Les entreprises du secteur technologique peinent à réduire leurs émissions de CO₂ malgré leurs engagements climatiques, selon un rapport publié ce mercredi 2 septembre. Le développement fulgurant de l’intelligence artificielle, gourmande en énergie, vient compromettre leurs objectifs de décarbonation.

Ce qu'il faut retenir

  • Les acteurs majeurs du numérique n’arrivent pas à diminuer suffisamment leurs émissions de gaz à effet de serre
  • Leur consommation énergétique explose sous l’effet du déploiement de l’IA
  • Le rapport souligne un décalage croissant entre ambitions climatiques et réalité industrielle
  • Les data centers, piliers de l’IA, représentent une part majeure de cette hausse
  • Les entreprises du secteur avaient pourtant multiplié les engagements en faveur du climat

Des promesses climatiques mises à mal par la révolution de l’IA

D’après les données compilées par Le Monde, les géants du numérique — dont les GAFAM en tête — voient leurs émissions de CO₂ stagner, voire augmenter, malgré des années d’engagements publics en faveur de la neutralité carbone. « Les modèles d’IA les plus avancés nécessitent des infrastructures énergivores », a souligné un expert interrogé par nos confrères, rappelant que chaque requête générée par une IA consomme bien plus d’énergie qu’une recherche classique sur un moteur de recherche traditionnel. Autant dire que l’équation devient complexe pour des entreprises qui avaient pourtant promis de diviser par deux leurs émissions d’ici 2030.

Un rapport accablant publié dans un contexte de transition énergétique

Le document, rendu public hier, met en lumière l’ampleur du défi. Les data centers, infrastructures indispensables au fonctionnement des algorithmes d’intelligence artificielle, voient leur consommation électrique bondir. Aux États-Unis, par exemple, ces centres représentent déjà 2 % de la consommation électrique nationale, selon les dernières estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). « Sans une rupture technologique majeure, ces chiffres pourraient tripler d’ici 2030 », a indiqué un responsable de l’AIE, cité par Le Monde. Bref, le secteur se trouve pris en étau entre ses ambitions écologiques et la réalité d’une industrie en pleine expansion.

L’IA, un accélérateur de dépenses énergétiques

Les entreprises comme Google, Microsoft ou Meta, qui investissent massivement dans l’IA, se heurtent à une contradiction de taille. Leur croissance repose désormais sur des modèles toujours plus puissants, mais aussi plus gourmands. Un rapport de l’ONG Greenpeace, publié en août 2026, avait déjà alerté sur le sujet : « Les centres de données dédiés à l’IA consomment jusqu’à 10 fois plus d’énergie qu’un data center classique », peut-on y lire. Face à cette situation, certaines entreprises tentent de compenser en achetant de l’électricité verte, mais l’offre reste insuffisante pour absorber la demande croissante.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes sont évoquées pour tenter d’inverser la tendance, à commencer par l’optimisation des algorithmes. Des chercheurs travaillent sur des modèles moins énergivores, tandis que les gouvernements pourraient durcir les réglementations. Une réunion du G20 sur l’énergie, prévue en décembre 2026, devrait aborder cette question. Reste à voir si les acteurs privés et publics parviendront à concilier innovation technologique et transition écologique.

Une chose est sûre : le défi dépasse le simple cadre industriel. Il interroge aussi sur la capacité des sociétés à concilier progrès technologique et impératifs climatiques.

L’entraînement et l’exécution des modèles d’intelligence artificielle nécessitent des calculs complexes, réalisés par des serveurs fonctionnant en permanence. Ces infrastructures, regroupées dans des data centers, doivent être refroidies en permanence, ce qui augmente encore leur consommation énergétique.