Pour redresser les comptes publics, la France doit engager un effort budgétaire « sans précédent », selon le dernier rapport de l’institut Avant-garde, un centre de réflexion économique indépendant. Entre 113 et 157 milliards d’euros d’économies seraient nécessaires, une fourchette qui reflète l’ampleur des défis à relever, comme le rapporte Capital.
Ce qu’il faut retenir
- Un besoin d’économies compris entre 113 et 157 milliards d’euros, selon l’institut Avant-garde.
- Trois scénarios proposés : stabilisation de la dette à 130 % du PIB, réduction à 121 %, ou baisse progressive jusqu’à 114 % en 2040.
- Un effort de 35 milliards d’euros de coupes dans les dépenses à réaliser en parallèle des nouvelles recettes fiscales.
- Les entreprises pourraient être appelées à contribuer via une rationalisation des allègements fiscaux et des cotisations sociales.
- Le rapport préconise aussi une réorientation des dépenses défavorables à l’environnement vers la transition écologique.
Un défi politique et économique majeur pour la décennie
Le redressement des comptes publics s’impose comme « l’un des défis politiques majeurs de la décennie qui s’ouvre », selon les auteurs du rapport « L’ajustement sans les larmes », rédigé par les économistes Alexis Guillaume et Cyprien Batut. L’objectif ? Éviter une explosion de la dette publique, alors que les finances de l’État restent sous haute tension. Capital souligne que cette analyse, publiée alors que les discussions sur le budget 2027 s’intensifient, intervient à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.
Les trois scénarios envisagés par l’institut Avant-garde visent des objectifs distincts en matière de dette. Le premier se limite à la stabiliser autour de 130 % du PIB, un niveau déjà élevé. Le deuxième scénario propose de la réduire à 121 %, tandis que le plus ambitieux table sur une trajectoire descendante pour atteindre 125 % en 2032 et 114 % en 2040. Autant dire que les marges de manœuvre sont étroites et nécessiteront des choix politiques difficiles.
Un appel à l’implication des entreprises dans l’ajustement budgétaire
Parmi les pistes évoquées, le rapport pointe du doigt le soutien public massif accordé aux entreprises, dont l’efficacité serait de plus en plus contestée. « Il est légitime d’impliquer les entreprises dans l’ajustement budgétaire à venir », estiment les auteurs. Ils suggèrent notamment une rationalisation des dispositifs d’allègements fiscaux et sociaux, ainsi qu’une réflexion sur les cotisations sociales. L’idée ? Réduire les dépenses publiques tout en maintenant un modèle de protection sociale robuste.
Sur le plan fiscal, le rapport recommande une rationalisation des niches fiscales et des régimes dérogatoires. Il évoque également la possibilité de hausses d’impôts ciblées, à condition de préserver les piliers du système social. « Des hausses d’impôts ciblées, surtout si l’on se fixe comme objectif commun de protéger ce qui structure notre modèle de protection sociale », précise le document.
Transition écologique et réorientation des dépenses : deux leviers complémentaires
Autre axe fort du rapport : la nécessité de réorienter les dépenses défavorables à l’environnement vers des investissements liés à la transition écologique et aux aides aux entreprises. Une approche qui s’inscrit dans la continuité des missions initiales de l’institut Avant-garde, fondé en janvier 2023 par Clara Leonard et Mathilde Viennot. Ce think tank avait pour vocation de « donner de la visibilité à certains sujets », notamment la dette publique et le financement de la transition écologique, expliquaient alors Les Echos.
Les deux cofondatrices avaient insisté sur leur positionnement : « Nous ne voulons pas avoir d’étiquette, nous tenons à rester non-partisans, à donner la parole à des économistes et chercheurs de tout bord. » Une posture qui vise à crédibiliser leurs propositions, alors que les débats sur la soutenabilité des finances publiques s’intensifient.
Ce rapport intervient alors que les tensions sur la dette publique s’accentuent, dans un contexte de ralentissement économique et de pressions inflationnistes persistantes. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si la France parviendra à concilier rigueur budgétaire et préservation de son modèle social.
Le premier scénario vise à stabiliser la dette autour de 130 % du PIB. Le deuxième scénario prévoit de la réduire à 121 %, tandis que le troisième scénario, le plus ambitieux, table sur une baisse progressive jusqu’à 114 % en 2040.
Le rapport suggère une rationalisation des dispositifs d’allègements fiscaux et sociaux, ainsi qu’une réflexion sur les cotisations sociales. Les auteurs estiment que le soutien public massif aux entreprises pourrait être revu à la baisse, voire conditionné à des objectifs de transition écologique.