. Une chose est certaine : le secteur aérien européen reste en pleine recomposition, avec des enjeux stratégiques majeurs pour les années à venir.

Le changement de nom s’inscrit dans une logique de simplification et de renforcement de la cohérence du groupe, après l’intégration de SAS et dans l’optique d’une éventuelle prise de participation dans TAP Air Portugal. Cela permettrait de mieux refléter l’étendue des activités du groupe, tout en maintenant une communication ciblée sur les marques individuelles (Air France, KLM, etc.) pour les voyageurs.

Les principaux rivaux d’Air France-KLM dans cette bataille sont Lufthansa et IAG (International Airlines Group, propriétaire de British Airways et Iberia). Ces trois groupes européens se disputent le contrôle des hubs stratégiques en Europe, notamment sur la péninsule ibérique et en Scandinavie.