Selon RFI, les grèves et les blocages de routes en Bolivie, lancés pour exiger des solutions à la crise économique qui frappe le pays, s’aggravent jour après jour. De nouveaux secteurs rejoignent le mouvement, transformant La Paz, capitale administrative du pays, en une ville isolée du reste de la Bolivie. Les conséquences sur les approvisionnements se font déjà sentir : certains produits de base, comme le poulet, commencent à manquer, tandis que les prix flambent sur les étals des marchés locaux.

Ce qu'il faut retenir

  • La Paz est totalement coupée du reste du pays en raison des blocages routiers en cours.
  • Les grèves s’étendent à de nouveaux secteurs, renforçant la pression sur le gouvernement.
  • Les rayons des marchés de La Paz se vident progressivement, notamment pour le poulet.
  • Les prix des produits alimentaires de base augmentent en raison des ruptures d’approvisionnement.
  • La crise économique en Bolivie, déjà profonde, est au cœur des revendications des manifestants.

Des mobilisations qui s’amplifient malgré les tentatives de dialogue

Les blocages routiers, initialement lancés par des syndicats et des groupes sociaux, prennent de l’ampleur. D’après RFI, des secteurs jusqu’alors moins mobilisés, comme les transporteurs ou certains commerçants, rejoignent désormais la protestation. Cette dynamique a pour effet de paralyser les axes routiers menant à La Paz, où se concentrent les institutions gouvernementales. La capitale, enclavée dans une vallée andine, dépend entièrement des routes pour son approvisionnement en denrées alimentaires, en carburant et en médicaments.

Les autorités boliviennes ont tenté d’engager des discussions avec les manifestants, mais ces dernières restent sans issue concrète. « Nous réclamons des mesures urgentes pour relancer l’économie, comme la baisse des prix des carburants ou la création d’emplois », a déclaré hier un porte-parole du mouvement, cité par RFI. Pour l’instant, le gouvernement n’a proposé que des mesures jugées insuffisantes par les grévistes, ce qui explique la poursuite des blocages.

Des rayons de supermarchés de plus en plus clairsemés

Les habitants de La Paz commencent à ressentir les effets de l’isolement de la ville. Sur les marchés comme celui de Rodriguez, l’un des plus importants de la capitale, les rayons se vident peu à peu. Le poulet, une protéine largement consommée en Bolivie, est particulièrement touché : certains commerçants avouent ne plus en avoir reçu depuis trois jours. « Les prix ont déjà augmenté de 20 % en une semaine », confie un marchand sous couvert d’anonymat. Les autres produits, comme les légumes ou les œufs, suivent la même tendance, bien que dans une moindre mesure.

Les autorités locales ont tenté de rassurer la population en promettant des distributions d’urgence, mais ces initiatives restent limitées. « Nous faisons ce que nous pouvons avec les stocks disponibles », a indiqué une responsable municipale à RFI. Pour autant, la situation pourrait s’aggraver si les blocages persistent, notamment dans un contexte où les réserves de céréales et de denrées non périssables sont déjà en baisse.

Une crise économique qui alimente les tensions sociales

La Bolivie traverse une période économique particulièrement difficile, marquée par une inflation élevée et une croissance atone. Le pays, riche en ressources naturelles comme le lithium, peine à diversifier son économie, très dépendante des exportations de matières premières. Les tensions sociales s’exacerbent depuis plusieurs mois, avec des vagues de protestations récurrentes contre la hausse du coût de la vie et le chômage endémique.

Les blocages actuels s’inscrivent dans ce contexte de mécontentement généralisé. « Les Bolivien·ne·s en ont assez de subir les conséquences d’une gestion économique désastreuse », a souligné un économiste local interrogé par RFI. Le gouvernement, dirigé par le président Luis Arce depuis 2020, est critiqué pour son incapacité à endiguer la crise, malgré les promesses de réformes structurelles.

Et maintenant ?

La situation reste extrêmement volatile. Si les blocages devaient se prolonger au-delà de la semaine, les autorités pourraient être contraintes d’envisager des mesures plus radicales, comme l’intervention de l’armée pour rouvrir les axes routiers. Une réunion est prévue demain entre le gouvernement et une délégation des manifestants, mais aucun accord n’est garanti. Pour les habitants de La Paz, la priorité reste de sécuriser les approvisionnements, au risque de voir les tensions sociales s’aggraver davantage.

Quoi qu’il en soit, cette crise illustre les défis auxquels fait face la Bolivie, entre instabilité politique, crise économique et tensions sociales. La capacité du gouvernement à trouver une issue à ce conflit déterminera en grande partie la stabilité du pays dans les mois à venir.

Les blocages persistent car les manifestants réclament des mesures concrètes et immédiates pour lutter contre la crise économique, notamment la baisse des prix des carburants et la création d’emplois. Le gouvernement, de son côté, n’a pas encore proposé de solutions jugées suffisantes par les grévistes, ce qui entretient le mouvement.