Jusqu’à 75 % des patients sous chimiothérapie déclarent souffrir d’un brouillard cognitif, un trouble qui perturbe leur concentration, leur mémoire et leur capacité à accomplir les tâches quotidiennes. Comme le rapporte Top Santé, une étude américaine récente explore les effets d’un exercice physique léger, tel que la marche, pour atténuer ces symptômes.

Ce qu'il faut retenir

  • 75 % des patients sous chimiothérapie seraient concernés par le brouillard cognitif, selon une étude américaine.
  • La marche quotidienne, même modérée, pourrait réduire ces troubles cognitifs liés aux traitements.
  • Les chercheurs ont observé une amélioration de la clarté mentale chez les participants intégrant une activité physique légère.
  • L’étude souligne l’importance de l’activité physique dans la gestion des effets secondaires des traitements contre le cancer.

Un phénomène répandu et handicapant pour les patients

Le brouillard cognitif, ou chemobrain, désigne un ensemble de troubles de la mémoire, de l’attention et de la concentration survenant pendant ou après une chimiothérapie. D’après les données compilées par les auteurs de l’étude, ce phénomène touche près de trois quarts des patients traités par chimiothérapie. « Ce trouble peut durer des mois, voire des années après la fin du traitement », a précisé le Dr. Patricia Ganz, oncologue et auteure principale de l’étude, citée par nos confères de Top Santé.

Les conséquences sont multiples : difficultés à suivre une conversation, oublis fréquents, ralentissement de la réflexion. Autant dire que la qualité de vie des patients s’en trouve fortement impactée. Les traitements anticancéreux, bien que vitaux, s’accompagnent ainsi d’effets secondaires parfois aussi invalidants que la maladie elle-même.

La marche, un remède accessible contre le brouillard cognitif

Pour contrer ce phénomène, une équipe de chercheurs américains a mené une étude portant sur l’impact d’une activité physique régulière, et plus précisément de la marche, sur les fonctions cognitives des patients. Les résultats, publiés dans une revue spécialisée, révèlent que 30 minutes de marche quotidienne améliorent significativement la clarté mentale des participants. « Même une activité légère, comme une promenade, peut avoir un effet notable », a indiqué le Dr. Ganz.

Cette approche présente plusieurs avantages : elle est peu coûteuse, accessible à la plupart des patients et ne nécessite pas d’équipement particulier. Les chercheurs ont noté que les patients intégrant cette routine ressentaient moins de fatigue mentale et une meilleure capacité à organiser leurs pensées. Une piste prometteuse pour compléter les stratégies de prise en charge du chemobrain.

Pourquoi l’exercice physique agit-il sur le cerveau ?

Les mécanismes par lesquels la marche atténue le brouillard cognitif restent partiellement élucidés, mais plusieurs hypothèses sont avancées. D’abord, l’activité physique stimule la circulation sanguine, y compris dans le cerveau, favorisant ainsi l’oxygénation des tissus neuronaux. Ensuite, elle favorise la libération d’endorphines, des molécules naturellement produites par l’organisme qui améliorent l’humeur et réduisent le stress — deux facteurs connus pour influencer les capacités cognitives.

« L’exercice agit comme un anti-inflammatoire naturel », a expliqué le Dr. Ganz. Les traitements contre le cancer provoquent souvent une inflammation à bas bruit dans l’organisme, laquelle peut affecter le fonctionnement du cerveau. En réduisant cette inflammation, la marche contribuerait à limiter les effets du brouillard cognitif. Une piste qui mérite d’être approfondie, d’autant que les bénéfices s’étendent bien au-delà de la seule santé mentale.

Et maintenant ?

Les résultats de cette étude pourraient encourager les équipes soignantes à intégrer systématiquement des conseils en activité physique dans les parcours de soins des patients sous chimiothérapie. Une recommandation qui devrait être formalisée d’ici la fin de l’année 2026, selon les annonces des chercheurs. Reste à voir si ces bonnes pratiques seront généralisées dans les centres hospitaliers et si les assurances maladies prendront en charge des programmes dédiés.

Si ces conclusions ouvrent des perspectives encourageantes, elles rappellent aussi l’importance d’une prise en charge globale du patient. Traiter le cancer ne se limite pas à éradiquer la tumeur : il s’agit aussi d’accompagner les personnes dans leur quotidien, y compris après les traitements. Une approche qui gagne du terrain, mais qui demande encore à être systématisée.

Les chercheurs américains suggèrent une pratique de 30 minutes par jour, à adapter selon l’état de santé du patient. Même des séances plus courtes, comme 10 à 15 minutes, pourraient apporter des bénéfices, selon les auteurs de l’étude.