Le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, sera entendu le 17 juin prochain à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une audition parlementaire portant sur la taxation des superprofits et la fiscalité des multinationales. Cette convocation s’inscrit dans un contexte de débats récurrents sur la contribution des grands groupes énergétiques aux finances publiques, particulièrement depuis la crise énergétique de 2022.
Selon Libération, cette audition marque la 12e fois que le PDG du géant pétrolier est convoqué devant les commissions parlementaires depuis le début de la crise énergétique, cumulant les auditions à l’Assemblée nationale et au Sénat. Un chiffre qui souligne l’attention particulière portée aux pratiques fiscales et à la rentabilité des entreprises du secteur.
Ce qu'il faut retenir
- Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, sera auditionné le 17 juin 2026 par les députés.
- L’audition portera sur la taxation des superprofits et la fiscalité des multinationales.
- Le patron a déjà été entendu 11 fois depuis 2022 devant les commissions parlementaires.
- Cette convocation intervient dans un contexte de crise énergétique et de pression sur les marges des entreprises du secteur.
Une audition récurrente dans un débat récurrent
Depuis le déclenchement de la crise énergétique en 2022, les grandes entreprises du secteur pétrolier et gazier, dont TotalEnergies, sont sous le feu des projecteurs. Les parlementaires français ont multiplié les auditions pour évaluer l’impact de la flambée des prix de l’énergie sur les comptes des groupes et sur le pouvoir d’achat des ménages. Patrick Pouyanné, en tant que responsable du premier groupe énergétique français, est régulièrement sollicité pour s’expliquer sur la stratégie fiscale et les bénéfices records enregistrés par son entreprise.
Cette fois, l’audition du 17 juin se concentre spécifiquement sur la question des superprofits, un sujet sensible qui oppose depuis des mois les pouvoirs publics aux grands groupes. Le gouvernement a instauré plusieurs dispositifs exceptionnels pour taxer ces bénéfices jugés excessifs, notamment dans le secteur de l’énergie, où les marges ont explosé avec la hausse des cours du pétrole et du gaz.
Fiscalité des multinationales : un enjeu européen et national
L’audition de Patrick Pouyanné intervient alors que la France et l’Union européenne tentent de renforcer la coordination sur la fiscalité des grandes entreprises. En 2023, le gouvernement français a adopté une taxe sur les superprofits des énergéticiens, fixée à 33 % sur les marges exceptionnelles, pour financer des mesures de bouclier tarifaire et soutenir le pouvoir d’achat. Cette taxe, initialement temporaire, a depuis été prolongée et intégrée dans le débat sur une fiscalité plus structurelle.
Au niveau européen, la Commission a proposé en 2022 un impôt minimal mondial de 15 % sur les bénéfices des multinationales, une mesure visant à limiter l’optimisation fiscale agressive. TotalEnergies, comme d’autres géants, est concerné par ces discussions, même si le groupe insiste sur son ancrage fiscal en France et sur les investissements réalisés dans la transition énergétique.
Cette convocation s’inscrit plus largement dans une année 2026 marquée par des élections législatives en France, où la question de la fiscalité des entreprises et de la redistribution des richesses pourrait devenir un thème central de la campagne. Les décisions prises dans les mois à venir pourraient donc avoir des répercussions politiques au-delà de la simple question énergétique.
Un superprofit désigne un bénéfice exceptionnel, bien supérieur à la moyenne historique ou à celui d’autres secteurs, souvent lié à une situation de crise ou de tension sur les marchés. Dans le secteur de l’énergie, cela correspond généralement à des marges réalisées grâce à une hausse brutale des prix des carburants ou de l’électricité, sans lien direct avec une augmentation de la production ou des coûts.