Depuis des années, l’Afghanistan s’enfonce dans une crise humanitaire sans précédent. Selon Courrier International, qui s’appuie sur des rapports de la BBC et des Nations unies, plus d’un dixième de la population afghane, soit 4,7 millions de personnes, serait aujourd’hui au bord de la famine. Une situation aggravée par l’effondrement des aides internationales et une économie en ruine.
Ce qu'il faut retenir
- 4,7 millions d’Afghans, soit plus de 10 % de la population, menacés par la famine en 2026, selon la BBC.
- Trois Afghans sur quatre ne peuvent plus satisfaire leurs besoins vitaux, selon les Nations unies.
- L’aide alimentaire, autrefois massive, a été réduite de manière drastique par les États-Unis et d’autres donateurs en 2025.
- La mortalité infantile explose, avec des nouveau-nés en sous-poids et des services de néonatologie saturés.
- Le travail des enfants et les ventes d’enfants pour survivre se multiplient dans les provinces les plus touchées.
- Les sécheresses répétées et le chômage endémique plongent des millions de familles dans une précarité extrême.
Une crise humanitaire aggravée par l’effondrement des aides internationales
L’Afghanistan, déjà fragilisé par des décennies de conflits, traverse une période de misère sans précédent. Selon Courrier International, 4,7 millions de personnes – soit plus d’un dixième de la population – seraient aujourd’hui au bord de la famine. Trois Afghans sur quatre ne parviennent plus à satisfaire leurs besoins fondamentaux, comme l’a révélé un rapport des Nations unies. Le chômage est endémique, le système de santé s’effondre, et l’aide alimentaire, qui permettait autrefois à des millions de personnes d’accéder à des biens de première nécessité, a été drastiquement réduite.
Les États-Unis, autrefois premier donateur, ont quasiment suspendu leur aide l’an dernier, suivis par d’autres pays. Cette baisse des financements a plongé des provinces entières dans une précarité extrême. À Ghor, l’une des régions les plus touchées, des habitants témoignent de leur désespoir. « J’ai reçu un appel m’indiquant que mes enfants n’avaient pas mangé depuis deux jours », raconte Rabani. « J’ai eu envie de me suicider. Mais je me suis dit : ‘En quoi cela aiderait-il ma famille ?’ »
Des familles au bord du gouffre : témoignages de l’enfer afghan
Les récits des Afghans laissent entrevoir l’ampleur de la catastrophe. Khwaja Ahmad, un habitant de Ghor, résume la situation : « Nous mourons de faim. Mes aînés sont morts, alors je dois travailler pour nourrir ma famille. Mais je suis vieux, alors personne ne veut m’embaucher. » Abdul Rashid Azimi, un autre père de famille, décrit un quotidien insoutenable : « Je suis prêt à vendre mes filles. Je rentre du travail les lèvres desséchées, affamé, assoiffé, angoissé et désorienté. Mes enfants viennent me voir en disant : ‘Papa, donne-nous du pain.’ Mais que puis-je leur donner ? Où est le travail ? »
Ces témoignages, recueillis par la BBC, illustrent une réalité où des parents, acculés par la faim, envisagent des solutions désespérées. Selon Hasht-e Subh, un média afghan basé au Canada, des cas de vente d’enfants ont déjà été signalés en décembre 2025. Dans la province de Ghor, un homme âgé aurait emmené sa jeune fille au marché, expliquant vouloir la vendre pour sauver ses autres enfants de la famine.
La mortalité infantile explose dans les hôpitaux saturés
La crise se mesure aussi à l’aune des vies brisées. À l’hôpital provincial principal de Chaghcharan, le service de néonatologie est bondé. « Tous les lits sont occupés, certains même par deux bébés. La plupart sont en sous-poids et une majorité d’entre eux rencontrent des difficultés à respirer seuls », décrit la BBC. Une infirmière montre un berceau contenant des jumelles nées deux mois avant terme. « L’une pèse 2 kilos, l’autre seulement 1 kilo », précise-t-elle. Leur mère, elle aussi très faible, n’a presque rien mangé pendant sa grossesse, se contentant de pain et de thé.
Cette situation reflète l’effondrement des conditions de vie en Afghanistan. Les femmes enceintes, sous-alimentées, donnent naissance à des enfants en danger de mort. Les infrastructures médicales, déjà fragiles, ne peuvent absorber l’afflux de patients en détresse.
Travail des enfants et sécheresses : la spirale infernale
Les conséquences de la crise se font sentir dans tous les aspects de la société afghane. Selon les habitants, les sécheresses répétées depuis des années ont ravagé les exploitations agricoles. « La sécheresse dure depuis des années. Les exploitations agricoles sont ravagées. Dans la plupart des villages, même les vaches et les moutons n’ont plus de fourrage. La situation est catastrophique », témoigne Abdul Jabbar, un habitant de Ghor. Les familles rurales, privées de revenus, n’ont d’autre choix que de faire travailler leurs enfants.
À Kaboul, des enfants passent désormais leurs journées dans les rues à ramasser des bouteilles ou à nettoyer les vitres des voitures pour subvenir aux besoins de leurs familles. « Lorsque nous nous déplaçons dans la ville, nous voyons de jeunes enfants ramasser des bouteilles et nettoyer les vitres des voitures », déclare Shahabuddin, un habitant de la capitale. « Il faut accorder plus d’attention à ces enfants », lance-t-il, désespéré. Selon Tolo News, le travail des enfants a fortement augmenté en raison de la pauvreté galopante.
Un pays à genoux, une communauté internationale en retrait
L’Afghanistan, déjà miné par des années de guerre et d’instabilité politique, subit aujourd’hui les conséquences d’un retrait massif des aides internationales. Les États-Unis, principal bailleur de fonds, ont drastiquement réduit leurs contributions en 2025, suivis par d’autres pays occidentaux. Cette décision a précipité des millions de familles dans une précarité extrême, où la survie quotidienne est devenue un combat.
Les organisations humanitaires, comme le Programme alimentaire mondial (PAM), tentent de maintenir des opérations de secours, mais leurs ressources sont insuffisantes face à l’ampleur de la crise. Sans un sursaut de la communauté internationale, l’Afghanistan pourrait sombrer un peu plus dans le chaos, avec des conséquences imprévisibles pour la région.
Une crise aux répercussions régionales
La situation afghane ne reste pas sans impact au-delà de ses frontières. Les expulsions massives de travailleurs afghans depuis l’Iran, en 2025, ont aggravé la crise en renvoyant des milliers de familles sans ressources en Afghanistan. Ces retours forcés, couplés aux sécheresses et à l’effondrement économique, créent un cercle vicieux difficile à briser.
Les experts craignent que cette crise humanitaire ne débouche sur une instabilité accrue, avec des risques de conflits pour les ressources restantes. Les organisations internationales appellent à une réponse urgente, mais les blocages politiques persistent.
Face à l’urgence, une question se pose : la communauté internationale parviendra-t-elle à se mobiliser à temps pour éviter une catastrophe d’une ampleur encore plus grande ?
Les États-Unis, principal donateur, ont quasiment suspendu leur aide en 2025 en raison de changements politiques et de priorités budgétaires. D’autres pays ont suivi cette décision, réduisant drastiquement les financements destinés à l’aide humanitaire et alimentaire.
La province de Ghor est l’une des plus affectées, avec des taux de malnutrition et de mortalité infantile parmi les plus élevés du pays. D’autres régions rurales, comme celles du nord et de l’ouest, subissent également des crises aiguës en raison des sécheresses et du manque d’infrastructures.