Le géant minier australien Fortescue a été condamné, mardi 12 mai 2026, à verser une indemnité record de 108 millions de dollars américains (150 millions de dollars australiens) au peuple Yindjibarndi pour le préjudice culturel subi depuis le début de l’exploitation de la mine de Solomon Hub, dans la région de Pilbara. Selon BFM Business, il s’agit de la plus importante amende jamais ordonnée en Australie en vertu des lois protégeant les droits fonciers des peuples autochtones.
Ce qu'il faut retenir
- Fortescue a été condamné à payer 108 millions de dollars pour destruction de sites culturels et préjudice subi par le peuple Yindjibarndi.
- La mine de Solomon Hub, exploitée depuis 2013, a généré 80 milliards de dollars de revenus pour Fortescue.
- 124 sites sacrés du patrimoine Yindjibarndi ont été « complètement détruits » par l’exploitation minière.
- La décision intervient après une lutte judiciaire de plus de vingt ans, les Yindjibarndi ayant obtenu des droits fonciers en 2017.
- Fortescue, dirigé par le milliardaire Andrew Forrest, reconnaît un préjudice et affirme collaborer avec les communautés locales.
L’exploitation minière de Fortescue dans la région de Pilbara, à l’ouest de l’Australie, a profondément transformé le paysage et détruit des lieux sacrés pour la communauté Yindjibarndi. Quatre mines à ciel ouvert, une voie ferrée, des décharges et un stock de matériaux ont été installés sans le consentement préalable des propriétaires traditionnels. Une zone de 135 km² a même été clôturée pour des raisons de sécurité, privant la communauté d’un accès à ses terres ancestrales.
Dans son jugement, le juge fédéral Stephen Burley a souligné que « 124 sites classés du patrimoine autochtone ont été complètement détruits » par les activités minières. D’autres sites ont été recouverts par des routes ou submergés par les résidus de la mine. Lors d’une audience en 2023, des aînés Yindjibarndi ont décrit à la justice une terre « devenue stérile » à cause des activités industrielles. Le magistrat s’est rendu sur place pour constater l’ampleur des dégâts, visitant notamment des lieux d’importance culturelle désormais inaccessibles ou détruits.
L’indemnisation de 108 millions de dollars, bien que record, reste très en deçà des demandes formulées par la Yindjibarndi Ngurra Aboriginal Corporation. Celle-ci réclamait plus de 580 millions de dollars pour les pertes économiques et jusqu’à 725 millions pour le préjudice culturel. Le tribunal a également accordé une compensation symbolique de 100 000 dollars australiens pour la perte de valeur des terrains, mais cette somme ne représente qu’une infime partie des revendications.
La décision judiciaire intervient après des décennies de combat juridique. Dès 2003, le peuple Yindjibarndi avait déposé sa première demande de reconnaissance de titres fonciers autochtones. En 2017, les droits exclusifs sur ses terres, y compris la zone de la mine de Solomon Hub, lui ont finalement été accordés. Pourtant, l’exploitation minière a continué sans son consentement, malgré les protestations répétées de la communauté.
« Fortescue reconnaît que le peuple Yindjibarndi a droit à une indemnisation », a déclaré un porte-parole de l’entreprise, ajoutant que la société « se soucie profondément de tous les peuples Premiers, y compris de la communauté Yindjibarndi ». Fortescue affirme travailler « main dans la main » avec les peuples autochtones de Pilbara pour gérer leur patrimoine culturel « de manière durable et responsable ».
La condamnation de Fortescue a été accueillie par une forte mobilisation de la communauté Yindjibarndi. Des dizaines de membres se sont déplacés depuis Pilbara jusqu’à Perth pour assister à l’audience. Selon un journaliste du Guardian, la salle était comble, rassemblant aînés, enfants et bébés, tandis que plus d’un millier de personnes suivaient la retransmission en direct. La décision du tribunal, bien que saluée comme une victoire symbolique, laisse un goût amer pour les Yindjibarndi, dont les revendications dépassent largement les compensations accordées.
Cette affaire soulève à nouveau la question des relations entre les industries extractives et les peuples autochtones en Australie. Malgré l’existence de cadres juridiques protégeant les droits fonciers, les conflits persistent, notamment lorsque les projets miniers sont approuvés sans consentement préalable des communautés concernées. La décision de ce mardi pourrait inciter d’autres groupes autochtones à engager des procédures similaires, tandis que les entreprises minières seront probablement incitées à renforcer leurs consultations avec les peuples Premiers avant le lancement de nouveaux projets.
Fortescue a été condamné pour le préjudice culturel subi par le peuple Yindjibarndi après que 124 sites sacrés de leur patrimoine ont été « complètement détruits » par l’exploitation de la mine de Solomon Hub. Le tribunal a évalué cette perte culturelle à 150 millions de dollars australiens, soit environ 108 millions de dollars américains.
La communauté Yindjibarndi pourrait engager des négociations avec Fortescue pour obtenir des compensations supplémentaires ou des mesures de réhabilitation des sites détruits. Aucune date précise n’a été fixée pour ces discussions, mais la décision judiciaire pourrait servir de levier dans les négociations à venir.