Créée en 2006, l’application française de covoiturage Blablacar franchit une nouvelle étape dans son développement. Selon Le Monde, l’entreprise a annoncé le déploiement de son service dans vingt nouveaux pays, une expansion rendue possible uniquement grâce à l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle. Une stratégie qui illustre l’adoption croissante des technologies automatisées dans les stratégies de croissance des start-up européennes.

Jusqu’à présent, Blablacar était principalement présent en Europe, avec une forte implantation en France, en Allemagne et en Espagne. Cette expansion marque donc un tournant pour la plateforme, qui ambitionne désormais de toucher des marchés jusqu’ici inexplorés. Selon les chiffres communiqués par l’entreprise, le service est désormais disponible dans vingt nouvelles destinations, principalement situées en Amérique latine, en Asie du Sud-Est et en Afrique du Nord. Autant dire que l’objectif de l’entreprise est clair : s’imposer comme un acteur mondial du transport partagé.

Ce qu'il faut retenir

  • 20 nouveaux pays desservis grâce à l’IA, selon les informations rapportées par Le Monde.
  • Une expansion ciblant notamment l’Amérique latine, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique du Nord.
  • Blablacar, fondée en 2006, se positionne comme un acteur historique du covoiturage en Europe.
  • L’intelligence artificielle a joué un rôle clé dans le déploiement accéléré du service.
  • Cette stratégie s’inscrit dans une volonté de croissance internationale pour la plateforme.

Une expansion accélérée par l’IA

Blablacar n’est pas la première entreprise à recourir à l’intelligence artificielle pour faciliter son expansion. Selon les explications fournies par l’entreprise, les outils d’IA ont permis d’automatiser une partie du processus de mise en relation entre conducteurs et passagers, ainsi que la traduction instantanée des interfaces et des messages. « L’IA nous a permis de réduire de moitié le temps nécessaire à l’adaptation de notre application dans de nouvelles langues et réglementations locales », a déclaré Frédéric Mazzella, cofondateur et PDG de Blablacar, cité par Le Monde.

Cette automatisation ne se limite pas à la traduction. Les algorithmes analysent également les comportements des utilisateurs pour adapter l’interface et les fonctionnalités en fonction des spécificités culturelles et réglementaires de chaque pays. Un système qui, selon l’entreprise, a déjà fait ses preuves dans les marchés où Blablacar était déjà implanté. Pour les nouveaux territoires, l’objectif est de proposer une expérience aussi fluide que celle observée en Europe, tout en respectant les contraintes locales.

Un pari risqué sur des marchés émergents

Si l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est représentent des opportunités de croissance évidentes pour Blablacar, ces régions ne sont pas sans défis. La concurrence y est souvent féroce, avec des acteurs locaux bien établis, comme Cabify en Amérique latine ou Grab en Asie du Sud-Est. De plus, les habitudes de mobilité diffèrent parfois radicalement de celles observées en Europe, où le covoiturage longue distance a su se développer.

Pour autant, Blablacar mise sur l’efficacité de son modèle, qui repose sur la mise en relation directe entre conducteurs et passagers, sans intermédiaire. « Notre force réside dans notre capacité à proposer une solution économique et écologique, tout en garantissant la sécurité des utilisateurs », a souligné Frédéric Mazzella. L’entreprise met en avant des systèmes de notation et de vérification des profils pour limiter les risques, un modèle déjà éprouvé en Europe.

L’Europe reste le cœur de l’activité

Malgré cette expansion internationale, l’Europe reste le cœur de l’activité de Blablacar. Le service y enregistre encore la majorité de ses trajets, avec plus de 20 millions de trajets enregistrés en 2025. Cependant, la plateforme voit dans les marchés émergents un relais de croissance indispensable pour maintenir sa dynamique. En 2024, Blablacar a réalisé une levée de fonds de 200 millions d’euros, destinée en partie à financer cette expansion.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où les géants du numérique, comme Uber ou Bolt, misent également sur l’internationalisation. Pourtant, Blablacar se distingue par son modèle centré sur le covoiturage longue distance, une niche moins concurrentielle que le transport urbain. Reste à voir si l’IA suffira à surmonter les défis culturels et réglementaires des nouveaux marchés.

Et maintenant ?

Blablacar prévoit d’évaluer les performances de son expansion dans ces vingt nouveaux pays d’ici la fin de l’année 2026. Une première série de données devrait être publiée au premier trimestre 2027, permettant d’ajuster la stratégie si nécessaire. Parallèlement, l’entreprise continue d’investir dans l’amélioration de ses outils d’IA pour optimiser l’expérience utilisateur et renforcer la sécurité sur sa plateforme.

Cette expansion rapide soulève également des questions sur la durabilité du modèle économique de Blablacar dans des marchés où les revenus par utilisateur pourraient être inférieurs à ceux enregistrés en Europe. Pour l’heure, l’entreprise mise sur une croissance à long terme, avec l’espoir de devenir un acteur incontournable du transport partagé à l’échelle mondiale.