Le gouvernement ivoirien a officialisé, ce 1er septembre 2026, un prix garanti de 1 200 francs CFA le kilo pour le cacao, une décision qui laisse les producteurs du pays, premier exportateur mondial de « l’or brun », profondément insatisfaits. Comme le rapporte Libération, cette annonce intervient dans un contexte marqué par des tensions récurrentes autour de la rémunération des cultivateurs, alors que les cours mondiaux du cacao restent volatils.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement ivoirien a fixé un prix d’achat garanti à 1 200 francs CFA le kilo pour le cacao, annoncé le 1er septembre 2026.
  • Cette décision s’applique à la campagne cacaoyère 2026-2027, couvrant environ 1,5 million de tonnes de fèves produites annuellement en Côte d’Ivoire.
  • Les producteurs, qui représentent des centaines de milliers de foyers ruraux, jugent ce tarif insuffisant face à l’inflation et aux coûts de production en hausse.
  • La Côte d’Ivoire assure près de 40 % de la production mondiale de cacao, faisant de ce prix une décision stratégique pour le marché.

La fixation de ce prix, applicable dès la prochaine campagne, intervient après des mois de négociations tendues entre l’État, les coopératives agricoles et les acteurs du secteur. Libération souligne que les discussions ont buté sur l’écart entre les attentes des producteurs et les contraintes budgétaires de l’exécutif. « Nous avons écouté toutes les parties prenantes, mais le prix retenu doit aussi tenir compte de la situation économique globale », a indiqué un responsable du ministère du Commerce, cité par le quotidien.

Pour les cultivateurs ivoiriens, cette annonce est loin de répondre à leurs revendications. Depuis plusieurs années, les syndicats agricoles réclament un prix d’achat révisé à la hausse, estimant que le tarif actuel ne couvre même plus leurs coûts de production. « Avec 1 200 francs CFA, on ne fait plus de profits. Les intrants coûtent cher, et le travail des champs n’est plus rentable », déplore un planteur de la région du Sud-Comoé, interrogé par Libération.

Le secteur cacaoyer ivoirien emploie directement ou indirectement plusieurs millions de personnes. La baisse des revenus menace donc non seulement les revenus des agriculteurs, mais aussi la stabilité sociale des zones rurales. Autant dire que la décision gouvernementale pourrait relancer les tensions dans un secteur déjà sous pression. Les observateurs soulignent que cette mesure risque aussi d’accentuer les exportations frauduleuses vers les pays voisins, où les prix proposés sont parfois plus attractifs.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de cette mesure. Le gouvernement a annoncé la mise en place d’un mécanisme de suivi pour ajuster le prix si nécessaire, mais aucune date précise n’a été communiquée. Par ailleurs, les syndicats ont déjà prévenu qu’ils pourraient organiser des mobilisations si aucune amélioration n’est constatée d’ici la fin de l’année. Une réunion est prévue début octobre avec les représentants des producteurs pour tenter d’apaiser les tensions.

Pour l’heure, la balle est dans le camp des autorités. Leur capacité à concilier équité sociale et équilibre économique sera scrutée de près par un secteur qui pèse lourd dans l’économie ivoirienne. À suivre, donc, dans les prochains mois.

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, avec une production annuelle d’environ 1,5 million de tonnes. Le secteur représente près de 15 % du PIB du pays et emploie des millions de personnes, ce qui en fait un pilier de l’économie. Toute décision sur le prix d’achat a donc un impact direct sur les revenus des agriculteurs, la stabilité sociale et les recettes d’exportation.