« La France est prête pour l’électrification », a affirmé le gouvernement en 2025. Pourtant, sur le terrain, le passage à l’électrique dans l’artisanat et l’industrie s’annonce plus complexe que dans les transports routiers, selon Ouest France.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement mise sur l’électrification, mais les artisans et industriels font face à des obstacles financiers et techniques
- Les aides publiques existent, mais les investissements restent élevés, notamment pour les raccordements et l’adaptation des process industriels
- Les transports routiers bénéficient déjà de dispositifs incitatifs plus efficaces
Un objectif national, des réalités contrastées
Le gouvernement a placé l’électrification au cœur de sa stratégie énergétique, avec une ambition claire : réduire la dépendance aux énergies fossiles et accélérer la transition écologique. Pourtant, dans les secteurs de l’artisanat et de l’industrie, la bascule vers l’électrique se heurte à des freins structurels. « La France est prête pour l’électrification », avait martelé l’exécutif, mais la réalité des entreprises est plus nuancée, comme le révèle Ouest France.
Les artisans, souvent limités par des marges financières étroites, doivent composer avec des coûts d’investissement élevés pour moderniser leur outillage. Dans l’industrie, les défis sont encore plus importants : adaptation des chaînes de production, formation des salariés et surtout, raccordements électriques souvent coûteux et longs à mettre en place. Autant dire que le virage électrique ne se fera pas du jour au lendemain.
Des aides insuffisantes face à l’ampleur des besoins
Pourtant, des dispositifs d’aide existent. Le gouvernement a notamment mis en place des subventions et des crédits d’impôt pour encourager l’achat de véhicules et d’équipements électriques. Mais ces mesures peinent à convaincre une partie du tissu économique. « Les aides sont là, mais elles ne couvrent pas toujours l’intégralité des coûts », explique un responsable syndical interrogé par Ouest France. « Quand on doit investir des centaines de milliers d’euros dans une nouvelle machine ou un raccordement, même avec une subvention, l’effort reste conséquent. »
Dans l’industrie, où les processus de production sont souvent énergivores, l’électrification suppose aussi une refonte des installations existantes. Les délais de raccordement au réseau électrique, parfois supérieurs à un an, ajoutent une contrainte supplémentaire. « On nous parle d’électrification, mais sans garantie sur la disponibilité des infrastructures, c’est difficile de s’engager », confie un dirigeant d’entreprise industrielle.
Les transports routiers, déjà en route vers l’électrique
À l’inverse, le secteur du transport routier semble mieux armé pour cette transition. Les aides à l’achat de camions électriques, combinées à des péages urbains dissuasifs pour les véhicules thermiques, ont déjà permis une accélération des commandes. Selon les dernières données, plus de 15 % des nouvelles immatriculations de poids lourds en 2025 étaient électriques, un chiffre en forte hausse par rapport à 2023.
Cette différence s’explique en partie par la maturité des technologies disponibles pour les véhicules routiers, mais aussi par des dispositifs incitatifs plus ciblés. « Les transporteurs ont accès à des aides directes et à des prêts à taux zéro, ce qui n’est pas toujours le cas pour les artisans ou les petites industries », précise un expert du secteur.
En attendant, le gouvernement continue de marteler son message : « La transition électrique est inéluctable, et ceux qui tarderont à s’y préparer risquent de perdre des parts de marché face à une concurrence déjà engagée dans cette voie. » Une incitation on ne peut plus claire, mais dont l’impact réel dépendra largement de la capacité des entreprises à surmonter les obstacles financiers et techniques.
Plusieurs dispositifs existent, dont le crédit d’impôt transition énergétique (CITE), les subventions de l’ADEME pour l’achat d’équipements électriques, et les prêts à taux bonifiés accordés par Bpifrance. Certaines régions proposent également des aides complémentaires, notamment pour les PME. Pour en bénéficier, les entreprises doivent généralement déposer un dossier auprès de leur chambre de commerce ou de leur syndicat professionnel.