La multinationale pétrolière britannique BP a annoncé ce mardi 9 juin une réorganisation majeure de ses activités, scindant ses principaux segments en deux divisions distinctes – « amont » et « aval » – tout en confirmant son désengagement des énergies renouvelables. Meg O’Neil, la nouvelle directrice générale du groupe, justifie cette décision par la volonté de « clarifier les responsabilités et de faciliter une prise de décision plus rapide et plus efficace », comme le rapporte BFM Business.
Cette restructuration intervient deux semaines après le limogeage d’Albert Manifold, ancien président du conseil d’administration de BP. Selon le quotidien économique, la société, l’un des cinq plus grands énergéticiens mondiaux aux côtés de Shell, Chevron, ExxonMobil et TotalEnergies, entame ainsi un virage stratégique en abandonnant progressivement ses investissements dans les énergies solaire et éolienne.
Ce qu'il faut retenir
- BP divise ses activités en deux divisions principales : « amont » (exploration, production, gaz naturel, captage de CO₂) et « aval » (raffinage, pipelines, biocarburants, aviation, hydrogène, lubrifiants Castrol), à compter du 1er juillet 2026.
- La multinationale confirme son retrait des énergies renouvelables (solaire et éolien) et privilégie désormais un modèle « à faible intensité capitalistique » dans ces secteurs.
- Le groupe, dirigé par Meg O’Neil, cède pour 20 milliards de dollars d’actifs d’ici 2027, dont dix parcs éoliens terrestres aux États-Unis vendus en 2025.
- Deux dirigeants historiques de BP prennent la tête des nouvelles divisions : Gordon Birrell (amont) et Richard Harding (aval, par intérim).
Une réorganisation en deux temps pour recentrer l’entreprise
À compter du 1er juillet 2026, BP opérera une division « amont » dédiée à l’exploration, au développement et à la production de pétrole et de gaz, ainsi qu’aux coentreprises liées au gaz naturel et au captage de CO₂. De son côté, la division « aval » regroupera le raffinage du pétrole, les terminaux, les pipelines, les mobilités, les biocarburants, l’aviation, l’hydrogène et les lubrifiants de la marque Castrol. Les activités d’approvisionnement, de négoce et de transport maritime « continueront d’être opérées sur les deux segments », précise le groupe dans son communiqué.
Cette scission vise à « réduire la complexité » et à « renforcer l’exécution », a souligné Meg O’Neil lors de l’annonce. « Concentrer nos efforts sur deux segments distincts est une étape importante pour accélérer la mise en œuvre », a-t-elle ajouté. La réorganisation s’inscrit dans un contexte de recentrage sur la rentabilité, après que la direction a reconnu, l’an dernier, avoir « été trop vite » dans ses objectifs de réduction des énergies fossiles et avoir surestimé la rentabilité de ses investissements dans les renouvelables.
Le désengagement des énergies renouvelables s’accélère
BP confirme son abandon progressif des énergies solaire et éolienne, une décision qui marque un revirement stratégique par rapport aux engagements climatiques pris ces dernières années. « Nous allons promouvoir un modèle à faible intensité capitalistique dans ces domaines », indique le groupe, sans pour autant préciser de calendrier pour ces cessions. En 2025, BP avait déjà cédé ses actifs éoliens terrestres aux États-Unis, portant sur dix parcs. Fin 2024, le groupe avait annoncé un plan de cessions totalisant 20 milliards de dollars d’ici 2027, reflétant une volonté de recentrage sur les activités traditionnelles plus rentables.
Cette orientation contraste avec les ambitions affichées par le secteur ces dernières années, alors que les majors pétrolières étaient sous pression pour accélérer leur transition énergétique. En 2021, BP s’était fixé l’objectif de devenir une entreprise « zéro émission nette » d’ici 2050, un engagement aujourd’hui relégué au second plan au profit d’une logique de maximisation des profits à court terme.
Nouvelle gouvernance et nominations clés
La réorganisation s’accompagne de changements dans la direction de BP. Gordon Birrell, qui occupait précédemment les fonctions de responsable des activités de production et d’exploitation, prendra la tête de la division « amont ». De son côté, Richard Harding, ancien directeur des activités clients et produits, assurera la direction par intérim de la division « aval », en remplacement d’Emma Delaney, partie en avril 2026. Ces nominations entrent en vigueur le 1er juillet, date à laquelle les deux divisions deviendront opérationnelles.
Ce remaniement s’inscrit dans la continuité des bouleversements récents au sein de la direction de BP. Le limogeage d’Albert Manifold, président du conseil d’administration, en mai 2026, avait marqué un tournant dans la gouvernance du groupe, alors que les actionnaires réclamaient une meilleure rentabilité. Sous la houlette de Meg O’Neil, nommée directrice générale en début d’année, BP mise désormais sur une stratégie plus conservatrice, privilégiant les énergies fossiles et une gestion rigoureuse de ses actifs.
Reste à voir si ce recentrage sur les énergies fossiles permettra à BP de concilier rentabilité à court terme et exigences de ses actionnaires, dans un contexte où la transition énergétique impose des adaptations structurelles au secteur.
Selon BFM Business, BP justifie ce désengagement par une rentabilité jugée « trop faible » dans ces secteurs. La direction a reconnu en 2025 avoir « été trop vite » dans ses objectifs de réduction des énergies fossiles, privilégiant désormais un modèle « à faible intensité capitalistique » pour les renouvelables, afin de recentrer les investissements sur les activités traditionnelles plus profitables.
BP a annoncé un plan de cessions totalisant 20 milliards de dollars d’ici 2027, incluant notamment la vente de dix parcs éoliens terrestres aux États-Unis en 2025. Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie de recentrage du groupe sur ses activités fossiles et de réduction de sa complexité organisationnelle.