L’avionneur européen Airbus a livré 81 appareils à 45 clients au mois de mai 2026, selon BFM Business. Ce chiffre marque une progression de 60 % sur un an, malgré les difficultés persistantes liées aux moteurs du fournisseur Pratt & Whitney. Cette performance lui permet de devancer son concurrent américain Boeing sur l’ensemble du premier semestre, avec 262 avions livrés contre 250 pour le constructeur rival.

Ce qu'il faut retenir

  • 81 avions livrés par Airbus en mai 2026, soit une hausse de 60 % sur un an malgré les problèmes de moteurs Pratt & Whitney.
  • 45 clients ont réceptionné des appareils, un réseau en expansion malgré les retards ponctuels.
  • Boeing livre 60 avions en mai, confirmant sa reprise après des retards sur le 737 MAX.
  • Airbus dépasse Boeing sur les cinq premiers mois de 2026 avec 262 livraisons contre 250 pour Boeing.
  • Le constructeur européen vise un record de 870 livraisons pour l’année 2026, dépassant son précédent record de 863 appareils en 2019.

De son côté, Boeing a livré 60 avions neufs en mai, confirmant la reprise de son activité après un ralentissement lié à des problèmes de qualité sur son 737 MAX. Le constructeur américain avait alerté en mars 2026 sur des retards « à court terme » causés par des « petites égratignures » sur des câbles, résultant d’une « erreur d’usinage » sur une partie des appareils non livrés. Malgré ces contretemps, Boeing a assuré pouvoir compenser ces retards et atteindre ses objectifs pour le deuxième trimestre.

Ces livraisons restent un indicateur clé pour les deux avionneurs, alors que le secteur aérien continue de réclamer des appareils neufs. Airbus, qui avait été devancé par Boeing au premier trimestre (114 livraisons contre 143), a su redresser la barre grâce à une accélération de sa production. Le groupe européen mise sur une année record en 2026, avec un objectif de 870 livraisons, un chiffre qui surpasserait le précédent record de 863 appareils en 2019, avant la pandémie de Covid-19.

Boeing sort progressivement de sa crise industrielle

Le géant américain traverse depuis plus d’un an une période délicate, marquée par des crises successives sur son 737 MAX. L’incident en vol survenu en janvier 2024, impliquant un appareil livré à Alaska Airlines, avait précipité le groupe dans une profonde remise en question. Les investigations avaient révélé des lacunes dans les processus de production, contraignant Boeing à revoir en profondeur ses méthodes avant d’obtenir, en octobre 2025, l’autorisation de la FAA (l’agence américaine de l’aviation civile) pour augmenter sa production mensuelle. Une étape clé pour retrouver la confiance des compagnies aériennes et des régulateurs.

Les problèmes de qualité détectés en mars 2026 sur les câbles du 737 MAX ont rappelé les fragilités persistantes du constructeur. Pourtant, les 60 livraisons de mai confirment une tendance à la reprise, même si le retard accumulé sur le premier trimestre n’a pas encore été totalement comblé. Selon BFM Business, Boeing conserve une trajectoire compatible avec ses objectifs pour le deuxième trimestre, mais la vigilance reste de mise.

Airbus bénéficie d’une dynamique commerciale renforcée

Malgré les difficultés de son fournisseur Pratt & Whitney, qui connaît des retards sur ses moteurs, Airbus a su maintenir une cadence élevée de livraisons. Les 81 appareils livrés en mai illustrent la capacité du groupe à s’adapter aux demandes du marché, même en période de contraintes industrielles. Avec 262 livraisons sur cinq mois, Airbus devance désormais Boeing, un revirement notable après un premier trimestre moins favorable. Cette performance s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer sa part de marché dans un contexte de reprise du trafic aérien mondial.

Le constructeur européen mise également sur l’innovation et la diversification de sa gamme pour séduire les compagnies. Entre les monocouloirs de la famille A320neo et les long-courriers A350, Airbus couvre l’ensemble des besoins du marché. Son objectif de 870 livraisons en 2026 – un seuil jamais atteint dans son histoire – reflète cette ambition. Pour y parvenir, le groupe table sur une amélioration progressive des approvisionnements en moteurs, tout en maintenant une cadence de production soutenue.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour Boeing, qui devra confirmer sa reprise et rattraper son retard sur Airbus. La publication de ses résultats trimestriels, prévue d’ici fin juin, pourrait apporter des éclairages sur l’évolution de sa production. Côté Airbus, la priorité reste la livraison des 870 appareils annoncés, un défi logistique et industriel majeur. Les retards persistants chez Pratt & Whitney pourraient toutefois peser sur cette trajectoire ambitieuse.

Enfin, la santé du marché aérien, en pleine reprise post-pandémie, jouera un rôle clé. Les compagnies aériennes, avides d’appareils neufs pour moderniser leurs flottes, continueront de suivre de près les performances des deux constructeurs. Une nouvelle question se pose : cette dynamique concurrentielle entre Airbus et Boeing va-t-elle se poursuivre tout au long de l’année 2026, ou assisterons-nous à un rééquilibrage progressif des forces ?

Boeing a subi des retards liés à des problèmes de qualité sur des câbles du 737 MAX, avec des « petites égratignures » causées par une « erreur d’usinage ». Ces défauts, détectés sur une partie des appareils non livrés, ont contraint le constructeur à revoir ses processus de production avant d’obtenir le feu vert de la FAA en octobre 2025 pour relancer sa production.